Ecobank Transnational Incorporated a engagé des discussions avec Bank of China en vue de la mise en place d’un système de règlement direct entre monnaies locales africaines et yuan chinois. Le mécanisme en question viserait à faciliter les règlements commerciaux entre l’Afrique et la Chine, en réduisant les coûts de conversion et la dépendance aux circuits de règlement passant par le dollar américain. « Nous étudions les possibilités de régler nos transactions directement en yuans chinois, plutôt que de passer par le dollar », a déclaré le directeur général du groupe bancaire panafricain Jeremy Awori à Reuters, traduisant une volonté de répondre à l’intensification des échanges commerciaux avec la Chine.
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Le dispositif envisagé repose sur une architecture de paiement permettant des conversions directes de monnaies locales africaines en yuan chinois, afin d’accompagner la croissance des échanges Afrique–Chine, aujourd’hui freinés par des chaînes de règlement jugées coûteuses et peu efficientes. Pour Ecobank, cette évolution répond à une contrainte structurelle : les entreprises africaines, notamment les PME, supportent des coûts de transaction élevés liés à la double conversion via le dollar. Le groupe affirme investir dans les infrastructures de paiement transfrontalières et renforcer sa présence en Chine afin de soutenir cette évolution des flux commerciaux. « Il faut disposer des outils et des mécanismes de paiement adéquats pour y parvenir. Nous investissons dans ces domaines », a souligné M. Awori.
Cette inflexion encore en cours de négociation, intervient alors que la banque panafricaine qui opère dans plus de 33 pays africains dont les six de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad et RCA) affiche une amélioration sensible de ses fondamentaux financiers. En 2025, le bénéfice net du groupe a progressé de 29% pour atteindre 698 millions de dollars, tandis que le chiffre d’affaires a augmenté de 18% à 2,7 milliards de dollars, porté par la dynamique des commissions et des services de transaction.
Le groupe a également amélioré son efficacité opérationnelle, avec un ratio coûts/revenus ramené à 48%, en baisse de 4 points sur un an. Dans le même temps, Ecobank prépare une nouvelle opération de financement sur les marchés internationaux. Les actionnaires sont convoqués le 7 mai pour une assemblée générale extraordinaire appelée à statuer sur une émission d’euro-obligations d’environ 500 millions de dollars (environ 278,5 milliards de FCFA). Cette émission, assortie d’un coupon estimé entre 10,5% et 12,5%, viserait à refinancer certaines filiales et à renforcer la structure de bilan dans un environnement de taux élevés et de liquidité plus contrainte pour les émetteurs africains.
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Notons que le développement des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique pousse déjà plusieurs banques du continent à adapter leurs infrastructures de paiement. Standard Bank Group en est un exemple : l’établissement sud-africain a indiqué en novembre avoir été autorisé à utiliser le système de paiement interbancaire transfrontalier chinois (CIPS), permettant ainsi d’intégrer davantage le yuan comme monnaie de règlement pour ses clients dans les transactions liées au commerce Afrique–Chine.

