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Conjoncture

Afrique subsaharienne : croissance revue à la baisse à 4,1 % à cause du conflit au Moyen-Orient (Banque mondiale)

Commerce, investissements, finance et main-d’œuvre sont identifiés comme les quatre principaux canaux par lesquels la flambée du carburant, des engrais, le ralentissement des IDE du Golfe et la pression sur les transferts pourraient fragiliser une reprise déjà révisée à 4,1 % en 2026.

Publiée jeudi 9 avril 2026 à 18:46:35Modifiée jeudi 9 avril 2026 à 18:46:37Temps de lecture 3 minPar EcoMatin

baisse économique
La Banque souligne des risques liés à la crise dans le Moyen Orient © DR

La Banque mondiale a abaissé sa prévision de croissance de l’Afrique subsaharienne pour 2026, estimant que le conflit au Moyen-Orient assombrit l’environnement extérieur de la région à travers la flambée des prix de l’énergie, la hausse du coût des engrais et le risque de ralentissement des investissements du Golfe. Dans son dernier rapport Africa’s Pulse, l’institution prévoit désormais une croissance de 4,1 % en 2026, un chiffre inchangé par rapport à 2025 mais inférieur de 0,3 point à sa projection d’octobre 2025, signe d’un essoufflement de la reprise post-chocs mondiaux.
La dégradation de la conjoncture extérieure s’est accentuée depuis la montée des tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près d’un cinquième des flux mondiaux d’hydrocarbures. Selon la Banque mondiale, la région subira principalement ce choc par quatre canaux : le commerce, l’investissement, la finance et la main-d’œuvre.

Lire aussi : Cameroun : la Banque mondiale critique la gestion des économies issues de la baisse des subventions aux carburants

Le premier impact attendu concerne les importateurs nets de pétrole, nombreux en Afrique. La remontée du Brent, du gaz naturel liquéfié et des coûts logistiques devrait renchérir les factures énergétiques, alimenter l’inflation et peser sur les balances extérieures. À cela s’ajoute la flambée des prix des engrais, conséquence des perturbations d’approvisionnement transitant par Ormuz, qui menace les campagnes agricoles en cours et accroît les risques d’insécurité alimentaire.


« Les effets devraient se transmettre principalement par quatre canaux : le commerce, les investissements, la finance et la main-d’œuvre », souligne le rapport, qui avertit qu’une prolongation des hostilités pourrait aussi ralentir les transferts de fonds des travailleurs africains installés dans le Golfe, une source vitale de revenus pour plusieurs économies.

Lire aussi : Croissance : la Banque mondiale relève ses prévisions pour l’Afrique subsaharienne à 3,8 % en 2025

Autre sujet de préoccupation, les investissements directs étrangers en provenance des pays du Golfe, devenus un moteur majeur des projets d’énergie, de logistique, de mines et d’infrastructures en Afrique subsaharienne. Entre 2022 et 2023, leurs engagements sur de nouveaux projets ont dépassé 100 milliards de dollars, rappelle la Banque mondiale. Le conflit pourrait toutefois conduire les fonds souverains à réévaluer leurs expositions, retardant plusieurs projets structurants. Ce choc intervient alors que les finances publiques de nombreux États restent sous tension. Le service de la dette extérieure devrait absorber 18,2 % des recettes en 2025, limitant la capacité des gouvernements à amortir une nouvelle flambée des prix de l’énergie ou à financer des mesures de soutien ciblées.

Pour la Banque mondiale, le risque est désormais celui d’une double crise énergétique et alimentaire, susceptible de raviver les tensions inflationnistes, d’obliger certaines banques centrales à retarder l’assouplissement monétaire et de freiner davantage la création d’emplois dans une région où la croissance reste insuffisante pour absorber la poussée démographique.

Lire aussi : Croissance économique : perspectives solides pour l’UEMOA mais faibles dans la CEMAC

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