Au Cameroun, le climat social délétère de la Cameroon Development Corporation (CDC) continue d’impacter sur la rentabilité de cette entreprise spécialisée dans la production, de transformation et la commercialisation des cultures d’exportation (banane, huile de palme et caoutchouc). La raison ? Après une grogne généralisée en septembre 2022, les employés de l’agro-industriel public et second employeur du pays après l’Etat sont à nouveau au bord d'une grève. En effet, alors qu’en 2022 les travailleurs revendiquaient 28 mois d'arrivées de salaires, ce chiffre a quasiment doublé pour s’établir à 55 mois selon les inscriptions portées sur les revendications des employés. A en croire nos sources contactées au sein de cette entreprise localisée dans la région du Sud-Ouest, elle accumule une dette globale d’environ 81,7 milliards de Fcfa sur la période allant de mai 2018 à décembre 2022. « Il s’agit de la dette fiscale (31 milliards de Fcfa), la dette envers la Caisse nationale de prévoyance sociale (24 milliards de Fcfa) et la dette salariale évaluée à 35,7 milliards de Fcfa », indique notre informateur.
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Conséquence sur les activités
La crise sécuritaire déclenchée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en novembre 2016 a fortement impacté les activités de la CDC au point où celle-ci a souvent procédé à l'arrêt des activités pendant des longues périodes avec un impact sur ses finances. Toutefois, des sources autorisées au sein cet agro-industriel public avouent que la situation s’est « nettement améliorée ». Par contre, « le faible niveau de motivation et de l’engagement des employés dû au impayés » accentue les contreperformances de l’entreprise vieille de 77 ans. Pour preuve, apprend-t-on, le nombre d’employés de la société dirigée par Franklin Ngoni Njie a baissé passant de plus de 20 000 employés avant la crise à environ 13 000 employés à date soit une diminution de 7 000 employés en 8 ans (-35%). De plus, ses exportations sont passées de 71 789 tonnes en juillet 2015 à 24 216 tonnes en septembre 2024 pour une baisse de 47 573 (-66,2%) en 9 ans. Sur la base des ventes de ses produits, la CDC dégageait des revenus d’environ 55 milliards de Fcfa avant la crise sécuritaire contre seulement 20 milliards de Fcfa actuellement soit une chute de 35 milliards de Fcfa (-63,6%). En 2022, la CDC a été classée par les entreprises publiques dont le risque d'endettement est « très élevé » selon la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublics (CTR).

Ce qui coince…
Au regard de la situation financière précaire de la CDC, le Premier ministre a instruit l’élaborer d’un plan de redressement au top management en septembre 2022. De fait, un groupe de travail ( représentant de la Primature, Minfi et Minépat, DG ) a été formé. Après plus d’un de travail, nous renseigne-t-on à la CDC, ledit groupe rendu sa copie et il a été décidé que « ces arriérés de salaires seront payés en deux tranches dont la première tranche, 20 milliards de Fcfa en 2024 et la deuxième (15,7 milliards de Fcfa en 2025). Alors que l'ordonnance prévoyant le versement pour l’année 2024 a été signée par le chef de l’Etat Paul Biya, le paiement de la dette salariale traîne à cause de la longue attente des négociations avec les banques. Le top management quant à lui, cherche arguments pour convaincre les employés qui menacent de surprendre les activités. « Quand le groupe a rendu sa copie, la banque retenue était NFC Bank. Après la signature, il s’est avéré que cette dernière n’est pas à mesure d’exécuter cette mission. Car, en restructuration, cette banque n’a pas pu être retenue suivant les exigences de la Cobac (Commission bancaire d’Afrique centrale) », apprend-t-on.
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Aux dernières nouvelles, 03 banques sont finalement en lice pour réaliser finalement le paiement après négociations avec le ministère des Finances. Il s’agit de FedhEn Capital, Société Générale Cameroun et de National Financial Credit Bank (NFC Bank) « qui veut aussi participer avec un montant un peu plus inférieur à ce qu’ils n’ont pas pu offrir avant », indique notre source avant de poursuivre « Societé Générale Cameroun a présenté le projet de convention à la maison mère qui se trouve en France, leur commission de crédit va se prononcer dans les jours à venir. Dès qu’il y a cette prononciation, le Minfi va approuver et signer la convention avec la CDC».

