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Affaire Glencore : au Cameroun, la Conac joue la carte du mutisme perpétuel

Depuis le début de l’affaire Glencore en 2022, impliquant la multinationale dans des accusations de corruption, la Commission nationale anti-corruption (Conac) du Cameroun n’a toujours pas publié de rapport officiel. Alors que le scandale tire vers sa fin, l’absence de communication officielle de la Conac alimente des interrogations sur sa volonté à démasquer les responsables camerounais impliqués.

Publiée samedi 28 septembre 2024 à 13:04:45Modifiée samedi 28 septembre 2024 à 13:04:47Temps de lecture 3 minPar Marius Zogo

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Au Cameroun, la Commission nationale anti-corruption (Conac) se détournerait-elle de se prononcer sur l’affaire Glencore pendante depuis 2022 ? C’est la principale interrogation qui demeure au regard du mutisme du bras séculier de l’Etat en matière de lutte contre la corruption. En effet, en présentant le rapport sur l’état de la corruption au Cameroun en octobre 2022 il y a un an, Dieudonné Massi Gams, le président de la Conac laissait entendre « que lorsqu’il s’agit d’un gros gibier, on ne fait pas de bruit sinon, on risque de le perdre ».

Un an après, le discours n’a pas changé. Le 27 septembre 2024 à Yaoundé, la même personnalité a signifié que l’affaire Glencore ayant une portée internationale, demande du temps pour pouvoir maîtriser les couloirs qu’aurait empruntés l’argent percu. « Lorsqu’on fait des investigations, il faut le faire avec tout ce que cela comporte comme délicatesse et sérieux. La Conac a déjà fait des investigations et a déjà orienté certains de ces résultats qu’elle a obtenus à des secteurs qui doivent contribuer à compléter des informations que la Conac demande», s'est-il justifié.

L’audience la plus attendue

S’il l’on peut d’ores et déjà se contenter de la démarche annoncée par la Conac, il transparaît tout de même qu’elle ne semble pas se donner pression au vu de l’ampleur que prend l’affaire à l’échelle internationale. La Raison ? A la lecture des arguments de Dieudonné Massi Gams, aucune projection n’est faite sur la publication du rapport au sujet de l’affaire Glencore. Bien plus, aucune information ne filtre sur l’institution chargée de compléter les informations. Le président de la Conac ne rassure pas non plus sur la détermination, la capacité voire la disponibilité de son interlocuteur à répondre favorablement à ses attentes à une période plus ou moins précise. Ces éléments réunis, ne présagent pas de la divulgation du rapport de la Conac dans les jours à venir. « Et s’il y a des gens qui peuvent donner ces informations à la Conac, tant mieux ! Nous aimerions que ces gens nous apportent les documents et que l’institution en question également nous envoie des éléments qui vont nous aider pour que nous peaufinons ce rapport qui soit finalisé et qu’il soit aussi destiné à qui de droit. On ne peut pas publier tant que nous n’avons pas bouclé toutes les enquêtes et toutes les informations que nous sollicitons par rapport à cela. Parce que c’est un problème qui n’est pas seulement national, mais international. Donc, je crois qu’il faudrait que vous soyez patients », a-t-il ajouté.

Lire aussi : Affaire Glencore : les premiers suspects sont connus

La prochaine audience est prévue le 8 octobre 2024 au Tribunal de Westminster (Royaume-Uni). A deux semaines de ce rendez-vous, la position de la Conac pourrait tuer  d’avance, l’espoir de découvrir enfin l'identité des dirigeants du secteur pétrolier camerounais qui auraient perçu environ 7 milliards de Fcfa de pots-de-vin pour faciliter les activités de la multinationale anglo-suisse Glencore. Le bâtonnier camerounais Me Akere Muna reste d’ailleurs pessimiste sur la procédure en cours. Le Serious Fraud Office (SFO), bureau britannique des fraudes cite 05 personnes dans le cadre de cette affaire (Alex Beard, Andrew Gibson, Paul Hopkirk, Ramon Labiaga et Martin Wakefield). Ces derniers sont accusés d’avoir effectué des paiements corrompus aux fonctionnaires du gouvernement du et/ou de la Société des Hydrocarbures (SNH) et/ou de la Société Nationale de Raffinage (Sonara). Une liste qui d’après Me Akere Muna, est complétée par David Perez ; un autre employé de Glencore. Sauf que, « un seul individu reste non divulgué, et je ne crois pas qu'il soit camerounais », se réserve l’avocat international.

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