La capitale économique ivoirienne se prépare à accueillir, le 1er septembre, l’un des événements les plus attendus de la scène financière africaine. La cérémonie de prestation de serment de Sidi Ould Tah à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) marquera officiellement le passage de relais avec le Nigérian Akinwumi Adesina, qui a eu droit à deux mandats de cinq ans. Pour cette transition symbolique, un parterre de hautes personnalités fera le déplacement à Abidjan. Sans surprise, le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, soutien indéfectible de son compatriote, sera présent pour saluer l’accession de Sidi Ould Tah à la présidence de la BAD.
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À ses côtés, son homologue ivoirien Alassane Ouattara, dont le pays abrite le siège de l’institution panafricaine, et qui fut l’un des premiers à appuyer la candidature de Sidi Ould Tah. Tous deux devraient prendre brièvement la parole lors de la cérémonie, soulignant à la fois la portée politique et symbolique de ce passage de témoin. L’élection de Sidi Ould Tah, fin mai dernier, avait déjà consacré ce soutien de poids. Les actionnaires majoritaires du continent avaient voté massivement en sa faveur : plus de 65 % des voix africaines se sont portées sur sa candidature. Ce plébiscite politique et institutionnel donne une dimension particulière à la cérémonie d’Abidjan.
Le gotha de la finance africaine attendu
Au-delà des chefs d’État, Abidjan sera également le point de convergence des grands noms du développement et de la finance africaine. Parmi eux : Serge Ekué, président de la BOAD, proche du nouveau patron de la BAD ; George Elombi, fraîchement porté à la tête d’Afreximbank ; ou encore Dieudonné Evou Mekou, à la tête de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC). Le Ghanéen George Agyekum Donkor (BIDC), tout comme l’ancien président de la BAD Donald Kaberuka (2005-2015), figurent aussi sur la liste des invités de marque. À cela s’ajoute la présence attendue des gouverneurs des banques centrales de l’Afrique centrale et de l’Ouest, Yvon Sana Bangui et Jean-Claude Kassi Brou, figures clés de la stabilité macroéconomique du continent.
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La prestation de serment sera lue par Ludovic Ngatse, ministre congolais de l’Économie, de la Planification et de l’Intégration régionale, qui a récemment succédé à Nialé Kaba à la présidence du conseil des gouverneurs de la BAD. C’est lui qui apposera le sceau institutionnel sur cette passation avant la signature solennelle de Sidi Ould Tah. L’événement se veut sobre, mais il n’échappera pas à son caractère historique : la BAD, pivot des financements structurants sur le continent, change de visage. Et pour accompagner cette nouvelle ère, c’est l’essentiel de l’écosystème de la finance africaine – des décideurs politiques aux institutions régionales – qui se retrouvera à Abidjan.
Ancien ministre de l’Économie de la Mauritanie (2008-2015), Sidi Ould Tah dirigeait, avant de briguer la présidence de la BAD, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), dont il a multiplié par douze les financements au profit du secteur privé et du commerce en neuf ans. Il entend rééditer cet exploit à la BAD, notamment en multipliant par dix « l’impact des financements » et en mobilisant davantage de capitaux privés et souverains, notamment auprès des pays du Golfe dont il connaît bien les réseaux. L’un de ses principaux objectifs à court et moyen termes est de repositionner la BAD « au cœur de l’architecture financière africaine, jugée aujourd’hui trop dispersée ».
Il se dit également préoccupé par la question de l’emploi, gage de l’avenir des jeunes Africains dans un continent qui comptera un quart de la population mondiale d’ici à 2050. Assurer cet avenir, pense-t-il, passe par la modernisation des infrastructures, « condition indispensable pour soutenir cette croissance démographique et économique ».

