La Banque mondiale projette une hausse de l’inflation à 4,8% en Afrique Subsaharienne en 2026 contre 3,8% l’année dernière. Cette prévision est contenue dans son rapport semestriel sur l’état des lieux de l’économie africaine, publié le 8 avril 2026. Selon le document consulté par EcoMatin, ce relèvement du taux d’inflation serait en lien avec les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Une crise qui alimente la hausse des prix des matières premières et perturbent les chaînes d’approvisionnement, avec des effets directs sur les économies africaines fortement dépendantes des importations.
« Le renchérissement des combustibles, des denrées alimentaires et des engrais, conjugué au durcissement des conditions financières, risque fortement de tirer l’inflation à la hausse, de perturber l’activité économique et de toucher plus durement les ménages les plus vulnérables, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’énergie », souligne l’institution.
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Au-delà des chocs externes, les contraintes internes continuent de peser sur les perspectives économiques. Pour la Banque mondiale, le niveau élevé de l’endettement public réduit la capacité des États à financer leurs priorités de développement. D’après le rapport, le ratio du service de la dette extérieure rapporté aux recettes publiques a doublé en huit ans, passant de 9% en 2017 à 18% en 2025 en Afrique Subsaharienne. « Cette situation est aggravée par la baisse des financements extérieurs, notamment l’aide publique au développement, qui accentue les pressions sur les pays à faible revenu », peut-on lire.
Des défis structurels persistants pour l’emploi
Dans un contexte où plus de 620 millions de personnes devraient rejoindre le marché du travail africain d’ici 2050, la Banque mondiale insiste sur la nécessité d’une transformation structurelle des économies. L’institution préconise une croissance plus diversifiée et davantage tirée par le secteur privé, soutenue par des investissements dans les infrastructures, les compétences et les institutions. L’objectif est de réduire les coûts de production, d’améliorer la compétitivité et de stimuler la création d’emplois.
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Le rapport met également en avant le rôle des politiques industrielles dans la relance économique. Celles-ci pourraient permettre aux pays africains de se positionner sur des segments à plus forte valeur ajoutée, notamment dans les secteurs des minerais stratégiques ou des produits pharmaceutiques. Toutefois, la Banque mondiale insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre rigoureuse. Les politiques industrielles doivent reposer sur des critères de performance clairs, s’inscrire dans des écosystèmes favorables (infrastructures, financement, capital humain) et s’articuler avec des initiatives régionales telles que la Zone de libre-échange continentale africaine. En l’absence de ces conditions, elles risquent de produire des effets limités et de freiner la transformation économique attendue.

