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Politiques Publiques

Couverture santé universelle : le Cameroun cumule 23 milliards de Fcfa d’impayés en un an

Un an après le lancement de la phase I, le gouvernement camerounais peine à mettre en place un mécanisme de financement efficient pour ce projet pour lequel il est censé contribuer à hauteur de 50,4%.

Publiée samedi 13 avril 2024 à 18:35:24Modifiée samedi 13 avril 2024 à 23:41:53Temps de lecture 2 minPar Jean Omer Eyango

Le ministre camerounais de la Santé Manaouda Malachie
Le ministre camerounais de la Santé Manaouda Malachie

Mille et un défis restent à relever dans le cadre de la mise en œuvre de la Couverture santé universelle (CSU) au Cameroun, politique qui devait en principe rentrer dans la phase II de son opérationnalisation cette année 2024. Il s’agit, notamment, de l’extension des services prioritaires, l’inclusion de davantage de personnes, la réduction des paiements directs afin que tous les patients puissent avoir recours aux services de santé dont ils ont besoin sans être exposés à des difficultés financières et le lancement du chèque santé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en proie à une crise sécuritaire qui s’enlise depuis 2016. D’autres défis subsidiaires concernent l’intensification de la communication dans l’optique d’enrôler le plus de personnes possibles, la mise à disposition des intrants au niveau des formations sanitaires, la révision et l’actualisation du manuel de procédures. Outre le vote de la loi cadre de cette politique resté en suspens depuis au moins deux ans, la question la plus cruciale reste, évidemment, celle du financement de cette politique qui prévoit qu’à terme, chaque citoyen camerounais puisse posséder une carte de couverture en santé comportant un numéro d'identifiant unique, lui permettant de recevoir des soins et services sur toute l'étendue du territoire.

Cette problématique est d’autant plus cruciale que les impayés cumulés de l’Etat à l’égard des hôpitaux et des autres parties prenantes à la mise en œuvre de la CSU, un an seulement après le lancement, le 12 avril 2023, de la phase I du projet, s’élèvent à 23 milliards Fcfa, alors que, selon nos informations, le trésor public débloque 500 millions Fcfa chaque semaine au profit du financement de cet instrument qui charrient beaucoup d’attente, notamment de la part des couches de la population qui n'ont pas accès à des soins de santé de qualité. Le bilan financier de la mise en œuvre de la CSU, que présente le ministère de la Santé publique en marge d’une campagne de vulgarisation qu’il mène actuellement dans les médias, indiqué sur une prévision budgétaire de 21 milliards Fcfa en 2022 pour la phase préliminaire, l’Etat n’a payé que 11 milliards Fcfa. En 2023, c’est-à-dire l’année de l’opérationnalisation du projet, il n’a réglé que 9 milliards de Fcfa.

Ce qui signifie que pour la seule année 2023, il y a une dette de 14 milliards de Fcfa à apurer. Après quoi, le gouvernement devra trouver une solution pérenne pour la réduction des délais de payement des factures émises par les formations sanitaires. Projet majeur du gouvernement dont l’implémentation retarde depuis 2015,  la CSU est financée à hauteur de 50,4% par l’Etat du Cameroun et à 49,6% par les partenaires. Sur le terrain, au 1er avril 2024, la base de données de la cellule technique nationale CSU affiche un peu plus de 2,4 millions personnes enrôlées. Sur la liste d’attente, près de 700 patients sont inscrites d’être prises en charge.

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