Les 06 et 07 juin derniers, Yaoundé, la capitale politique camerounaise a abrité la 1ère édition des Journées scientifiques du Comité national économique et financier (Cnef) sur l’économique numérique. Co-présidée par le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze et le ministre des Postes et télécommunication (Minpostel), Minette Libom Li Likeng, lesdites journées se sont tenues sous le thème « Transformations du système financier par les innovations digitales : enjeux et perspectives pour le Cameroun ». Un évènement qui « tombe à point nommé » selon le Minfi alors que le pays s’est récemment lancé dans une dynamique d’amélioration de son secteur financier. « Il y a moins d’une semaine, au nom du Cameroun et en ma qualité de président du Cnef, j’ai lancé la Stratégie nationale de développement du secteur financier pour la période 2024-2030 dont l’un des facteurs clé est l’amélioration du cadre règlementaire et la libéralisation de la concurrence entre les services financiers numériques et les autres services financiers innovants. Cette 1ère édition des journées scientifiques tombe donc à point nommé », a déclaré Louis Paul Motaze dans son discours de circonstance.
Ces journées, organisées conjointement par le Cnef, la coopération américaine et le Capital Investissement des Nations Unies (Uncdf) ont pour objectif principal de relever la participation de l’économie digitale au PIB du Cameroun. Celle-ci reste modeste au Cameroun selon le Minpostel, s’établissant à un peu plus de 5%. Cette rencontre se veut donc être un cadre d’analyse des impacts des innovations digitales sur le système financier camerounais avec un accent particulier sur l’intelligence artificielle et l’Open Banking Technologies qui constituent des vecteurs de compétitivité et d’innovation capables de redéfinir les contours des économies. « Cette initiative vise la transition numérique du secteur monétaire camerounais et une transformation socio-économique digitale par conséquent le développement de l’économie numérique telle que prescrite par le chef de l’Etat », a indiqué le MinPostel.
Il s’est agi, pendant ces 2 jours, d’explorer les opportunités offertes par ces technologies, d’identifier les risques qui y sont liés et proposer des stratégies efficaces permettant d’en assurer une adoption fluide et sécurisée maximisant ainsi les bénéfices pour tous les acteurs. A ce sujet, le Minfi a relevé dans son adresse que « l’un des défis majeurs du système financier camerounais est celui de relever significativement le niveau d’inclusion financière des populations ». En effet, selon le Cnef, seulement 35% des adultes possède un compte dans une institution financière au Cameroun contre une moyenne de 43% en, Afrique subsaharienne. Seulement 11% de ceux-ci ont accès au service d’épargne. Dans ce contexte, les transformations du système financier camerounais par le biais des innovations digitales représentent une opportunité pour favoriser l’inclusion financière et promouvoir une croissance économique plus vigoureuse. Ainsi les travaux des Journées scientifiques du Cnef aboutiront à la production d’un projet d’agenda pour la transition numérique du secteur monétaire camerounais en complément du projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (Patnuc) initié en 2021 par le Minpostel.
Une nouvelle stratégie nationale
En marge des Journées scientifiques du Cnef, le Minspostel a annoncé l’élaboration en cours d’une Stratégie nationale de développement de l’économie numérique. Celle-ci aura pour but de faire du Cameroun un « pays numérique » et comporte 3 principaux piliers : le développement des infrastructures, le développement d’une industrie locale numériques à travers la promotion de l’entrepreneuriat numérique et la formation ainsi que le renforcement de la gouvernance et de la régulation adaptée aux technologies digitales. « Pour ce qui est de l’infrastructure, élément clé de cette stratégie, elle implique l’expansion et l’amélioration des réseaux de télécommunication permettant de supporter le volume croissant des transactions numériques et favoriser l’accès aux services numériques aux populations camerounaises y compris dans les zones rurales », explique Minette Libom Li Likeng.
A date, le Cameroun dispose, selon le Minpostel, d’une infrastructure numérique constituée d’un réseau de fibres optiques connectées en Angola, en Afrique du Sud et au Brésil, de 2 points d’échange internet, d’un réseau de près de 250 bureaux de poste connectés, des centres de données nationaux et privés favorisant une pénétration mobile atteignant 90% et une pénétration internet qui se situe à 46%.

