Le 19 juillet dernier à Kribi, station balnéaire du département de l'Océan dans la région du Sud, le Cameroun a franchi une nouvelle étape vers l’industrialisation avec l’inauguration de la cimenterie Cimpor. La cérémonie présidée par le premier ministre, Joseph Dion Ngute, a également donné lieu à la signature d’une convention entre la nouvelle entreprise et Atlantic Cocoa, une usine de transformation de fèves de cacao basée dans la même ville.
L’annonce de cet accord a été faite par Fuh Calistus Gentry, le ministre camerounais des mines par intérim, lors d’une conférence qu’il a accordé durant la 3ème journée de la 13ème édition du Salon de l’Action Gouvernementale (Sago). Selon ce dernier, les deux entreprises ont signé une convention qui, sous impulsion du gouvernement, consiste à ce que la deuxième fournira des déchets de sa production à la première afin de s’en servir comme combustible. « En marge de son inauguration, Cimpor a signé une convention avec Atlantic Cocoa afin que celle-ci fournisse des matières comme les cabosses de cacao et les déchets de production à la cimenterie, qui à son tour s’en servira comme charbon », a-t-il indiqué.
Le but de cette collaboration, d’après le ministre serait de réduire de 50% les importations camerounaises de charbon, « une autre mesure prise par le gouvernement pour favoriser la mise en œuvre de sa politique d’import-substitution ». Pour cause, dans le pays de Paul Biya la consommation d’énergie domestique est constituée à 82,3 % de bois de feu, 30,6 % de charbon de bois et 27 % de gaz selon l’organisme des Nations unies pour le développement des Nations Unies (Pnud). De fait, le besoin réel en charbon au Cameroun est estimé à 356 000 tonnes par an contre une capacité de production du charbon vert se situant à environ 10%. Cette sous production, d’après les statistiques du ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), coûte environ 17 milliards de Fcfa par an au Cameroun.
A noter que, la convention signée entre la a 6e cimenterie du Cameroun dotée d’une capacité de production de 1,2 million de tonnes de ciment par an et l’usine de transformation de caca d’une capacité de 48 000 tonnes, permettra non seulement de réduire à 8,5 milliards de Fcfa les dépenses d’importations de charbon mais également de limiter de 40% les émissions de carbone (CO2), de quoi joindre le développement économique au respect de l’environnement.

