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Chantiers d’urgence : les entreprises en panne financière

Le Ministre de l'habitat et du développement urbain (Minhdu) invite plusieurs entreprises à ne pas perdre la confiance du gouvernement camerounais.

Douala transformée en chantier est une réalité. De grands travaux infrastructurels couvrent en effet, la totalité des 6 arrondissements du Département du Wouri. Soit sous fonds propres de la Communauté urbaine de Douala (Cud), du fait de la Coopération internationale décentralisée ou simplement par Délégation gouvernementale, également à travers des financements d’urgence ou spéciaux. Leur évaluation sectorielle est régulièrement effectuée soit par le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, les bailleurs de fonds internationaux ou par les maîtres d’ouvrage principaux. Le secteur de l’habitat et du développement urbain intéresse particulièrement, le Ministre Jean-Claude Mbwentchou, en charge de ce portefeuille. Régulièrement sur le terrain, le membre du gouvernement a une fois de plus fait le tour de plusieurs chantiers en cours d’exécution à Douala. 12 au total, dans les quartiers Yassa, Nkolbong, Bassa, Bonaloka ou Bessengue. D’abord les voies d’accès du stade omnisports de Japoma, en construction dans le cadre de la Coupe d’Afrique 2019, ensuite ceux du Planut, le Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique (Planut) ainsi que quelques chantiers inscrits dans le Projet de drainage pluvial (Pdp).

Des chantiers exécutés par des entreprises camerounaises,  turques, chinoises ou égyptiennes. D’après Crea consult, entreprise de contrôle des travaux des voies d’accès au complexe sportif de Japoma, ce projet affiche au 25 septembre 2018, un taux d’exécution de 24,83%, pour une consommation de délai de 46%. Comar SARL, entreprise camerounaise de travaux publics exécute les lots B1 et B2 qui concernent la voie secondaire allant du parking jusqu’au pont de la Dibamba et celui de l’entrée triomphale du stade de Japoma. Ce lot comprend également la construction d’un parking de 6000 unités de véhicules sur une superficie de 24 ha. La mission de contrôle fait état de travaux en cours, portant sur la construction d’une fondation en pouzzolane et le terrassement de l’aire d’érection du parking auto. Malheureusement, Crea consult déplore « la lenteur dans le décaissement des décomptes et les aléas des intempéries ». L’entreprise Comar Sarl a été notifiée de son ordre de service définitif de début des travaux le 17 mai 2018. Ainsi que son décompte d’avance de démarrage et son décompte provisoire N° 2 et 3.

L’entreprise turque Yenigun exécute le chantier de construction du giratoire et de la voie tertiaire menant au stade de Japoma  enregistre quant à elle un taux d’exécution de 11,10%. Un taux de consommation de délai de 26%. Ici également, le chantier connaît des difficultés de financement, en plus des caprices de la météo. Taux d’exécution de 4,5% pour le chantier de la voie d’accès Yassa-Nkolbong vers le stade de Japoma, pour 35% de consommation de délai. Ce chantier démarré en avril 2018 prévoit un tracé bitumé de 3 x 2 voies, long de 4 km. A livrer en 18 mois. Montant : 18 milliards de FCFA. Le Competing, en charge des travaux, attend toujours l’avance de démarrage du chantier et la libération des emprises.

L’entreprise Arab contractors, adjudicataire de 3 lots de chantiers du Planut dans la ville de Douala évoque également  » des difficultés de financement », malgré un taux d’exécution positif de 70% sur l’ensemble des 3 lots.

Après les chantiers de la Can, du Pdp et du Planut, Jean-Claude Mbwentchou procédera par ailleurs à une évaluation des « travaux spéciaux de traitement des zones difficiles », récemment décidés par le Président de la République. Pour un montant de 3 milliards de FCFA. Confiés aux entreprises Arab contractors, Yenigun, Icc, Buns et Mag, ils sont concentrés dans les arrondissements de Douala 2, 3, 4 et 5. Malgré l’accent mis sur  » la simplification des procédures « , ces entreprises déplorent, elles aussi,  » le mode de facturation et de contractualisation des travaux « . Pourtant, le gouvernement camerounais affirme avoir porté son choix sur elles, pour « leur professionnalisme, leur capacité technique et financière « . En clair, le gouvernement camerounais peine à rassembler ou à débloquer les fonds affectés auxdits projets.

Une task force de suivi de ces principaux chantiers a même été mise en place à la Présidence de la République. La situation des décomptes des entreprises Colmar Sarl, Yenigun et Bet Crea consult présentent respectivement 5.862.686.829 de FCFA TTC, 4.500.543.128 de FCFA TTC et 681.034.206 FCFA TTC : « Nous allons continuer à poser ces problèmes à la très haute hiérarchie », a réagi Jean-Claude Mbwentchou. En enjoignant, les maîtres d’œuvre de ne pas laisser échapper » la confiance reçue  du gouvernement ».

La Rédaction EcoMatin

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