Il n’y aura pas de changement sur le prix de la bière au Cameroun (du moins pour le moment). Ainsi a tranché Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce (Mincommerce) au sortir d’une rencontre avec les acteurs de la filière brassicole le 16 juillet 2024 à Yaoundé la capitale politique du pays. Avec cette décision du gouvernement, les producteurs membres de la Cameroon Producers Association (Capa), du Syndicat national des distributeurs de boissons hygiéniques du Cameroun (Synasdibohycam) et du Syndicat national des exploitants des débits de boissons du Cameroun (Synedeboc), voient ainsi s’envoler leur espoir d’assister à une augmentation du prix de la bière. La grille tarifaire en vigueur reste celle homologuée depuis 2019 et qui fixe le prix des bouteilles blondes de 65 centilitres à 650 Fcfa. Le plaidoyer porté par les acteurs de la filière le 16 mai dernier n’aura donc pas porté de fruits.
Il y a quelques mois, les acteurs de la filière plaidaient pour une hausse de 100 Fcfa sur le prix de la bière. Ils justifiaient leur plaidoyer par un « tsunami inflationniste » sur les matières premières, les consommables, le carburant, le gaz, l’électricité et les salaires auxquels fait face l’industrie des boissons depuis environ trois ans. Bien avant, ce sont les transporteurs qui s’adressaient à la Capa pour revendiquer une revalorisation du prix de transport des produits brassicoles à la suite de la 2ème hausse consécutive des prix du super et du gasoil (+15%) depuis le 3 février 2024. Globalement, les distributeurs ont exprimé leurs préoccupations concernant les charges complémentaires auxquelles ils sont confrontés tandis que les détaillants ont soulevé les difficultés liées à la disponibilité des produits et une fiscalité pesante qui impacte leur activité.
Pas de mesures d’accompagnement
Il y a deux mois, le ministre du Commerce soulignait « l’importance de traiter ces problèmes avec les administrations compétentes ». Mais à la lecture du communiqué final sanctionnant les travaux le 16 juillet, aucune mesure d’accompagnement ne filtre entre les lignes. Au contraire, le membre du gouvernement a appelé les acteurs à une prise de responsabilité dans la mesure où il récuse « l’absence d’organisation, de concertation et de dialogue au sein de la filière », lit-on. De plus, poursuivent les services du Mincommerce, « les relations contractuelles entre producteurs et distributeurs sont également évoquées. Alors que ces contrats devraient être le fruit de négociations équilibrées, ils s’apparenteraient d'avantages à des ‘’contrats d’adhésion’’ imposés aux distributeurs sans réelle marge de manœuvre. Les producteurs contactés par la rédaction n’ont pas souhaité commenter cette actualité.
Notons que si le gouvernement camerounais insiste sur une restructuration du secteur brassicole, cette décision pourrait cependant se traduire par le souci du d'éviter d'autres dépenses supplémentaires qui s'appliquent au consommateur final ces derniers mois. Il s’agit en l'occurrence, de la hausse des prix des carburants au premier trimestre et tout récemment avec pour corollaire la hausse du prix des transports. Bien plus, le droit de timbre sur la carte nationale d’identité (CNI) passe de 2 800 Fcfa à 10 000 Fcfa désormais.

