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Affaire Bruno Bekolo Ebe : Augustin Mboudou Marie nie les faits du détournement de 290,048 millions de Fcfa

Désigné régisseur des caisses d’avance ouvertes en vue de l’achat des livres, le mis en cause dit n’avoir jamais reçu ces fonds. L’accusé note que les montants querellés ont été payés par l’agent comptable.

L’accusé Augustin Mboutou Marie s’est fait auditionner une fois de plus. Le 17 août dernier devant le Tribunal criminel spécial (TCS), il est contre-interrogé par le Ministère public. L’audition porte sur la production des pièces. Ces pièces sont relatives au montant présumés détournés pour lesquels l’accusés est poursuivi.  Il s’agit des pièces justificatives des dépenses de la somme de 41,850 millions, sortie de la caisse d’avance dont le mis en cause est supposé être le régisseur ; le compte d’emploi de 5,850 millions de Fcfa ; les pièces justificatives de la somme de 290,048 millions ; les pièces établissant l’achat effectif d’1,160 million cahiers. Mboudou Augustin Marie précise que le montant allégué comporte deux volets. Le premier est de l’ordre de 36 millions Fcfa pour les livres présumés non-livrés, censés être payés par la caisse d’avance à hauteur de 70 millions Fcfa. Le second est lié à la somme de 5 millions Fcfa. Elle est décaissée en vue du paiement des primes de gratification au comité ad-hoc. Constitué de 53 membres, ledit comité est mis en place pour faire l’inventaire du personnel de l’Etat à l’Université de Douala.

Au sujet des pièces justificatives des dépenses de la somme de 41,850 millions de Fcfa,  Augustin Mboutou dit n’avoir pas perçu cet argent. Le montant querellé est débloqué en vue de l’achat des livres pour le compte des établissements placés sous la tutelle de l’Université de Douala.

L’accusé dit avoir effectué une mission en France pour l’achat desdits livres auprès du Centre d’exportation du livre français (Celf). Une mission composée du chef de mission, au nom de Bekolo Ebe Bruno, membres : Ndoko Bikon, vice-recteur chargé de la recherche, Mboudou Augustin Marie, Directeur des Affaires administrative et financière (Daaf). « Arrivés en France avec la société, le recteur a fait la répartition ci-après : achat effectif des livres : 44 millions Fcfa, à raison de 7500 euros par établissement (11)». Par ailleurs, sieur Mboudou note que le recteur a prévu l’abonnement à des revues scientifiques de base de tous ces établissements à hauteur de 10 millions Fcfa. A cela, s’ajoute la commande du matériel didactique pour la nouvelle faculté de médecine des sciences pharmaceutiques à concurrence de 05 millions Fcfa. « Le reliquat devant servir au transport et la manutention de tout le matériel au Cameroun, y compris un don de matériel offert par l’université de Lyon, composé de microscopes».

Paiement des primes

Mboudou Augustin Marie observe que la mission de contrôle n’a retenu comme livraison que les 44 millions Fcfa d’achats effectifs des livres. Pourtant, « La société Celf avait fait une facture globale de 70 millions Fcfa en incluant la fourniture des livres et le transport». Après cette déclaration, il demande au Tribunal de procéder à la fouille du document requis par le Ministère public dans le dossier de procédure.

L’accusé se prononce ensuite sur la somme de 05 millions de Fcfa. Elle porte sur le paiement des primes de gratification. Il indique qu’au mois de mars 2009, le budget de l’Université de Douala n’était pas encore disponible. Le Ministre de l’Enseignement supérieur  demande au recteur de mettre en place les moyens pour permettre à cette commission de travailler : « Le Daaf que j’étais n’a pas géré la caisse d’avance relative à cette dépense. La dépense a été payée par l’agent comptable ».

Appelé à produire les pièces justificatives de l’utilisation de la somme de  290,048 millions de Fcfa, l’accusé ne cache pas son étonnement.  : « Qui a mis à ma disposition ? Pour faire quoi ? Et quand ? On n’a jamais mis à ma dispositions cette somme», Augustin Mboudou Marie réagit ensuite sur l’usage du montant d’1,160 million de Fcfa. Ces fonds sont débloqués pour l’achat des feuilles de composition. De l’avis de l’accusé, elles n’ont pas été achetées par la caisse d’avance. « Les dépenses engagées étaient normales… Ce n’est que le recteur qui peut signer les bons de commande ou les ordonnateurs délégués. En l’occurrence, ce sont les chefs d’établissements, le vice-recteur».

A la suite de cet interrogatoire du Parquet général, le Professeur Bekolo Bruno Ebe, lui aussi comparaissant comme coaccusé, n’a pas souhaité poser de question à son collègue, le professeur Mboudou Augustin Marie. Ainsi, l’audience est suspendue, la cause remise aux 05, 06 et 12 octobre pour comparution du témoin de la défense.

René Ombala

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