La société française ClassM, experte des missions de conseil en appui à son actionnaire de référence Compagnie fruitière (60%), et du dimensionnement et de la mise en œuvre de projets en Afrique veut diversifier ses activités sur le continent. Lancée depuis 2011 dans la collecte de fruits et légumes sur le continent, l’entité détient un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros (4,3 milliards de Fcfa) dont 5 millions provenant de ses investissements agricoles et 1,5 million d’euro venant de ses activités de conseil. Pour autant, ClassM songe d’ici 2025 à se lancer dans l’exportation afin d’améliorer ses marges.
Actuellement, l’agro-industriel est investi dans 3 filiales africaines de production et distribution de fruits et légumes locaux pour les marchés locaux notamment au Cameroun avec Agro Sourcing Logistics (ASL), au Gabon avec La Clé des Champs (qui s’approvisionne auprès de la filiale camerounaise), en Ouganda et au Kenya avec Pure Grow Africa. En tout, ces entités ont pour clientèle cible les acteurs de la grande distribution, catering, restaurants, hôtels et les revendeurs de rue. Au Cameroun, ClassM a pour principaux clients les marques étrangères comme Carrefour, Super U, Casino, NewRest, La clé des champs et Onomo Hotels mais aussi les locaux à l’instar de Doual’air.
Des informations parvenues à EcoMatin, si ClassM veut se lancer dans l’exportation c’est qu’elle a du mal à être rentable en raison d’une forte concurrence du secteur informel. En effet, d’après l’entreprise nombre d’acteurs locaux sont positionnés sur le même créneau (collecte et de la redistribution locale) sans pour autant être soumis aux taxes et impositions liées à leur activité. En revanche, la société française qui, elle, a des charges plus importantes, se retrouve avec des différentiels de prix significatifs et difficilement tenables sur la durée. La société française se penche de fait sur l’activité de vente à l’international car celle-ci n’est pas ouverte au secteur informel étant donné qu’elle nécessite de remplir un certain nombre de formalités.
Un marché ouvert
En se lançant dans l’exportation des fruits et légumes, ClassM va retrouver plusieurs autres opérateurs déjà actifs sur le marché. Au Cameroun par exemple, où la banane dessert est le 3ème produit d’exportation derrière le pétrole et le bois en grumes ou scié, ClassM viendra rejoindre la Compagnie fruitière de Marseille, leader sur le marché de la banane dans le pays. L’agro-industriel Français détient 2 filiales qui produisent et exportent ce fruit, les Plantations du Haut Pendja (PHP) et Compagnie des bananes de Mondoni (Cdbm) -qui a également lancé ses activités en juin 2023-. Sur ce secteur sont également présents la Cameroon Development Corporation (CDC) et à la Boh Plantations (BPL), les deux autres acteurs majeurs de la filière dans le pays. En 2023, l’exportation de banane dessert a généré 31,4 milliards de Fcfa selon l’INS en augmentation de 1,6% en valeur par rapport à l'année précédente malgré un léger repli des volumes exportés passant de 219 533,3 à 209 231,5 tonnes.
Les récentes statistiques de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (ONU AA-FAO) font état d’un environnement favorable à l’arrivée de nouveaux opérateurs sur le marché des exportations de fruits au Cameroun. Selon les données du FAO, le marché camerounais des fruits et légumes est estimé à 2,2 milliards d‘euros en 2024, environ 1 443 milliards de Fcfa. « La production croissante de fruits et légumes due à l’amélioration des techniques de production stimule les exportations, ce qui pourrait stimuler le marché au cours de la période de prévision », indique l’organisation onusienne.

