Conjoncture

Agro-industrie : la Sosucam va en guerre la contrefaçon

Cette société vient en effet d’organiser à Garoua une session de travail avec les douaniers afin de fournir à ces derniers, des éléments et des outils pour mieux identifier leur produit lors des différentes opérations de lutte contre la contrebande et la contrefaçon.

La Société sucrière du Cameroun (Sosucam), après d’importantes pertes enregistrées en raison de la contrebande et la contrefaçon, a organisé une session de travail à Garoua le 09 mai dernier. Il s’agissait de présenter aux douaniers les principaux signes distinctifs des sacs de sucre de l’offre Sosucam et leur donner davantage d’outils pour facilement reconnaître les produits authentiques de ceux issus de la contrebande ou contrefaits.

En effet, la Sosucam est fragilisée ces derniers temps par des réseaux de contrebande et de contrefaçon du sucre, qui gagnent de plus en plus du terrain, et causent « d’importantes pertes à la Sosucam » selon les responsables de l’entreprise au cours des travaux. Des chiffres plus récents n’ayant pas été indiqués lors de cette session de travail, rappelons qu’une note interne de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) révelait en août 2013 que cette entreprise agro-alimentaire a perdu 10 milliards de francs CFA à cause de la mévente du sucre.


>> Lire aussi – Extrême-Nord: 40 tonnes de sucre de contrebande saisies


C’est l’une des raisons qui ont conduit à l’interdiction des importations de sucre en 2018 et plus récemment, le 09 mai 2019, à l’organisation de cette session de travail à Garoua. La région du Nord représentant un territoire commercial « très important pour la Sosucam de par sa multitude de consommateurs », selon Jean François Ntsama, le directeur Marketing de la Sosucam qui présidait les travaux de Garoua, est particulièrement vulnérable de par sa situation géographique.

Le 29 avril dernier, le secteur des Douanes de l’Extrême-Nord, dans le cadre de la phase II de l’opération II Halte au commerce illicite (Halcomi) mise sur pied par le ministère des Finances, a annoncé, avoir saisi 25 tonnes de sucre de contrebande en provenance du Nigeria. Moins de deux semaines plus tôt, les agents de la Douane camerounaise ont mis la main sur 15 autres tonnes importées frauduleusement de ce pays voisin.

Et à chaque période du Ramadan – du 05 mai au 04 juin prochain -, période au cours de laquelle la demande est forte au niveau de la communauté musulmane, les services de la Douane ont souvent du mal à contenir les assauts des contrebandiers, du fait de la porosité de la frontière terrestre entre le Cameroun et le Nigeria – près de 1700 kilomètres.


>> Lire aussi – Commerce illicite: dans la spirale de la contrebande


Cette session également organisée dans les villes de Douala et Yaoundé quelques jours plus tôt, devrait donc permettre aux douaniers dans le cadre de leur travail, de distinguer « un produit qui provient effectivement de la Sosucam dans la forme et le contenu, d’un sac qui a été imité ou qui provient effectivement de la Sosucam, mais avec un produit reconditionné à l’intérieur ». Rappelons que la Sosucam est leader du marché camerounais du sucre (70% de couverture), avec une capacité de production moyenne de 130 000 tonnes par an, grâce à une superficie agricole actuelle de 25 000 ha.

La Rédaction EcoMatin

Abonnez-vous à notre lettre d'information

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à notre newsletter

Afficher plus

Articles Liés

Close

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité. Merci pour votre compréhension!