Le Cameroun et la Chine ont signé mercredi à Yaoundé un accord-cadre de partenariat économique visant à renforcer leurs relations commerciales et industrielles, ont annoncé les autorités camerounaises. Paraphé par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et l’ambassadeur de Chine au Cameroun, Xu Yong, cet accord constitue une première étape ouvrant la voie à des négociations plus approfondies sur l’accès des produits camerounais au marché chinois, notamment en matière d’exonérations douanières et vice versa.
Le contours de l'accord n'ont pas été dévoilés mais selon le ministère du Commerce, il s’inscrit dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), tenu du 4 au 6 septembre 2024 à Beijing. Il s’insère dans une initiative plus large de Pékin visant 53 pays africains, avec pour objectif la mise en place progressive d’une exonération totale des droits de douane. Cette signature marque ainsi le point de départ d’un processus destiné à établir un partenariat économique axé sur l’accès au marché, le développement de l’industrie manufacturière et la montée en gamme de l’agriculture.
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La Chine est le premier partenaire commercial du Cameroun. Les échanges bilatéraux ont dépassé 1 600 milliards de francs CFA en 2024, dont environ 1 100 milliards d’importations camerounaises en provenance de Chine et près de 500 milliards d’exportations. Selon le rapport 2024 sur la Compétitivité de l’économie camerounaise, l’empire du milieu a gagné 28,7 points de parts du marché des importations de machines et équipements au Cameroun, passant de 23,8% en 2016 à 52,5% en 2024, devenant ainsi le premier fournisseur de machines et d’équipements industriels du pays.
Cette orientation vers d’éventuelles exonérations douanières en direction de la Chine intervient alors que l’Accord de partenariat économique (APE) liant le Cameroun à l’Union européenne reste fortement critiqué. Entré en vigueur en 2016, cet accord prévoyait notamment l’exonération des droits de douane sur les matières premières et les produits intermédiaires. Mais selon le rapport sur l’économie camerounaise 2024 du ministère de l’Économie, l’APE a entraîné des moins-values fiscales estimées à 96 milliards FCFA au 31 mai 2025, alimentant les doutes du gouvernement sur ses retombées économiques réelles.
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« Le Comité APE devrait d’ores et déjà s’interroger sur l’absence d’attractivité de l’Accord pour les autres pays d’Afrique centrale », avait déclaré en juin dernier Jean Tchoffo, secrétaire général du ministère de l’Économie (MINEPAT). Il a notamment pointé la non-concrétisation du volet développement de l’Accord, censé compenser les effets négatifs du démantèlement tarifaire sur les recettes publiques.
Selon les données de la Douane camerounaise, 80 % des 14 580 opérations d’importation réalisées en 2024 dans le cadre des APE ont été effectuées par de grandes entreprises. Les PME n’en ont capté que 20 % à elles deux (18 % pour les moyennes, 2 % pour les petites), accentuant les déséquilibres structurels du tissu productif local.

