Le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son verdict le 12 juillet dernier : Gaël Bodénès et Laurent Renard, respectivement numéro un et ancien directeur adjoint du groupe Bourbon, spécialiste de l'assistance maritime au secteur pétrolier offshore, ont été condamnés pour des faits de corruption d'agents publics au Cameroun, en Guinée Equatoriale et au Nigeria. Ils écopent de deux ans de prison avec sursis, assortis d'une amende de 80.000 euros et de l'interdiction d'exercer des mandats sociaux, gérer ou diriger une société commerciale pendant trois ans.
Pour le cas de Christian Lefevre, il devrait écoper de 30 mois de prison avec sursis, « en raison d'une condamnation supplémentaire pour travail dissimulé concernant certaines activités transférées à une société qu'il dirigeait », explique l’AFP. Gaël Bodénès, Laurent Renard et Christian Lefevre sont ainsi désignés comme les « auteurs des infractions de corruption ». « Le tribunal relève cependant que Bourbon avait eu recours à des montages fiscaux qui "l'exposaient à subir des redressements et des demandes de contreparties occultes", alors même qu'il intervenait dans des pays qualifiés de "dangereux, voire très dangereux" », explique l’AFP.
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L'affaire, qui a éclaté au Nigeria en 2011, relève en effet des faits de corruption. Pour le cas du Cameroun principalement, des inspecteurs fiscaux se sont vu remettre 150.000 euros pour épargner à la filiale Bourbon Offshore Surf le paiement d'une ardoise fiscale de 11 millions d'euros. D'après les enquêteurs, pour ce qui est de la Guinée Équatoriale, 400.000 euros ont été versés en février 2011 à un intermédiaire pour faire passer un redressement fiscal initial de huit millions d'euros à 44.849 euros.
Au moment où la justice française a rendu son verdict, le gouvernement camerounais a constitué Me Prosper Abega, avocat au barreau de Marseille, en vue d’obtenir réparation pour tous les préjudices subis par l’administration fiscale camerounaise. Ces faits rappellent ceux de la société suisse Glencore qui avait avoué avoir versé des pots-de-vin à des hauts cadres pour décrocher des contrats juteux dans plusieurs pays africains dont le Cameroun.
L’entreprise avait reconnu avoir versé à des fonctionnaires de la Société nationale des hydrocarbures et de la Société nationale de raffinage 7 milliards de Fcfa pour favoriser ses opérations au Cameroun. Pour ce cas également, le président de la République du Cameroun a marqué son accord en vue de la saisine du Serious Fraud Office (SFO), cet organisme britannique basé à Londres, spécialisé dans la lutte contre la criminalité financière complexe, qui protège la réputation du Royaume-Uni en tant que lieu sûr pour faire des affaires.

