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Afrique francophone : la cession d’Ernst & Young donne naissance aux réseaux Eritedge et Elyos

A l’approche de la séparation annoncée entre Ernst & Young et ses 11 bureaux d’Afrique francophone subsaharienne, deux réseaux panafricains indépendants émergent pour reprendre les activités d’audit et de conseil du cabinet britannique, membre du Big Four.

Publiée mardi 10 février 2026 à 15:50:50Modifiée mardi 10 février 2026 à 15:50:52Temps de lecture 4 minPar Arthur WANDJI

Ernst & Young amorce sa transformation en Afrique francophone subsaharienne

La transformation engagée par Ernst & Young (EY) en Afrique francophone subsaharienne entre dans sa phase la plus visible. A moins de trois mois de l’échéance fixée à avril 2026, date à laquelle le cabinet britannique doit se séparer de ses bureaux dans la région, les structures appelées à lui succéder dévoilent leur identité et leur gouvernance. Deux réseaux panafricains indépendants émergent : Eritedge et Elyos. Cette recomposition concerne les onze les 11 bureaux répartis dans 9 pays d’Afrique centrale et de l’Ouest notamment : le Cameroun (qui couvre également la RCA), le Congo, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la Guinée équatoriale, la Guinée, la RDC, le Sénégal et le Tchad. Et marque un tournant dans l’organisation du marché du conseil en Afrique centrale et de l’Ouest.

Premier pilier de cette recomposition, Eritedge reprend les activités d’audit et de conseil en finance. Le réseau se positionne dans la continuité technique d’EY. Selon un communiqué consulté par EcoMatin, sa direction générale est confiée à Arielle-Inès Séri Bamba, précédemment responsable de ces activités au sein d’EY Afrique francophone subsaharienne. La gouvernance s’appuie sur un conseil d’administration composé des Country Managing Partners des neuf pays, présidé par Erik Watremez, figure expérimentée du conseil en Afrique. « Eritedge est issu d'une dynamique collective portée par ses associés et ses talents, tous engagés à renforcer la confiance et à contribuer au développement d'une Afrique ambitieuse et performante », souligne le communiqué.

Lire aussi : Afrique francophone : en pleine cession, Ernst & Young mise sur Akuiteo pour sécuriser ses opérations

En parallèle, le second pilier, Elyos regroupe l’ensemble des métiers de conseil au sens large : stratégie, performance opérationnelle, transactions, fiscalité, juridique, gestion de la paie, transformation technologique et conformité. Le réseau est dirigé par Eric N’Guessan, jusqu’ici responsable régional au sein d’EY, qui a piloté ces dernières années plusieurs transformations organisationnelles internes. Son mandat consiste à bâtir une offre intégrée orientée vers la croissance des entreprises africaines et l’accompagnement des mutations sectorielles. Elyos affiche d’emblée une ambition expansionniste, visant une présence dans seize pays d’ici trois ans, contre neuf actuellement.

Continuité de service

Pour les associés locaux, la création de ces deux réseaux répond à une contrainte structurelle du marché africain : la nécessité d’adapter les méthodes globales aux réalités institutionnelles nationales. L’autonomie doit permettre d’ajuster les modèles tarifaires, de répondre plus rapidement aux appels d’offres publics et de mieux intégrer les enjeux de conformité propres aux économies en transition réglementaire. La promesse reste néanmoins celle d’une continuité de service : « cette transition maintient l'ensemble des engagements de qualité, d'éthique et de continuité de service envers les clients. Les équipes existantes restent en place et pleinement mobilisées, assurant une transition fluide et un accompagnement sans interruption ».

Lire aussi : Cameroun : Abdoulaye Mouchili, l’ex-patron d’EY, lance son propre cabinet d’expertise comptable

Pour mémoire, c’est au début du mois de juillet 2025 que le cabinet EY a annoncé son projet de se retirer de 9 pays d’Afrique francophone dès 2026. Le groupe, membre du Big four, privilégie désormais des pôles anglophones et maghrébins jugés plus homogènes sur les plans réglementaire, technologique et économique. Pour la région Afrique francophone subsaharienne, la solution retenue consiste à transformer l’ancienne organisation en entités autonomes mais structurées selon des standards internationaux. L’enjeu dépasse la simple réorganisation capitalistique : il s’agit de concilier indépendance locale et crédibilité globale dans un secteur où la signature reste un actif déterminant, notamment pour les États, les banques et les groupes extractifs.

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