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Agro-industrie : CDC et PAMOL à l’agonie

Selon le Gicam, leurs pertes se chiffrent à 9,2 milliards de FCFA dans la production de banane, d’huile de palme et de caoutchouc, pour un manque à gagner de 11,4 milliards de F CFA, etc.

Elles broient du noir. La crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest particulièrement deux fleurons de l’économie camerounaise, la CDC et Pamol. Selon les investigations du Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam), les pertes pour ces mastodontes de l’agro-industrie camerounaise se chiffrent  à 9,2 milliards de FCFA pour les pertes de productions de banane, d’huile de palme et de caoutchouc, avec un manque à gagner en chiffres d’affaires de 11,4 milliards de F CFA et d’autres pertes  (équipements volés/ détruits, rançons, vols, …) estimées à 1,031 milliard de FCFA. De manière détaillée, on fait état de plus d’un milliard de biens détruits pour CDC et 12 milliards de FCFA de manque à gagner.

Pour la CDC par exemple, le Gicam indique sur 29 sites de production (plantations et usines), 12 sites sont en arrêt total de production, certains sites étant devenus des camps de base pour des assaillants armés qui en ont délogé les travailleurs ; 10 sites ne sont plus que partiellement opérationnels en raison des interruptions sporadiques d’activités suite à des attaques de groupes armés, des interruptions de l’alimentation en énergie électrique ou à cause de l’inaccessibilité à certaines zones ; 07 sites dont 02 usines (Tiko et Idenau) et 05 plantations (Debundscha, Missellele, Ndongo, Mondoni et Moquo) sont encore entièrement opérationnels. En termes d’emplois, on estime à 6 124 déjà perdus (sites en arrêt de production) et 5 805 autres relevant des sites partiellement opérationnels sont gravement menacés. Ce qui représente 71% de l’effectif total employé par la société. D’après les prévisions du Gicam, en supposant un retour rapide vers le calme et la sécurité, la CDC aura besoin d’une injection de fonds de l’ordre de 15 milliards de F CFA pour financer un éventuel plan de relance. Ce montant servirait notamment à payer des factures de fournisseurs afin de rétablir la confiance et reprendre les livraisons de matières premières / pièces de rechange nécessaires à la production ; remplacer les équipements de production détruits ; réhabiliter les plantations et amortir la dette sociale de l’entreprise.

Actes de vandalisme

Pour les autres agro-industries ayant des plantations dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, elles annoncent avoir également avoir subi des actes de vandalisme et ont dû abandonner des plantations, laissant des centaines d’ouvriers en chômage technique. Le renforcement de la protection des plantations en dispositifs d’alerte induit des charges supplémentaires qui pèsent sur la rentabilité de l’exploitation. Les manques à gagner se chiffrent en centaines de millions par mois fragilisant les modèles économiques entiers de ces entités. Pour les entreprises tournées vers l’exportation, la crise, selon le rapport du Gicam, pourrait constituer la goutte d’eau de trop car les modèles économiques étaient déjà remis en cause par l’introduction, dans la loi de finances 2018, d’une taxe à l’exportation.

La Rédaction EcoMatin

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