Banques et Finance

Bourse régionale : le Cameroun toujours attendu au tour de table

Les pays de la Cemac s’étaient engagés à entrer dans le capital de la bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale, au plus tard le 19 février 2020, à hauteur de 30% soit 5% par Etat. A ce jour, il n’en est rien

Rendez-vous manqué ! Les pessimistes diront que c’étaient prévisible. Les optimistes, eux, rétorqueront que rien n’est perdu… mais une chose est certaine, les Chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), n’ont pas tenu parole. Selon l’article 8 de l’Acte additionnel portant unification du marché de la Cemac et mesures d’accompagnement signé le 19 février 2018 par Idriss Deby Itno, alors président en exercice de la Cemac, dans un délai de 24 mois à compter de la date de signature du présent Acte additionnel, « les Etats membres doivent procéder à (…) leur entrée dans le capital de la bourse régionale à hauteur de 30%, soit 5% par Etat. »

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Quatre mois après l’échéance, cet engagement apparait encore comme un vœu pieux. Les Etats de la sous-région n’ont toujours pas joint l’acte à la parole. Pour l’heure, la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (Bvmac) est une société anonyme avec conseil d’administration au capital social de 6 842 900 000 FCFA, reparti entre les entreprises publiques (47,15%), les sociétés de bourse (34,87%), les sociétés d’assurances (7,21%) et autres (10,84%).

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Pourtant, l’entrée des Etats de la Cemac au capital de la bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) semble l’engagement le plus facile à tenir de toutes dispositions de l’article 8 de cet Acte Additionnel. Pour mémoire, les Etats se sont également engagés à procéder à « la cession partielle ou totale en Bourse de leurs participations dans le capital d’entreprise publiques, parapubliques, ou issues de partenariats public-privé, notamment dans le cadre de programmes de privatisation; l’adoption de cadres législatifs rendant obligatoire la cotation ou l’ouverture en Bourse du capital d’entreprises ayant pour profession habituelle la gestion ou la conservation de l’épargne publique (Banques, compagnies d’assurances, etc.); l’adoption de cadres législatifs rendant obligatoire la cotation ou l’ouverture en Bourse du capital d’entreprises multinationales ou filiales de multinationales exerçant leurs activités sur le territoire des Etats membres; l’adoption de mesures incitatives permettant d’assurer le recours des entreprises des secteurs économiques stratégiques aux marchés financiers. »

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Lorsqu’on sait que les entreprises entrent en bourse soit par nécessité, soit par prestige, et que depuis le lancement du marché financier dans la sous-région, il y a plus de 15 ans, seules quatre entreprises sont inscrites à la cote de la Bvmac, on peut dire que les Etats ont du pain sur la planche. Même si tous les observateurs s’accordent sur le fait que l’unification du marché financier va permettre d’accélérer la croissance économique des pays de la sous-région Cemac par la structuration d’une offre adaptée au besoin des entreprises et des investisseurs ; d’accroitre l’épargne domestique pour augmenter la quantité et la qualité des investissements ; de renforcer la crédibilité du marché financier sur le plan régional qu’international ; de réduire les coûts de marché (tarification et fiscalité unique) ;  réduire les coûts d’acquisition d’information permettant de faciliter l’identification des opportunités d’investissement et d’améliorer l’allocation des ressources.

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