Attijari Bank Tchad, filiale du groupe marocain Attijariwafa, a clôturé l’exercice 2024 avec une perte nette de 183 millions FCFA selon les données consultées par EcoMatin. Cette contre-performance marque néanmoins une amélioration notable par rapport au déficit de 2,71 milliards en 2023, soit une réduction des pertes de 93 %. L’embellie fait suite à une augmentation de capital de 7,1 milliards FCFA réalisée en cours d’année, à 17,1 milliards FCFA signe de la volonté du groupe de consolider sa présence dans ce marché encore embryonnaire.
En dehors du résultat, les autres indicateurs de performance de la banque sur la période n’ont pas été révélés. Attijariwafa Bank amorce ainsi une étape vers la rentabilité au Tchad, deux ans après le lancement de sa filiale détenue à 100 %. Le renforcement des fonds propres pourrait lui permettre de développer son activité, encore limitée à une seule agence et à une faible offre de crédit.
Le marché bancaire tchadien reste ouvert, avec un taux de bancarisation strict estimé à seulement 5 % en 2021, contre 12 % en moyenne dans la CEMAC. Mais il fait face à de sérieux défis de conformité. À fin avril 2024, aucune banque n’affichait des fonds propres nets suffisants pour respecter toutes les normes prudentielles, alors qu’elles étaient cinq en règle fin 2023. Par ailleurs, seulement 6 établissements sur 10 respectaient le capital minimum de 10 milliards FCFA exigé. Enfin, en matière de gestion des risques, seules 6 banques respectaient le ratio de couverture, et 5 observaient encore la limite globale de division.
Du reste l’activité d’Attijariwafa dans la CEMAC a globalement connu une embellie (66,7 milliards FCFA de bénéfices en hausse de 21%) tirée par les filiales du Gabon du Congo et du Cameroun. La région reste néanmoins marginale dans le périmètre global du groupe. Elle représente 8,1 % du résultat net et 4 % du total bilan en 2024, contre 14,3 % du résultat et 9,4 % du bilan pour l’UEMOA. Dans cette région ouest africaine, Attijariwafa est présent au Sénégal (CBAO, CDS), en Côte d’Ivoire (SIB), au Mali (BIM) et au Togo (BIA).

