La BCEAO, la Banque centrale commune aux 8 pays de l’UEMOA (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Bénin, Mali, Niger, Togo, Guinée, Sénégal), a annoncé un doublement de son bénéfice pour l’exercice clos au 31 décembre 2024. Les états financiers de l’institution présentent, en effet, une performance de 685,9 milliards FCFA (1,1 milliard $), contre 315,6 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 117 %. Ce résultat représente presque le double des 354 milliards FCFA de bénéfice généré par sa jumelle de la CEMAC (la BEAC) en 2024.
Ce bond spectaculaire du profit de l’institution ouest-africaine reflète à la fois une stratégie réussie d’accroissement des rendements, de diversification des sources de revenus et une stricte gestion des charges. Concrètement, le résultat de la BCEAO a été drivé par une gestion proactive de se avoir extérieures ce qui lui a permis de dégager des plus-values latentes. Par exemple, les placements sous forme de dépôt dans les banques étrangères ont généré à l’institution des intérêts de 9,6 milliards FCFA, près de trois fois la performance réalisée en 2023. Également conservatrice et gestionnaire des fonds versés par le FMI au pays de l’UEMOA, la BCEAO perçoit des intérêts sur ces avoirs, soit 73,4 milliards FCFA en 2024. Par ailleurs, les gains sur les opérations de change de devises ont quasiment été multipliés par onze à 62,4 milliards FCFA, contre 5,7 milliards FCFA un an plus tôt.
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Une autre partie des avoirs a également été placée sur des titres d'emprunts émis en devises internationales. Mais les revenus sur cette catégorie ont diminué de 23% à 45 milliards FCFA. L’institution a également souscrit à des parts du Fonds Commun de Placement dénommé BISIP K, gérées par la Banque des Règlements Internationaux, (BRI) et a adhéré au Fonds RAMP (Reserve Advisory Management Program) géré par la Banque Mondiale. Les placements sur ces produits d’investissement collectifs ont permis de dégager une plus-value de 16,7 milliards FCFA sur l’année écoulée, soit un gain quasi stable sur un an glissant.
Au plan interne, la BCEAO tire également ses revenus des intérêts qu’elle perçoit des banques commerciales sur les prêts qu’elle leur accorde dans le cadre des opérations d'open market ou de refinancement direct. Ce levier a généré 86,455 milliards FCFA contre 33 milliards l’année dernière.
La croissance du résultat est aussi le fait d’une meilleure maîtrise des charges d’exploitation. Les dépenses globales se sont établies à 228,3 milliards FCFA, légèrement en baisse par rapport à 2023.
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