Au Cameroun, le groupement Zuidaf Sarl/FredexGroup, a perdu un contrat de 5 milliards de Fcfa dans le cadre du projet de bitumage de la route Edéa - Dizangue - Mouanko (50,1 km), phase 1, section : Edéa (inter N3) - Dizangue Centre (14 km) dans la région du Littoral. La décision du gouvernement camerounais rendue publique le 27 mai dernier, fait suite à des défaillances constatées sur le chantier notamment les retards observés dans la livraison des travaux. Selon la note du ministre des Travaux publics (Mintp) produite à cet effet, il est révélé que le groupement camerounais n'a pas respecté les délais contractuels et a réalisé des travaux de qualité insatisfaisante. Le maitre d’ouvrage reproche entre autres à l'entreprise le « dépassement du seuil réglementaire des pénalités de retard, du non-respect des termes de l'ordre de service de sa récente mise en demeure lui exigeant de mobiliser l'ensemble des ressources matérielles et humaines dans un délais de vingt-un jours pour booster son rendement et de produire un rendement hebdomadaire de 4% vu le retard accusé dans l'exécution des travaux dont le taux d'avancement est de 10,76% contre 91,66% de délai au 18 septembre 2023 ».
Lire aussi : Fongo Tongo-Menji-Bakebe : le contrat de l’entreprise en charge des travaux d’entretien en voie de résiliation
Cette décision des autorités intervient deux mois après la mise en demeure servit au groupement. En effet, il est révélé que l’entreprise camerounaise mobilisée sur la section Edéa - Dizangue depuis fin 2022, s’est investie depuis 2 ans à exécuter seulement les travaux de terrassement sur le terrain. Au 12 avril 2024, des sources proches du dossier soulignent que les travaux de l’infrastructure étaient rendus au point kilométrique PK6+00 et n’ont pas considérablement avancé jusqu’au mois de mai, faute d’équipements adéquats. « Seules une niveleuse et une pelle chargeuse étaient jusqu’ici en activité sur le site pour réaliser toutes les prestations attendues. Bien plus, le déblai mis en dépôt au PK2+350 n'a pas obtenu l'agrément de la maîtrise d’œuvre. Au regard des manquements observés côté entreprise, le maître d'ouvrage a enclenché la procédure de résiliation, en émettant un ordre de service portant défaillance qui n'a de cesse d'accompagner l'entreprise, notamment le renforcement du personnel de même que du matériel sur le site des travaux. », a renseigné une source proche du dossier.
1,6 milliards de Fcfa d’indemnités
Il faut noter que les travaux de bitumage de la route sur le tronçon Edéa – Dizangue - Mouanko (50,1 Km), Phase 1, section Edéa (Inter N3) - Dizangue Centre (14 km), budgétisée à 4,99 milliards de Fcfa sous financement du Budget d’investissement public du Mintp et lancés en 2022, devaient être livrés dans un délai de 12 mois en 2023. Mais à date, les retards observés dans leurs exécutions devrait rallonger les délais de livraison du chantier. Ainsi, suite à la résiliation de contrat du groupement camerounais Zuidaf Sarl/FredexGroup, ce dernier doit reverser des pénalités d’un total d’environ 1,6 milliards de Fcfa à l’Etat. Ces dernières comprennent entre autres une caution d'avance de démarrage d'un montant de 901,6 millions Fcfa, une caution définitive (qui sert à garantir la bonne exécution des travaux et à couvrir les éventuels frais de réparation en cas de malfaçons) de 225,4 millions Fcfa et une caution de retenue de garantie (qui sert à garantir le paiement des travaux non encore réalisés et à couvrir les éventuels frais de remise en état du chantier) de 450,8 millions Fcfa. De même, l’entreprise écope d’une suspension de toutes activités des BTP dans le pays. En application du code des marchés publics du Cameroun, « ce groupement ne pourra soumissionner pour un nouveau marché public avant une période de deux ans », martèle le gouvernement.
Rappelons que cette situation met en lumière les difficultés rencontrées par les entreprises camerounaises du BTP dans la réalisation des grands projets d'infrastructures. Le manque de financement, le faible niveau de technicité et l'insuffisance du contrôle qualité sont souvent cités comme les principales causes de ces problèmes. A titre illustratif, on se souvient par exemple de la résiliation du contrat de l’entreprise en charge des travaux d’entretien de la route Fongo Tongo-Menji-Bakebe, les ETS Valentine en février 2023, Super Confort et Bofas sur la route Soa-Awae-Esse en novembre et bien d’autres entreprises locales.

