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Beac : le Tchad émet des bons du trésor pour  honorer un remboursement de 7,5 milliards de FCFA

L’analyse des documents de la Banque des Etats de l’Afrique centrale révèle que le pays tente à nouveau d’emprunter 10 milliards de FCfa sur le marché des titres publics, à la fois pour effectuer un remboursement et renflouer un tout petit peu la trésorerie publique.

La République du Tchad est attendue ce 2 février 2024 sur le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), pour un remboursement de 7,5 milliards de FCfa. Du tableau de bord des opérations du marché des valeurs du trésor de la Cemac, publié chaque semaine par la banque centrale commune au Tchad, au Cameroun, au Gabon, au Congo, à la Guinée équatoriale et à la République centrafricaine (RCA), il ressort que le pays de Toumaï a contracté cette dette 26 semaines plus tôt, au moyen d’une émission de bons du trésor assimilables (BTA) sur le même marché.

Afin de s’assurer de pouvoir honorer cet engagement envers les investisseurs du marché sous-régional des titres publics, le calendrier prévisionnel des émissions des titres publics des pays de la Cemac sur le marché de la Beac révèle une opération tchadienne sur les BTA à 26 semaines de maturité le 31 janvier 2024. C’est-à-dire deux jours avant la date du remboursement des 7,5 milliards de FCfa. Cette nouvelle opération de recherche des financements, pour laquelle les résultats n’ont pas été rendus publics jusqu’ici, visait à mobiliser 10 milliards de FCfa auprès des investisseurs. Le succès de cette levée de fonds devrait non seulement permettre au Tchad d’effectuer le remboursement attendu ce 2 février 2024, mais aussi de renflouer la trésorerie publique avec un montant de plus de 2 milliards de FCfa.

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A travers ce type d’opération d’emprunt-remboursement, le pays du général Mahamat Idriss Déby met en œuvre la même stratégie qu’affectionnent d’autres pays de la Cemac sur le marché des titres publics de la Beac. En effet, par ces temps d’accroissement des besoins en ressources financières des Etats, les trésors nationaux de la Cemac préfèrent préserver leur trésorerie. Pour ce faire, afin d’honorer les échéances de remboursements de dettes, ils lancent de nouveaux emprunts de court terme, qui peuvent même parfois déboucher sur la captation de ressources supplémentaires leur permettant de renflouer leurs caisses après les remboursements, comme cela semble être le cas du Tchad à travers les opérations précitées.

Sauf que dans cette stratégie, le succès dépend de la confiance que les investisseurs placent dans l’émetteur des titres. Lorsque ces derniers répondent positivement à l’offre de l’émetteur en souscrivant à ses titres, l’Etat émetteur peut alors sereinement effectuer son remboursement grâce aux financements mobilisés au travers de son nouvel emprunt. A contrario, lorsque les investisseurs boudent les titres émis, l’Etat émetteur peut se retrouver soit en défaut sur le marché, soit obligé de recourir à sa propre trésorerie pour honorer son remboursement, et ainsi sauvegarder sa crédibilité, sa solvabilité ou plus simplement sa signature.

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En ce qui concerne le Tchad, le pays est plutôt un bon client pour les investisseurs du marché sous-régional des titres publics, à cause des taux d’intérêts très attractifs qu’il pratique. Par exemple, selon le Bulletin des statistiques du marché des valeurs du trésor de la Beac, alors que le coût moyen global des opérations sur les BTA était de 6,49% en juin 2023, le Tchad servaient aux investisseurs des taux d’intérêt de 7,1% sur la même catégorie de titres. De même, son taux de rémunération des obligations du trésor affichait deux chiffres (11,6%), contre un coût global du marché de 7,55%. Cet appât des taux d’intérêt manié par le Tchad sur le marché des titres public de la Beac fait souvent courir les investisseurs autour des titres tchadiens, souvent deux fois mieux rémunérés que ceux d’un pays comme le Cameroun, passé maître dans la pratique des taux d’intérêts bas, en raison de la robustesse de sa signature sur le marché sous-régional des capitaux.

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