Le groupe bancaire français Société Générale enregistre un net recul de ses résultats en Afrique en 2025. Selon les chiffres communiqués sur son site officiel ce vendredi 6 février, le résultat net part du groupe pour le continent s’établit à 252 millions d’euros, soit environ 165 milliards FCFA, contre 304 millions d’euros (199 milliards FCFA) en 2024. Cette contraction représente une baisse de près de 17% en un an. Sur le total du résultat net du groupe français, qui atteint 6,0 milliards d’euros (plus de 3 935 milliards FCFA) en 2025, l’Afrique ne contribue plus qu’à hauteur de 4,2%, contre 7,2% l’année précédente, soulignant le poids décroissant du continent dans la performance globale du groupe.
Quatre cessions en un an
Cette évolution s’explique principalement par le désengagement de Société Générale dans quatre nouveaux pays durant l’année 2025. Il s’agit de la Guinée, du Burkina Faso, de la Guinée Equatoriale et de la Mauritanie. Ces filiales, qui représentaient ensemble 210 millions d’euros de produit net bancaire en 2024, ont été cédées à différentes institutions financières. A titre d’illustration, la filiale de Guinée a été reprise par Atlantic Financial Group (AFG) de l’Ivoirien Koné Dossongui. Celles du Burkina Faso et de la Guinée équatoriale ont été cédées à Vista Bank du banquier burkinabé Simon Tiemtoré, et celle de la Mauritanie par le consortium Enko Capital – Oronte. Ces opérations incluaient l’ensemble des portefeuilles clients et des collaborateurs, reflétant une volonté claire de rationaliser le réseau africain.
Les filiales encore en activité entre stabilité et résilience
Malgré ces sorties, certaines filiales clés affichent une trajectoire contrastée mais globalement positive. En Côte d’Ivoire, la filiale consolide sa position de pivot régional avec un PNB qui grimpe de 380 millions d’euros en 2024 à 408 millions d’euros en 2025 (soit 249 à 267 milliards FCFA), des crédits en hausse de 3,65 à 3,7 milliards d’euros (2 427 milliards FCFA) et des dépôts qui progressent de 4,08 de 4,2 milliards d’euros (environ 2 753 milliards FCFA).
Au Cameroun, les indicateurs progressent modérément : le PNB de la filiale augmente de 146 millions € (95,7 milliards FCFA) à 149 millions € (97,7 milliards FCFA), les crédits restent quasi-stables à 1,1 milliard € (721,6 milliards FCFA) contre 1,108 milliard € (775,4 milliards FCFA) en 2024, tandis que les dépôts reculent de 1,918 milliard € (1 257,2 milliards FCFA) à 1,5 milliard € (983,9 milliards FCFA), faisant remonter le ratio de transformation de 62% à 72% en un an. Fait majeur : la filiale conserve sa 2ᵉ position sur le marché africain.
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Au Sénégal, la performance reste stable : le PNB croît légèrement de 172 à 179 millions d’euros (112 à 117 milliards FCFA), tandis que le ratio crédits/dépôts passe de 77% à 94%. En Algérie, le PNB s’accroît de 197 à 220 millions € (129 à 144 milliards FCFA) avec un profil plus intermédié, tandis qu’en Tunisie, l’activité recule légèrement (170 à 161 millions €, soit 111 à 105 milliards FCFA). Le Ghana et le Bénin conservent des filiales de petite taille mais stables, avec des PNB respectifs de 96 millions € (62,97 milliards FCFA) et 28 millions € (plus de 18,37 milliards FCFA) en 2025.
Société Générale sur le départ au Cameroun
La chute du résultat net africain illustre la stratégie de désengagement progressive de Société Générale sur le continent. Depuis 2023, le groupe cède ses parts dans des marchés jugés moins structurants afin de se concentrer sur des pôles de rentabilité forts comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal. Après les marchés déjà cédés — Guinée, Burkina Faso, Guinée équatoriale, Mozambique, Maroc, Madagascar, Congo et Mauritanie —, d’autres filiales devraient suivre, notamment au Ghana, en Tunisie, et surtout au Cameroun.
A cet égard, les discussions avec le gouvernement de Yaoundé ont abouti à une convention signée le 15 juillet 2025, portant sur le rachat des 58,08% des parts détenues par Société Générale dans sa filiale locale. L’État camerounais, déjà actionnaire à hauteur de 25,6 %, verrait sa participation grimper à 83,68% contre les 16,32% pour Allianz Cameroun. Cette opération, si elle se finalise, marquerait l’un des tournants majeurs de la recomposition africaine du groupe.

