« Il s'agit d'une jeune gabonaise qui se serait lancée dans la production du miel. Un produit très prisé à l'étranger, particulièrement en France. Madame Suzie ambitionne donc de s'imposer dans le secteur apicole et produire à grande échelle le miel du Gabon puis engager les exportations de ce produit. Elle envisage d'inciter d'autres jeunes à se lancer à travers des ateliers de renforcement de capacité », apprend-on du ministère du Commerce. La même source indique qu’au regard de la forte demande du miel à travers le monde, la jeune promotrice souhaite des autorités gabonaises la labellisation du « miel du Gabon » qui, pour elle, semble bien meilleur par rapport à certains proposés sur le marché. Ce qui favoriserait l'accès aux grands marchés et avoir une ouverture à l'étranger.
La fabrication du miel au Gabon est encore en phase de développement. La miellerie de Djoutou, située à une dizaine de kilomètres de Moanda (Haut-Ogooué) et construite en 2023 par la Compagnie minière de l'Ogooué (Comilog), est l'une des rares infrastructures qui permet déjà une production industrielle. Elle dispose d'une capacité de 600 ruches pour une production mensuelle de 120 kg de miel.
Afin d'atteindre ces objectifs, les responsables de ce projet ont été en contact avec l'Université des sciences et techniques de Masuku (USTM), qui s'est engagée à soutenir les associations au niveau local. Ce projet, soutenu par l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), vise à orienter le Gabon et ses partenaires vers une production industrielle du miel dans la localité de Djoutou, entre Franceville et Moanda.
Dans cette veine, les apiculteurs de la commune qui, pour le moment, produisent du miel de façon artisanale devront suivre des formations avant que leur soit restituée l'infrastructure qui devrait favoriser l'emploi des jeunes de la commune et de ses environs.
Dans le cas où le Gabon adopterait la labélisation de son miel, cela pourrait accroître sa valeur en étant reconnu par l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Effectivement, un pays voisin du Gabon tel que le Cameroun en profite déjà. Le poivre de Penja et le miel blanc d'Oku sont les deux produits qui ont été classés IG par l'OAPI dans ce pays. Le pays est actuellement en train de terminer le processus de labellisation de son cacao rouge, qui a commencé en 2017. D'après des spécialistes de l'IG, le coût du kilogramme de poivre de Penja a presque doublé en quatorze ans depuis sa labellisation en 2013. Son prix est passé de 2 500 à 3 000 FCFA en 2008 à près de 20 000 FCFA en 2022 sur le marché local.

