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Augmentation du capital : BGFIBank en offensive au Cameroun et Gabon

La banque renforce actuellement son maillage dans la sous-région Afrique centrale.

Au cours du même mois, BGFIBank a procédé à l’augmentation du capital social de deux de ses filiales au Cameroun et au Gabon De 75,006 milliards de FCFA précédemment, celui-ci s’élève désormais à 100,002 milliards. Un niveau inédit, jamais atteint dans la sous-région. BGFIBank Gabon devient ainsi la première et la seule banque commerciale en Afrique centrale à détenir un tel niveau de capital. A travers cette opération, BGFIBank Gabon, filiale gabonaise du groupe leader dans le secteur bancaire en Afrique centrale, renforce ses capacités de financement des investissements et d’accompagnement de ses clients au Gabon et dans la sous-région. En ce qui concerne les objectifs pour l’an 2019, le PDG du Groupe BGFI Bank  affirmait tout dernièrement « vouloir accélérer la dynamique de croissance impulsée depuis plusieurs années, consolider la position de leader dans le financement des économies, asseoir le statut d’institution bancaire de référence à l’échelle africaine, se développer à l’international pour mieux accompagner la clientèle tout en garantissant aux actionnaires un rendement toujours élevé ».

Dans le même temps, au sortir d’une audience que vient de lui accorder le ministre camerounais de l’Économie, le président du groupe bancaire gabonais BGFI, Henri Claude Oyima, a annoncé que la filiale camerounaise a procédé à une augmentation de son capital. Celui-ci a été doublé, passant de 10 à 20 milliards de FCFA. À la faveur de cette augmentation du capital de sa filiale camerounaise, le groupe bancaire gabonais réaffirme son ambition de contribuer au financement de grands projets d’investissement en cours dans le pays. Le PDG du groupe l’a d’ailleurs réaffirmé au sortir de son audience au ministère de l’Économie.

Remontée de la pente

La banque reprend du poil de la bête. En contraste avec la situation de la deuxième réunion du collège des superviseurs du premier groupe bancaire de la zone Cemac, BGFIBank, organisée par le secrétariat général de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), les 2 et 3 novembre 2017, à Libreville, au Gabon.

Selon le compte-rendu de Ouanzin Maurice Christian, secrétaire général adjoint (SGA) de la Cobac, les filiales du groupe ont présenté une « situation financière globalement satisfaisante ». « Pour ce qui concerne la situation prudentielle, 8 filiales présentent une situation satisfaisante, alors que 5 autres affichent une situation moyenne à surveiller».

Avant d’ajouter que: « certaines filiales bancaires du groupe laissent entrevoir une maîtrise insuffisante de certains risques, en liaison avec des cas de fraudes qui interpellent, du fait des complicités internes relevées. C’est le cas du piratage informatique que la filiale du Gabon a connu en février 2017, lequel a engendré une lourde perte, avec la constitution conséquente de provisions pour y faire face. Il en est de même de la filiale en République démocratique du Congo, confrontée, au cours de cette année, à  des problèmes de conformité ».

Toujours selon le SGA de la Cobac, à l’aune de la nouvelle réglementation sur le contrôle interne, assise sur la supervision basée sur les risques, une mission ciblée sur la comptabilité et le système informatique s’est s’achevée auprès de la filiale bancaire gabonaise, après la mission ciblée sur les engagements, intervenue à fin mars 2016. D’autres missions sur place ont été diligentées auprès de la filiale bancaire congolaise en mai 2016, ciblées sur les engagements et les opérations de transfert, et dans la filiale bancaire équato-guinéenne, à la fin septembre 2015, sur le suivi des recommandations de la précédente mission de juin 2012.

La Cobac s’est gardée de révéler les deux dernières branches de BGFiBank sous surveillance. Mais l’on sait, sur la base des dernières données disponibles, que le groupe est aujourd’hui présent dans 11 pays d’Afrique, dont le Cameroun dans la zone Cemac. Pour rappel, au-delà de son métier traditionnel, l’activité du groupe (produit net bancaire de 221 milliards FCFA et un bénéficie de 39 milliards FCFA en 2016) s’est étendue et intègre désormais les assurances.

La solide implantation de BGFIBank au Cameroun

Le 8 mai dernier à Yaoundé, il a été reçu par  le chef du gouvernement camerounais, Joseph Dion Ngute. A cette occasion, Henri Claude Oyima, en plus de présenter l’évolution des activités du Groupe BGFIBank en zone CEEAC, a exprimé au Premier ministre camerounais, l’ambition du Groupe BGFIBank, à travers sa filiale installée depuis 2011, de demeurer ce partenaire de référence dans le développement de l’économie camerounaise. «Cette visite intègre les relations de convivialité que nous entretenons avec les autorités des pays dans lesquels le Groupe BGFIBank est implanté. Avant toute chose, je tenais à féliciter le Premier ministre pour sa nomination en qualité de 1er ministre, Chef du gouvernement camerounais. Nous lui souhaitons plein succès dans la mise en œuvre de son mandat. Je suis venu confirmer l’accompagnement du Groupe BGFIBank dans la réalisation des projets structurants et bénéfiques aux populations du Cameroun. Nous comptons intensifier notre engagement dans le financement des projets, et c’est d’ailleurs l’objet de cette rencontre»,  a précisé Henri-Claude Oyima.

Au Cameroun, BGFIBank ouvre ses guichets jusqu’à 20h. Le service s’appelle « BgfiNight ». Le groupe BGFIBank explique que c’est « une offre exclusive » qui donne accès aux prestations bancaires au-delà des horaires habituels. Et qu’une équipe dédiée se met à la disposition des clients pour effectuer des opérations en « toute sécurité ».  Pareil service a déjà été instauré au Gabon en avril 2016, ça s’appelle « BgfiTime ». Les guichets ferment aussi à 20h, du lundi au vendredi, au lieu de 17h comme cela se fait dans les autres banques. Désormais donc, les clients au Cameroun et au Gabon, peuvent aller effectuer leurs transactions jusqu’à la tombée de la nuit.

BGFIBank Cameroun voit ses parts de marché s’améliorer d’année en année. Sur un marché de 15 banques, elle se classe, à fin décembre 2015, à la 6ème position pour le volume de crédits, et 8ème pour le volume de dépôts. La performance commerciale de BGFIBank Cameroun se traduit par une forte croissance du portefeuille crédits (114,470 milliards de Fcfa en 2013, contre 132,807 milliards en 2014 et 172,415 milliards en 2015), et une augmentation plus modérée des dépôts : 103,744 milliards en 2013, contre 148,425 milliards en 2014, et 159,403 milliards en 2015.

La barre des 5 milliards de bénéfices franchie

En effet, selon les données officielles de cette banque, son résultat net à la fin de l’exercice 2017, s’est affiché à 5,1 milliards de Fcfa. Cet indicateur franchit ainsi pour la première fois la barre symbolique de 5 milliards de Fcfa, après avoir culminé à 4,6 milliards de Fcfa à fin 2016, et à 3,5 milliards de Fcfa au terme de l’année 2015. « Sur le plan de l’activité, le total bilan progresse de 12% en 2017, pour dépasser la barre symbolique des 300 milliards de Fcfa. Cette évolution est le fruit d’une croissance soutenue du portefeuille de crédits, en hausse de 19% sur l’année. Quant aux dépôts, ils progressent de 9% dans un marché où l’innovation technologique renforce la compétitivité des acteurs (banque digitale, services spécialisés). Sur le plan de la performance, le produit net bancaire (PNB) croît de 13%, grâce notamment à la hausse des encours moyens de crédit sur l’année.», révèle la banque.

Récemment, la filiale au Cameroun du groupe bancaire gabonais BGFI a validé une offre de restructuration de la dette que lui doit Gaz du Cameroun, la filiale locale du groupe britannique Victoria Oil & Gas qui est coté sur le London Stock Exchange. En avril 2016, la firme opérant dans le secteur du gaz, avait obtenu une facilité de 15 milliards de FCFA (26 millions $) qu’elle a consommé jusqu’en 2017.

Le premier accord prévoyait le règlement uniquement des intérêts pendant 6 mois, avant de progresser vers le remboursement cumulé des intérêts et de l’amortissement du principal. Il n’est pas exclu qu’il y ait eu des difficultés car, au moment de sa restructuration, le montant restant de la dette était encore de 20,5 millions $. Le nouveau plan de règlement s’étend sur 5 ans, et prévoit 12 mois de remboursement dès le 15 juillet 2017, uniquement des intérêts. L’amortissement du principal sera par la suite progressivement réalisé. Le taux d’intérêt effectif de 7,15% par an a été retenu, ce qui reste assez intéressant au regard de ce qu’offre le marché des placements locaux.

Les garanties elles aussi restent inchangées, notamment un gage sur certains des paiements attendus des clients de Gaz du Cameroun, une lettre de confort de l’entreprise, et certaines assurances. L’information étant donnée par VOG, il n’est pas précisé en quoi cette restructuration agira sur les performances financières de BGFI Cameroun.

La Rédaction EcoMatin

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