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Banque: un vent de changement sur le marché

La hausse du nombre de personnes qui ont accès aux services financiers s’améliore, mais dans le même temps, la rude concurrence pousse à la baisse des taux d’intérêts et une hausse des coûts de ressources.

La publication des résultats globaux du secteur bancaire camerounais, sera un événement à suivre. Malgré un contexte de crise socioéconomique au Cameroun en 2017, le secteur bancaire avait réussi l’exploit de multiplier par 2,6 son niveau de bénéfice net, qui est passé de 19,5 milliards de FCFA en 2016, pour atteindre les 71,5 milliards de FCFA à la fin de l’année 2017. La question est aujourd’hui celle de savoir si ce niveau de progression de résultat net sera toujours possible en 2018? Déjà, il faut dire que la progression du bénéfice net de 266% en 2017 a surtout été le fait d’une situation exceptionnellement négative en 2016, qui ne s’est pas répétée de la même manière en 2017. En plus de cela, on a noté comme une hausse des taux donnés sur le crédit octroyé aux clients.

le taux de bancarisation au sens large de la population active est passé de 11,0 % en 2005 à 42,9 % en 2017, soit une progression de 2,5 points en moyenne par an

Un taux de bancarisation en forte hausse

Bien que restant encore faible, le taux de bancarisation de la population camerounaise au sens strict a connu une évolution croissante de 2005 à 2017. En 2005, le taux de bancarisation au sens strict de la population active était de 7,7 % tandis que celui de la population adulte était de 6,0 %. En treize ans, ces taux ont presque triplé, atteignant ainsi respectivement 21,9 % et 17,1 % en 2017. La densité du réseau bancaire est également passée du simple au double au cours de la même période (de 0,6 agence pour 100 000 habitants en 2005 à 1,2 agence pour 100 000 habitants en 2017). Au sens large, ces indicateurs ont évolué également de façon croissante au cours des treize dernières années. Traduisant la réalité du système financier camerounais où les établissements de microfinance occupent une place importante, les taux de bancarisation au sens large affichent des valeurs nettement plus importantes que celles des taux de bancarisation au sens strict. En effet, le taux de bancarisation au sens large de la population active est passé de 11,0 % en 2005 à 42,9 % en 2017, soit une progression de 2,5 points en moyenne par an. Le taux de bancarisation au sens large de la population adulte est quant à lui passé de 8,6 % en 2005 à 33,5 % en 2017, soit un rythme de croissance annuelle moyenne de 1,9 point. La densité du réseau bancaire au sens large pour sa part a connu une croissance significative de 2005 à 2013, passant de 1,5 agence à 4,4 agences pour 100 000 habitants, avant de décroître en 2014. La baisse de cet indicateur en 2014 s’explique essentiellement par la mise en œuvre des mesures d’assainissement du secteur de la microfinance prises par les autorités compétentes, ayant eu pour effet de ramener le nombre d’établissements de Microfinance agréés en activité au Cameroun de 495 en 2010 à 408 établissements en 2014. En 2017, le dynamisme du secteur a permis de retrouver la densité observée en 2013, soit 4,4 agences pour 100 000 habitants.

Le TEG moyen des crédits accordés aux Grandes Entreprises est passé de 5,51 % à 5,60 % entre 2016 et 2017

Une amélioration des taux sur les crédits

En moyenne, le coût du crédit accordé par les banques a légèrement baissé entre 2016 et 2017 pour les PME et les personnes morales autres que les PME et grandes entreprises. En revanche, il a augmenté pour les particuliers, grandes entreprises, administrations publiques et collectivités territoriales décentralisées, qui sont de gros consommateurs du produit des banques. En effet, le TEG moyen des crédits accordés aux particuliers est passé de 13,65 % en 2016 à 13,88 % en 2017. Étonnamment, cette hausse aura été le fait de l’augmentation des taux sur le crédit à la consommation. En revanche, le coût des crédits à long terme accordés à cette catégorie de clientèle a connu une réduction significative en passant de 11,78 % en 2016 à 7,71 % en 2017 soit, une baisse de 4,07 points. Cette forte baisse est due à la réduction successive des TEG moyens de la BICEC et d’Afriland First Bank au premier et au second semestres 2017, seules banques ayant accordé ce type de crédit au cours de l’année 2017. Le TEG moyen des crédits accordés aux PME a quant à lui baissé. Cette baisse du coût du financement bancaire des PME s’explique principalement par la baisse des coûts des différents crédits accordés aux PME à l’exception des crédits à long terme dont les TEG moyens sont passés de 6,23 % en 2016 à 6,60% en 2017. Le TEG moyen des crédits accordés aux Grandes Entreprises est passé de 5,51 % à 5,60 % entre 2016 et 2017, soit une hausse de 0,09 point. Cette hausse résulte notamment de la hausse du coût des découverts de 0,45 point, qui est passé de 6,17 % à 6,62 %. En revanche, les coûts des autres types de crédits ont baissé, selon la courbe des taux effectifs globaux publiée par le Conseil National de Crédit. Bien qu’encore modeste, l’année 2017 avait été marquée par une petite remontée du Taux, d’un point de vue global. Mais des données de 2018 semblent suggérer que la tendance baissière a repris le dessus.

le Mobile Money a continué de connaître un développement remarquable, tant en termes d’ouvertures de comptes que du volume et de la valeur des transactions. En effet, selon les données collectées auprès de MTN et ORANGE, le nombre de comptes actifs a plus que doublé (+ 139,8 %), tandis que le nombre de comptes Mobile Money créés a augmenté de 66,7 %.

Des résultats de 2018 qui seront marqués par les taux effectifs.

Le Cameroun est le pays qui est entré en 2018 avec le plus de banques solides sur le plan des fonds propres. Selon la BEAC, la liquidité bancaire a continué de se consolider dans la CEMAC à la suite de l’augmentation des dépôts bancaires. Cette évolution est reflétée à travers l’évolution des réserves des banques et de la couverture des crédits par les dépôts. L’analyse par pays montre que ce ratio a connu un accroissement au Cameroun (de 116,8 % à 122,6 %). Aussi, le coefficient des réserves, qui permet de de voir que les dépôts des clients sont assez bien couverts. Un autre aspect qui va soutenir le revenu des banques, c’est la digitalisation. En 2017, le Mobile Money a continué de connaître un développement remarquable, tant en termes d’ouvertures de comptes que du volume et de la valeur des transactions. En effet, selon les données collectées auprès de MTN et ORANGE, le nombre de comptes actifs a plus que doublé (+ 139,8 %), tandis que le nombre de comptes Mobile Money créés a augmenté de 66,7 %. Le taux d’activité des comptes s’est également amélioré de façon significative entre 2016 et 2017, passant ainsi de 54,4 % à 79,2 %, contre 37,8 % en 2015. La valeur des transactions par téléphonie mobile a presque triplé entre 2016 et 2017, passant de 870 milliards à 2 577,8 milliards, tandis que le nombre de transactions a suivi la même tendance au cours de la même période (+266,7 %). S’agissant des infrastructures, le nombre de points de vente Mobile Money agréés est également en augmentation régulière, atteignant 25 443, 36 044 et 78 720 en 2015, 2016 et 2017 respectivement. En 2017, 36 363 points de vente agréés sur les 78 720 étaient fonctionnels, soit un taux d’activité de 46,2 % contre 29 % en 2016.

La Rédaction EcoMatin

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