Au Cameroun, le Conseil régional du Littoral a en projet d’émettre des obligations vertes d’un montant de 1000 milliards de Fcfa. L’information a été dévoilée lors d’une session spéciale du Conseil tenue du 30 janvier au 1er février, et confirmée d'une source interne. Cette opération dont les contours n’ont pas encore été révélés sera la toute première du genre pour le pays et servira à financer des projets de développement durables.« Nous avons choisi la voie des financements internationaux par les fonds verts et nous sommes des pionniers dans ce domaine. Il est important que nous poursuivions notre apprentissage des obligations vertes pour une première phase et des financements carbones pour une seconde phase », déclare Polycarpe Banlon, président dudit Conseil.
Le choix de recourir aux financements internationaux, pour le Conseil, réside sans doute sur la rigidité du marché domestique au regard de la politique monétaire restrictive mise en place par la Beac d’une part et d’autre part par sa volonté de promouvoir le développement durable de la région du Littoral. En attendant l’issue de cette opération, la CTD semble très optimiste sur la réussite.
Lire aussi : Africa Bright arrange avec succès les premières obligations vertes d’Afrique Centrale
En effet, les fonds durables ou verts se concentrent effectivement sur des investissements qui ont un impact environnemental et social positif. « Ils mobilisent des ressources à long terme en attirant des investisseurs sensibles aux enjeux de durabilité et qui souhaitent soutenir des projets et des entreprises à long terme », avait déclaré Samuel Tela, le Directeur de la Trésorerie au ministère des Finances le 30 septembre dernier, à l’occasion de la Finance Week 2023 ; un évènement organisé par le journal EcoMatin.
Recours aux Obligations vertes : la Cemac accuse du retard
Le recours aux obligations vertes envisagé par le conseil régional du Littorale cadre avec la vision des Chefs d’Etat de la Cemac qui recommandaient, lors du sommet extraordinaire du 18 août 2021, « de poursuivre la conception et la mise en œuvre des politiques environnementales visant notamment la lutte contre le changement climatique et la dégradation de l’écosystème ainsi que la mobilisation des financements afférents ».
Cependant, en zone Cemac, cet instrument est encore peu couru des États contrairement à la Zone Uemoa où cet instrument est très sollicité. Et pourtant, les Obligations vertes, sont vecteurs de développement du marché financier unifié de l’Afrique Centrale. A ce jour, les premières émissions d’obligations vertes de la zone Cemac ont été menées avec succès par Africa Bright Securities, pour le compte de la société gabonaise Façade Maritime du Champ Triomphal (FMCT). L’opération a porté sur deux emprunts obligataires verts « FMCT 2021-2026 », pour un montant global de 20 Milliards rémunérés au taux annuel de 7,50% brut sur une période de 5 ans, dont 2 de différé en capital. Au demeurant, l’obligation verte est un titre de dette émis sur un marché financier et destiné à financer des projets de lutte contre le réchauffement climatique, de soutien à la transition.








