Le Tchad a engagé des pourparlers avec les constructeurs automobiles sud-coréens Hyundai et Kia pour la construction d’une usine d’assemblage de véhicules dans le pays. Une délégation des représentants de Hyundai Corporation et Kia Corporation a en effet été reçue le 6 avril dernier par le ministre tchadien du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu. « Les échanges ont porté sur des perspectives d’investissement dans le secteur industriel, notamment la mise en place d’une unité de montage automobile… », indique la note du gouvernement. Le projet encore phase de discussions s’inscrit dans le cadre de la promotion des investissements industriels, en lien avec le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».
Précisons que l’entreprise Kia a été rachetée par Hyundai en 1999, formant le Hyundai Motor Group. Les deux entreprises fabriquent une gamme complète de véhicules allant des citadines aux SUV, incluant des berlines, des familiales, et une forte offre en véhicules hybrides et 100% électriques. Kia se distingue par plus de SUV, tandis que Hyundai mise sur des modèles technologiques comme la gamme IONIQ.
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L’appel du Tchad survient alors que les deux entreprises multiplient des initiatives pour renforcer leur présence en Afrique. De fait, le constructeur Kia Motors a inauguré en 2023 une usine d'assemblage à Amasaman, près d'Accra au Ghana, capable de produire 35 000 véhicules par an, avec des gammes telles que Cerato, Seltos, SUV, camions pour l'Afrique de l'Ouest. Bien que le Ghana soit un hub ouest-africain, Hyundai prévoit de son côté une nouvelle usine majeure en Algérie d’ici fin 2026-2027.
Si le projet de construction au Tchad se concrétise, le pays sera la porte d’entrée du groupe qui ne dispose pas encore d’usine d’assemblage de voitures en Afrique centrale. Une production locale des véhicules viendrait ainsi permettre au pays de réduire ses importations ainsi que moderniser le parc automobile. Mais la réalisation de ce projet pourrait aussi se heurter au déficit énergétique dans le pays. Le secteur de l’électricité au Tchad repose encore majoritairement sur des centrales thermiques utilisant des combustibles fossiles. Selon la Banque mondiale, seulement 6 % de la population tchadienne a accès à l’électricité, avec un taux qui chute à 1 à 2 % en milieu rural.

