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Assemblée nationale : bilan de la session parlementaire de mars

Vie chère, manque d’eau potable, délestage, crise anglophone, situation de la Couverture santé universelle (Csu) … Voilà autant de questions que certains députés nourrissaient l’envie d’évoquer au cours de la première session ordinaire de l’année législative 2023. Des attentes non satisfaites par les députés car celle-ci a été caractérisée par l’oisiveté.

Publiée mercredi 5 avril 2023 à 17:08:42Modifiée mercredi 5 avril 2023 à 17:13:33Temps de lecture 6 minPar Jean Omer Eyango

Les parlementaires lors d'une séance plénière

Vie chère, manque d’eau potable, délestage, crise anglophone, situation de la Couverture santé universelle (Csu) … Voilà autant de questions que certains députés nourrissaient l’envie d’évoquer au cours de la première session ordinaire de l’année législative 2023. Des attentes non satisfaites . « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. On n’a rien fait », lance laconiquement l’honorable Rolande Ngo Issi du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) samedi dernier tout en pressant le pas vers la sortie. Comme elle, d’autres parlementaires n’ont pas attendu longtemps pour quitter l’Assemblée nationale avec un air agacé sur les visages. Pour la clôture de cette session le samedi 1er avril, des sièges sont restés vides.

4 plénières en 30 jours

Après l’ouverture de la session le 03 Mars par la doyenne d’âge, l’honorable Koa Fegue Laurentine, il a fallu attendre plus de trois semaines (27 mars 2023, Ndlr) pour convoquer une plénière consacrée à l’élection du bureau définitif. Le 29 mars, c’était la plénière consacrée à l’élection des membres des commissions et le 1er avril, la plénière de clôture. La veille, trois commissions se sont réunies pour des échanges autour des thématiques diverses. Plus rien. Pourtant à la même période l’année dernière, 8 projets de loi avaient été adoptés parmi lesquels le projet portant création de l’Alliance solaire internationale (ASI) et le projet autorisant le Président de la République à ratifier le statut de l’organisation de la coopération islamique (OCI).

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En 30 jours, durée maximale de la session selon l’article 3 alinéa 3 du règlement intérieur de la Chambre basse du parlement, les députés se sont réunis juste 5 fois. Un bilan jugé scandaleux par l’honorable Adamou Koupit de l’Union démocratique du Cameroun (UDC). Pour cet élu de la circonscription du Noun Centre dans la région de l’Ouest Cameroun, la session de mars est caractérisée par l’oisiveté. « Quand on nous mobilise pour 30 jours, c’est pour travailler et non pour cirer les airs. On a eu droit à tout sauf à ce qu’une session parlementaire doit être. C’est vraiment regrettable qu’on en arrive là. Nous sortons de cette session avec une grande déception. Tout ce que nous avions prévu déployer au regard des problèmes cruciaux du terrain n’auront pas été abordés simplement parce que le système aura décidé de décréter l’oisiveté parlementaire. On aura tout fait sauf le travail parlementaire proprement dit ». Aucune plénière spéciale encore moins de séances d’information n’ont été organisées.

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Ce qui fait dire à Idriss Onana, étudiant, que l’impact de l’Assemblée nationale reste toujours attendu : « Il n’est pas toujours facile d’obtenir des résultats des députés qui suivent une voix au-dessus d’eux. Les députés  du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) auraient pu initier des débats constructifs. Malheureusement, ils sont suspendus aux lèvres de leur hiérarchie ; ce qui pose un problème dans l’évolution du pays. Pourquoi la crise anglophone reste presque un tabou à l’Assemblée. Il n’y a pas d’électricité, pas d’eau. Comment l’Assemblée contrôle l’action du gouvernement. On attend plus d’action de nos élus ».

L’élection du sénat influence l’Assemblée

Des députés justifient l’inaction observée au cours de cette session de mars à l’hémicycle par l’élection sénatoriale. Des honorables étaient engagés sur le terrain auprès de leur parti politique et des candidats ; laissant en suspend des questions qui secouent la société toute entière. Pour l’honorable Louis Henri Ngantcha du  Rdpc : « La particularité de cette session est qu’elle est tombée au moment de l’élection des sénateurs. Nous étions engagés sur le terrain comme militants pour soutenir les candidats de nos partis respectifs ». Pour lui, l’Assemblée nationale a rempli son rôle en mettant en place le bureau définitif. La reconduction de l’honorable Joshua Osih au poste de questeur a suscité un malaise. L’honorable Jean Michel Nintcheu a dénoncé le non-respect des textes. « Je voulais exprimer ma désapprobation, mon amertume face à ce que je considère comme un grand scandale à savoir la violation du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Ce qui s’est passé est d’une extrême gravité. C’est la première fois que cela arrive depuis la fin du parti unique sur la configuration de l’Assemblée nationale ».

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Et d’ajouter : « Le Pcrn est la troisième force politique au niveau de l’Assemblée nationale avec 5 députés. Le SDF arrive quatrième ex aequo avec l’UDC (4 députés, Ndlr). On ne comprend pas par quelle alchimie, le SDF à la personne de Osih, prend le poste de questeur alors que ce poste revenait de droit au Pcrn. C’est un véritable scandale. J’ai honte pour mon pays », a relevé le parlementaire.

Dans son discours de clôture, le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Cavaye Yeguie Djibril, en a profité pour rendre hommage à l’honorable Jean Bernard Ndongo Essomba, le président du groupe parlementaire Rdpc à la chambre basse du parlement, décédé le 17 mars 2023. Il a été remplacé par l’honorable Roger Melingui.

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