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crédit bancaire : la Bicec et la SGC leaders du marché

Au second semestre 2018, ces deux banques concentrent plus de la moitié de l’offre du crédit (58,09%), avec respectivement 36,66 % et 21,43 % de parts de marché.

Au cours du second semestre 2018, les établissements de crédit implantés au Cameroun ont traité 517 486 nouveaux dossiers de demandes de crédit, avec une répartition dominée par les découverts (402 690 dossiers) et les crédits amortissables (106 468 dossiers), pour un montant total de 2 887,75 milliards de F CFA. Cette enveloppe est en baisse de 14,3 % par rapport à celle du premier semestre 2018 qui s’élevait à 3 372,11 milliards de F CFA. Ce recul est confirmé sur toute l’année 2018 où le montant global des nouveaux concours bancaires a été de 6 260 milliards de FCFA contre 6 739 milliards en 2017, soit une baisse de 7,11 %. L’offre de crédit au Cameroun demeure essentiellement le fait des banques, qui concentrent 99,2 % du total des financements enregistrés. Celle des établissements financiers, spécialisés dans les opérations de crédit-bail, ne représente que 0,8 % de la production observée au cours de la période de référence.


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Il ressort de l’examen des parts de marché au niveau des banques que la distribution du crédit au 2nd semestre 2018 a été largement dominée par la Bicec et la Société Générale Cameroun, qui concentrent plus de la moitié de l’offre (58,09%, soit 1328,9 milliards de FCFA), avec respectivement 36,66 % (1058 milliards de FCFA) et 21,43 % (618 milliards de FCFA) de part de marché. La SCB et CBC, qui ont vu leurs parts de marché s’accroître pendant la période sous revue, complètent le quatuor de tête avec, respectivement 9,34 % (269,7 milliards) et 9,03 % (260,7 milliards) du total des nouveaux concours bancaires. Afriland First Bank et Ecobank Cameroun, qui faisaient partie du peloton au 1er semestre 2018, ont observé une baisse de leurs parts de marché au 2nd semestre 2018, ressortant respectivement à 6,18 % (178,4 milliards) et 3,39 % (97,8 milliards de FCFA).

Établissements de crédit
Au niveau des établissements financiers, le marché a été dominé par Alios Finance, qui concentre plus de la moitié (54,09 %) de l’offre de financement de cette catégorie d’assujettis. Le Crédit Foncier du Cameroun arrive en seconde position avec 26,84 % de part de marché. Suivant la structure par type de bénéficiaire, l’offre de crédit reste principalement destinée aux entreprises du secteur productif, qui concentrent près de 2 600 milliards de FCFA, soit environ 90,4 % du total des prêts, répartie à hauteur de 74,8 % pour les grandes entreprises et 15,6 % pour les PME.
Les crédits aux particuliers, quant à eux, bien que représentant le plus grand nombre de dossiers (499 346 sur les 517 486 enregistrés), demeure, en valeur, peu représentative dans l’ensemble et s’élève à 265 milliards de FCFA, à peine 9,2 % du montant total des concours du 2nd semestre 2018. Cette part a toutefois doublé par rapport au niveau observé au 1er semestre 2018 (4,52 %), s’expliquant par le nombre élevé de prêts accordés généralement aux particuliers au 2nd semestre de l’année à l’occasion des fêtes de fin d’année et des rentrées scolaires (crédits scolaires).


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La ventilation des nouveaux crédits en fonction de leur maturité initiale révèle une prédominance des prêts à court terme, qui constituent 90,03 % du total des concours bancaires du 2nd semestre 2018. En revanche, les prêts à maturité moyenne et longue, pourtant indispensables pour le financement des investissements, forment seulement 9,24 % et 0,34 % du total des prêts. Les opérations de crédit-bail, quant à elles, demeurent toujours marginales, avec un montant de 10,24 milliards de FCFA, soit à peine 0,4 % du volume global des crédits.

Des crédits avec des taux en hausse au 2nd semestre 2018
Dans l’ensemble, les taux débiteurs ont enregistré une nette hausse au 2nd semestre 2018, s’établissant en moyenne à 9,02 % contre 6,39 % six mois auparavant. Les taux pratiqués par les banques, situés en moyenne à 8,87 %, demeurent plus faibles que ceux des établissements financiers, chiffrés en moyenne à 15,28 % au cours de la période de référence.
Parmi les banques qui pratiquent les TEG les plus élevés, l’on a par ordre d’importance : UBC Pls (18,73%), CCA (16,84%), CBC (18,81%), BC-PME (15,90%), Banque Atlantique (12,87%), SCB (11,91%), Afriland First Bank (11,53%), etc. La tendance haussière des taux débiteurs est générale pour tous les types de bénéficiaires, quelle que soit la catégorie des établissements offreurs. Ainsi, au niveau des banques, les taux effectifs globaux (TEG) moyens se sont accrus de : i) 312 points de base pour les particuliers (de 12,35 à 15,47 %), ii) 186 points de base pour les PME (de 8,83 à 10,69%), iii) 232 points de base pour les grandes entreprises (de 5,54 à 7,86%), iv) 263 points de base pour les personnes morales autres que les PME et grandes entreprises (de 4,24 à 6,87 %) et, v) 508 points de base pour la catégorie « Administrations publiques et collectivités locales » (de 6,27 à 11,35%).
Au niveau des établissements financiers, les hausses sont plus contrastées, avec : i) 335 points de base pour les crédits aux particuliers (de 9,22 à 12,58 %) et, ii) 90 points de base seulement pour les prêts aux PME (de 16,60 à 17,50 %) ; et iii) 88 points de base pour les concours aux grandes entreprises (de 11,21 à 12,09 %). Comme pour les semestres précédents, les prêts aux particuliers et aux PME restent en moyenne les plus chers, avec des taux débiteurs s’établissant respectivement à 15,47 % et 10,69 % pour les banques et 12,58 % et 16,84 %, pour les établissements financiers.
Les grandes entreprises qui bénéficient de la majorité des crédits obtiennent des taux débiteurs les plus faibles, à en moyenne à 7,86 % au 2nd semestre 2018. A l’exception des taux débiteurs fixés aux grandes entreprises, la structure par terme des taux des autres types de bénéficiaires ressort globalement inversée ; les TEG moyens des prêts à court terme étant plus élevés que ceux des crédits à moyen terme, eux-mêmes plus importants que les taux des concours à long terme.


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Rapprochés aux indicateurs de coût des ressources bancaires, les taux débiteurs pratiqués par les banques camerounaises paraissent toujours élevés. En effet, le coût moyen des ressources bancaires (1,47%), calculé à fin décembre 2018, ne représente que le 6ème du TEG moyen des banques au 2nd semestre 2018 (8,97 %). De même, l’écart entre le TEG moyen et le TIAO reste significatif et s’est même accru au second semestre 2018, s’établissant à 5,47 % contre 3,39 % au précédent semestre, laissant ainsi envisager que le récent relèvement du taux directeur de la Banque centrale s’est traduit par un renchérissement du coût du crédit.

60% des crédits dans la zone Cemac concentrés au Cameroun
Selon la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), le montant des nouveaux financements bancaires accordés entre le 1er juillet et le 31 décembre 2018 s’est établi à près de 4 797 milliards de FCFA dans la zone Cemac. Un somme en hausse de près de 297 milliards par rapport au 1er semestre 2018, soit une augmentation de 6,59 %.
En parcourant le rapport de la Beac, l’on note que la concentration de la production demeure forte autour de deux pays dont les établissements de crédit ont accordé près de 87 % des nouveaux prêts enregistrés sur la période : le Cameroun avec 2 887 milliards de FCFA (60 %) et le Gabon avec 1 302 milliards de FCFA (27 %). Les banques implantées au Congo et au Tchad arrivent ensuite, avec respectivement 7 % et 3 % de parts de marché. La part des banques localisées en RCA se maintient à 1 %, tandis que celle des banques de Guinée équatoriale représente 2 % du total de la zone. L’essentiel des nouveaux crédits au 2nd semestre 2018 est accordé par les banques. Elles concentrent près de 99,33 % de parts de marché représentant un montant de 4 465 milliards de FCFA. L’activité des établissements financiers non bancaires demeure résiduelle. Les sept établissements de ce type en activité dans la sous-région ont accordé 32 milliards de nouveaux prêts, soit seulement 0,67 % de part de marché.
Cette évolution au second semestre est liée notamment à l’accroissement saisonnier de l’activité de crédit due aux fêtes de fin d’année et aux crédits scolaires. La Beac note en effet que dans l’ensemble de l’année, on enregistre un recul de la production de crédits par rapport à 2017. Au total, le cumul des crédits mis en place en 2018 s’élève à 9 297 milliards de FCFA contre 9 897 milliards un an plus tôt, soit un retrait de 6,07 %.


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La répartition par type de clientèle montre que les entités du secteur productif demeurent les principaux bénéficiaires des financements bancaires octroyés au 2nd semestre 2018. Ces catégories concentrent à elles seules 3 951 milliards de FCFA, soit près de 82,37 % du total des nouveaux concours, répartie à hauteur de 63,51 % pour les grandes entreprises et 18,86 % pour les PME. Les crédits aux particuliers, quant à eux, qui n’ont atteint que 406,4 milliards de FCFA, soit 8,47 % du total des prêts, ressortent en hausse par rapport au montant du semestre précédent chiffré à 239,16 milliards de FCFA, représentant 5,31 % du total des nouveaux financements accordés.

La Rédaction EcoMatin

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