Suspendu de ses fonctions par le ministre des Comptes publics le 17 juin, Aurélien Mintsa Mi Nguema, le directeur général du Budget et des finances publiques (Dgbfip), a été officiellement démis de ses fonctions au terme d’un conseil des ministres présidé le 20 juin à Libreville, par son propre frère, Brice Clotaire Oligui Nguema, le chef de l’Etat.
Le Dgbfip est remplacé à ce poste par Wilfried Nzamba Mangala, anciennement adjoint à ce poste. Jusqu’ici, aucun motif sur ce licenciement n’est indiqué. Mais c’est en lisant le communiqué final du conseil des ministres du 20 juin qu’on a des clés de compréhension de cette situation. En effet, ce communiqué indique que le poste de directeur général du Budget sera réformé et qu’un projet de décret y afférent est en cours. Et pour cause : « La concentration des prérogatives de contrôle d’exécution budgétaire au sein de la Direction Générale du Budget et des Finances Publiques (Dgbfip) depuis 2015 a conduit à de nombreux dépassements des autorisations parlementaires, en violation de la loi et portant atteinte à la crédibilité de l'exécutif », indique le document. Entre les lignes, l’on comprend que ce qui est reproché : « violation de la loi portant atteinte à la crédibilité de l’exécutif ». Sans plus de détails.
Toujours dans l’esprit de réformer ce poste, un projet de décret est en cours pour éclater le poste de la Dgbfip afin de créer une nouvelle direction générale en charge du contrôle budgétaire et financier. Ceci afin de répondre à « la nécessité impérieuse de se conformer aux principes généraux d'exécution du budget, notamment le principe de séparation des fonctions d'ordonnateur et de contrôleur ». Et le communiqué de préciser : « La création récente des directions générales des Marchés Publics, du patrimoine de l'État et du Commissariat général au Plan, dans l'optique d'une plus grande efficacité de la dépense publique, renforce la nécessité de mettre en place un acteur indépendant dédié au contrôle budgétaire ».
Le bail de M. Mintsa Mi Nguema aura été finalement de courte durée. Même pas un an. En effet, ce dernier a été nommé le 28 septembre 2023 au cours d’un Conseil des ministres. Pour le chef de l’Etat, cela pourrait un être un atout de marketing politique bénéfique du fait d’avoir limogé son propre frère dans un contexte où sa candidature à sa propre succession au cours de la présidentielle prochaine est une hypothèse majeure. Cet acte pourrait lui donner la stature d’un chef intransigeant et rigoureux dans la gestion de la fortune publique même envers les membres de sa famille.

