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Session Parlementaire De Juin 2022

Au Cameroun, l’administration pénitentiaire accuse un déficit de 2700 personnels(Minjustice)

Face à ce manque criard, il est difficile, selon le ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des sceaux, Laurent Esso, d’encadrer des personnes qui pourraient être condamnées à une peine alternative.

Publiée lundi 27 juin 2022 à 14:36:14Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 12:03:12Temps de lecture 3 minPar EcoMatin

La question de la surpopulation carcérale est un véritable serpent de mer au Cameroun. Le constat a été dressé sur l’étendue du territoire ces dernières années. Mais, les lignes n’ont véritablement pas bougées dans le sens de désengorger ces maisons d’arrêt. L’honorable Saya Kaigama, après avoir fait le tour des prisons centrales,  relevait pour le regretter, que la grande majorité de la population carcérale est constituée des prévenus.

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Un constat qui ne fait l’ombre d’aucun doute car il n’a rien de nouveau. Pour les désengorger, l’application de la peine alternative est soulignée à grand trait comme l’une des solutions. Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Laurent Esso, était à l’hémicycle vendredi dernier pour répondre de cette question. Conformément à l’article 26 du Code pénal, seules les infractions passibles d’une peine inférieure à deux ans, ou d’une peine d’amende peuvent faire l’objet d’une peine alternative. En réalité, les peines alternatives ne concernent pas les sanctions prononcées par les juges pour les délits qui en raison des excuses atténuantes, ou des circonstances atténuantes ont donné lieu à une peine d’emprisonnement inférieure à deux ans. « Il conviendrait de vérifier si les cas évoqués par l’honorable Kaigama concernent effectivement les délits éligibles aux peines alternatives, qui en réalité, ne concernent que 78 dans un Code pénal qui contient près de 260 infractions ». Et d’ajouter : « Les travaux relatifs à l’élaboration du texte particulier portant modalités d’application des peines alternatives sont en cours de finalisation ».

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Loin de ces considérations, le problème du personnel pénitencier se pose aujourd’hui avec acuité. Un autre problème, non moins important, est celui de l’encadrement des personnes qui pourraient être condamnées à une peine alternative. « L’administration pénitentiaire au Cameroun compte 4351 personnels pour une population carcérale de 32003 pensionnaires. Ce qui donne un ratio d’environ 08 détenus pour un gardien. Dans les grandes métropoles, ce ratio peut passer de 10 détenus pour un 01 gardien. Ce qui fait apparaître en l’état que, l’administration pénitentiaire a déjà un déficit de 2700 personnels », a relevé le ministre.

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Les standards internationaux recommandent 03 détenus pour 01 gardien. S’il faut s’arrimer aux normes internationales, le déficit est de 6500 personnels. Or, s’agissant des peines alternatives à l’emprisonnement, la mise en œuvre de cette mesure devrait s’accompagner de préalables. D’un recrutement tant quantitatif que qualitatif en raison de ce qu’il faudrait donner à ces personnels une formation particulière. « Jusqu’ici nos personnels sont formés pour garder les prisons et non pour accompagner les personnes condamnées à exécuter des tâches en dehors de la prison », a conclu le membre du gouvernement. Le dernier recrutement au sein de l’administration pénitentiaire date de 2017.

René Ombala 

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