Le classement 2026 des « 500 Champions africains » hors secteur financier de Jeune Afrique, qui vient d’être rendu public, confirme la domination persistante de l’Afrique du Sud dans le paysage économique continental. Le pays concentre à lui seul près du tiers des entreprises du palmarès (170), loin devant ses concurrents, illustrant la profondeur de son tissu industriel, financier et commercial. Au sommet du classement, les groupes pétroliers et énergétiques continuent d’imprimer leur marque. La compagnie nationale algérienne Sonatrach occupe la première place avec un chiffre d’affaires de 64,8 milliards de dollars et un résultat net de 7,3 milliards de dollars. Elle est suivie de la Nigerian National Petroleum Company, NNPC, qui affiche 30,2 milliards de dollars de revenus et 3,6 milliards de dollars de bénéfice. Le podium est complété par Vivo Energy, groupe de distribution pétrolière présent dans plusieurs marchés africains, avec 19,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
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Derrière lui figurent, notamment, le géant sud-africain de l’électricité Eskom (19,1 milliards de dollars), la compagnie libyenne National Oil Corporation (18,6 milliards), ainsi que le groupe chimique et énergétique Sasol (13,9 milliards). Les sud-africains Bidcorp et MTN Group complètent le haut du tableau, aux côtés du géant marocain des phosphates Groupe OCP et de la compagnie pétrolière angolaise Sonangol. Au-delà de ces mastodontes, la géographie économique du classement met en lumière la forte concentration des grandes entreprises dans une poignée d’économies africaines. Après l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Égypte figurent parmi les pays les plus représentés, suivis du Nigeria. Ces trois économies consolident leur statut de pôles industriels et financiers régionaux, grâce à des politiques d’industrialisation et à la présence de grands groupes structurants dans l’énergie, les télécommunications ou encore la distribution.
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Le classement met également en évidence l’émergence progressive d’autres hubs économiques africains. Le Kenya, locomotive de l’Afrique de l’Est, tire son épingle du jeu grâce à ses entreprises de télécommunications, d’énergie et de services financiers. La Côte d’Ivoire s’affirme quant à elle comme un centre économique majeur en Afrique de l’Ouest, portée par l’agro-industrie, l’énergie et les télécoms. La Tunisie et l’Algérie maintiennent également une présence notable, notamment dans l’industrie, l’énergie et les services. L’analyse sectorielle du classement confirme par ailleurs la prépondérance des activités extractives et énergétiques dans l’économie africaine. Les groupes opérant dans le pétrole, le gaz et l’électricité occupent une place déterminante parmi les plus grands chiffres d’affaires. Les industries minières (or, cuivre, platine ou phosphates) ne sont pas en reste. Elles constituent un autre pilier du palmarès de cette 27e édition du classement exclusif des 500 plus grandes entreprises africaines de Jeune Afrique.
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À côté de ces secteurs traditionnels, les télécommunications s’imposent désormais comme l’un des moteurs de croissance du continent, portées par l’expansion rapide de la téléphonie mobile et des services numériques. Le commerce et la grande distribution, ainsi que l’agro-industrie, complètent ce tableau, témoignant de la montée d’une classe moyenne urbaine et de la transformation progressive des marchés africains. En filigrane, ce classement révèle une économie continentale encore très concentrée autour de quelques grands marchés. Mais il souligne aussi l’émergence progressive de nouveaux pôles régionaux et la diversification lente, mais réelle des activités, signe d’une transformation structurelle en cours dans plusieurs économies africaines.
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Du reste, Jeune Afrique note que cette nouvelle édition consacre une performance historique. « Jamais le chiffre d’affaires cumulé des champions africains n’avait atteint un tel niveau. Avec 782,8milliards de dollars de revenus cumulés, le Top 500 2026 enregistre une progression de 6,2% par rapport à l’édition précédente, effaçant le recul observé en 2025 (-3,1%) et dépassant largement le précédent record établi en 2022 (759,6 milliards de dollars). Une dynamique portée par la croissance et la stabilisation monétaire », commente le journal. Ce classement porte sur les exercices 2024 (et jusqu'à juin 2025 pour les 104 groupes aux exercices décalés), offrant une vue prospective sur près d'un an et demi d'activité économique africaine.

