Le gendarme de la concurrence en zone CEMAC vient d’ouvrir le dossier de l’acquisition de 74,7 % des actifs de Chococam (Chocolaterie Confiserie Camerounaise SA) par la société d’investissement Minkama Capital. Selon un avis public émis le 24 mars dernier par la Commission de la CEMAC, le régulateur recueille actuellement les observations des opérateurs tiers afin de s’assurer que cette concentration d’actifs ne fragilise pas l’équilibre concurrentiel du marché agro-industriel sous-régional.
Ainsi, jusqu’au 7 avril prochain, les acteurs du marché sont invités à se prononcer sur les risques de position dominante liés à cette transaction, condition sine qua non pour l’approbation finale de la reprise des actifs du leader camerounais.
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Pour mémoire, le groupe sud-africain Tiger Brands, maison mère du confiseur camerounais, a conclu en novembre 2025 un accord de cession de la totalité de ses participations. Le repreneur, Minkama Capital, société d’investissement spécialisée dans les biens de grande consommation, conduit l’opération en partenariat avec BGFIBank Group. Cette transaction, dont la valeur n’est pas encore révélée, reste soumise à des conditions suspensives, notamment l’approbation de la Commission de la concurrence.
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Cette étape est incontournable lorsqu’on sait que, depuis son implantation en 1967, Chococam occupe une position quasi hégémonique dans son secteur, avec des marques phares comme Mambo, Tartina ou Matinal, inscrites dans la mémoire collective de plusieurs générations de ménages camerounais. En termes de parts de marché, l’entreprise contrôle près de 61 % des volumes vendus dans ses catégories clés en 2023 à l’échelle nationale, avec une forte présence au Gabon, au Tchad, en République centrafricaine, en Guinée équatoriale et au Congo (les ventes sous-régionales représentant environ 26 % du chiffre d’affaires annuel).
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Mais si Chococam reste le numéro un du chocolat et de la confiserie au Cameroun, elle a connu ces dernières années une nette érosion de ses parts de marché, ainsi qu’une détérioration de ses performances financières, justifiant le désengagement de sa maison mère. Selon les rapports annuels compilés par le groupe, les revenus de l’entreprise basée à Douala sont passés de 67,1 millions USD (38,8 milliards FCFA) en 2022 à 46,7 millions USD (27,5 milliards FCFA) en 2024, soit un repli de 40,7 % en deux exercices. Pour le premier semestre 2025, la tendance reste la même, avec une baisse de 2,6 % sur un an.
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