Selon les résultats de l’opération principale d’injection de liquidité lancée le 11 juin dernier par la Banque centrale, les banques commerciales ont eu une réaction timide. En effet, seuls 55 milliards de Fcfa ont été captés sur les 120 milliards de Fcfa de liquidité proposée par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), soit un taux de souscription de 45,83 %. A en croire la même source, cette enveloppe a été servi à quatre établissements bancaires, ayant exprimé des besoins de liquidité, soit un taux de participation de 2,17 %.
Un an après la suspension en février 2023 de cette opération d’envergure, les établissements de crédit devraient normalement affluer vers cette offre qui leur donnerait la possibilité de se refinancer et d’acquérir de nouvelles ressources auprès de l’institut d’émission monétaire. Grande est la surprise de cette bouderie qui s’expliquerait par l’innappropriation de cette offre, qui survient comme un nouveau canal de refinancement, malgré son ancienneté.
L’on se rappelle que la Beac avait suspendu les injections de liquidités pour s’arrimer à la politique monétaire austère mise en place pour limiter l’accès aux financements des États, particuliers et opérateurs économiques, mais aussi de lutter contre l’inflation galopante dans la zone Cemac. Dans la même cadence, la Beac a procédé plusieurs fois au relèvement de ses principaux taux directeurs (Taux d’intérêt des appels d’offres et Taux de la facilité de prêt marginal). Ce qui rendait plus coûteuses les ressources pour les banques commerciales.
Pour survenir à la suspension des injections, la Beac réduisait progressivement le volume de ses opérations hebdomadaires. L’enveloppe mise à disposition culminait désormais à 50 milliards de Fcfa contre 250 milliards de Fcfa pratiquement chaque semaine tout au long des années 2020 et 2021. Selon l’institut d’émission monétaire, l’injection d’importants financements dans les circuits économiques contribue à entretenir l’inflation, surtout dans des pays comme ceux de la Cemac, dans lesquels la plupart des biens et services sont importés.
Après la suspension des injections, les banques commerciales de la Cemac ont été sujettes à l’intensification des opérations de reprise de liquidité dans les coffres-forts des banques ; et plus récemment les émissions des bons Beac, afin de ponctionner davantage de liquidité bancaire. Ces opérations qui sont entre autres armes utilisées par la banque centrale des États de la Cemac visent dans le même sillage à durcir les conditions d’accès aux financements des Etats. L’objectif étant d’assécher les banques commerciales, et restreindre ainsi l’accès des agents économiques pour réduire de 20 % l’inflation qui serait d’origine monétaire dans cet espace communautaire.

