La sortie de Tiger Brands du capital de la Chocolaterie Confiserie du Cameroun (Chococam) n’est plus seulement une opération stratégique en cours : elle devient un fait comptable visible. Dans ses résultats semestriels arrêtés au 31 mars 2026, le conglomérat sud-africain fait état d’un recul marqué de son segment international, qui regroupe notamment l’activité fruits décidus (LAF) et Chococam. Sur la période, le chiffre d’affaires de ce pôle s’établit à 743 millions de rands, contre 1 274 millions de rands un an plus tôt, soit une contraction de 41,6%. Convertis, les revenus passent d’environ 41,4 milliards FCFA en mars 2025 à 24,1 milliards FCFA en mars 2026.
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Ainsi, au-delà de l’effet de change, cette baisse traduit un changement de périmètre progressif et une réduction des flux commerciaux internes dans un contexte où Chococam a été classé parmi les « activités abandonnées » (discontinued operations) dans les états financiers du groupe. Ce reclassement, d’ordre technique mais stratégique, signifie que l’entreprise est en cours de sortie du périmètre consolidé. Il s’accompagne mécaniquement d’un arrêt des synergies commerciales intra-groupe, les ventes inter-segments ayant été ramenées à zéro contre 118 millions de rands un an plus tôt.
Les autorisations réglementaires attendues
Dans les faits, Tiger Brands organise un désengagement progressif de son actif camerounais, en parallèle des négociations exclusives engagées avec le fonds Minkama Capital pour la cession de la totalité de sa participation majoritaire de 74,69% dans le capital de Chococam. L’opération, structurée autour d’un montant estimé à 46,68 milliards de FCFA avec l’appui de BGFIBank, reste soumise aux autorisations réglementaires de la CEMAC, souligne le groupe. Pour Minkama Capital, le défi dépasse la simple acquisition d’un actif industriel. Le fonds dirigé par Fabrice Ndjodo récupérera un portefeuille de marques (Mambo, Tartina, Matinal…) fortement implantées sur le marché camerounais, mais dont la dynamique commerciale apparaît affaiblie par la période de transition.
Sur le plan financier, le bilan reste solide malgré la pression de la concurrence. Ainsi, le chiffre d’affaires est passé de 36,9 milliards FCFA en 2021 à près de 49 milliards en 2023, et il devrait franchir la barre des 55 milliards en 2024 selon les projections de l’entreprise. Cette progression équivaut à une croissance annuelle moyenne de près de 15% sur trois ans. S’agissant de la rentabilité, la marge opérationnelle (EBITDA) est passée de 21,5% en 2021 à un peu moins de 19% en 2023, puis devrait s’établir autour de 18,4% cette année.
Acteur dominant du marché camerounais dont il détient 61% des parts, Chococam réalise environ 74% de son chiffre d’affaires localement, contre 26% à l’export. Sa présence est consolidée au Gabon, au Tchad, en République centrafricaine, en Guinée équatoriale et au Congo, mais elle ambitionne d’élargir son empreinte vers l’Afrique de l’Ouest, avec des marchés ciblés comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Bénin.

