alios-cameroun-27-10-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Budget 2021 : Paul Biya demande des efforts titanesques au gouvernement

L’ambition est légitime mais semble hors de portée. Déjà, les prévisions annuelles et les hypothèses macroéconomiques sont bien en deçà des objectifs de la Vision 2035.

Publiée lundi 20 juillet 2020 à 14:16:20Modifiée mardi 7 décembre 2021 à 12:22:53Temps de lecture 6 minPar EcoMatin

PAUL BIYA
La croissance est là ; le développement arrive.

En 2020, selon les perspectives révisées en avril, la croissance économique devrait reculer de 1,1%. Une première depuis 30 ans. Néanmoins, le président n’entend pas changer de cap en matière d’objectif de développement à long terme. Aussi a-t-il prescrit au gouvernement de « s’assurer l’avancée vers l’atteinte des objectifs d’émergence à travers la transformation structurelle de l’économie ». Cette transformation structure sera encadré par la loi de modernisation de l’économie, portant orientation programmatique de la stratégie nationale de développement du Cameroun pour la période 2020-2030. Déjà, le pays s’est doté d’un Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce) sur la période 2010-2019, première phase de la vision du développement du Cameroun à l’horizon 2035, « Vision 2035 ».

Le Dsce avait pour objectifs stratégiques de porter la croissance économique à un rythme moyen de 5,5% par an ; ramener le taux de pauvreté de 39,9% en 2007 à moins de 28,7% en 2020, et, réduire d’un tiers le taux de sous-emploi, soit plus de 75,4% en 2005 à moins de 50% en 2020. A échéance le 31 décembre 2019, force est de constater qu’aucun de ces objectifs n’a été atteint. Ce, malgré plus de 36 000 milliards de FCFA de ressources publiques dépensées en dix ans. Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens. D’abord, un comice agropastoral en janvier 2011 pour jeter les bases de l’agriculture de seconde génération. La politique de développement du secteur rural qui en découlait devait résoudre l’épineux problème de l’insuffisance de financements, qu’il s’agisse d’investissements publics ou privés, remédier à diverses autres anomalies telles que le manque de matériel végétal et animal amélioré, les difficultés d’accès à la terre, la faiblesse du taux d’encadrement, la médiocre productivité des terres, l’ampleur des pertes post-récoltes, l’enclavement des bassins de production, la longueur des procédures de paiement, l’inadéquation du système des marchés par rapport au calendrier agricole.

Lire aussi : Budget 2021 : le Cameroun met le cap sur le patriotisme économique

Croissance où es-tu ?

Pour devenir un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure d’ici 2035, comme il l’envisage dans sa stratégie de développement à long terme intitulée « Vision 2035 », le Cameroun devra accroître sa productivité et donner à son secteur privé la pleine mesure de son potentiel. « Il s’agit là de défis titanesques qui peuvent toutefois être relevés », commente la Banque mondiale dans le Mémorandum économique du Cameroun, une revue des politiques publiques publiée en décembre 2016. Selon la Vision 2035, l’objectif global sur la période 2030 vise à atteindre le niveau de pays à revenu intermédiaire (revenu/hab. compris entre 3 706 et 11 455 dollars en valeur de 2007). Plus précisément, préviennent les économistes, le Cameroun doit enregistrer une croissance du PIB réel d’environ 8 %, soit 5,7 % par habitant sur la période 2015–2035. Il faudra pour cela que le taux d’investissement passe d’environ 20% du PIB en 2015 à 30 % en 2035 et que la croissance de la productivité atteigne 2% sur la même période, partant d’un taux moyen nul au cours de la dernière décennie. Le stock du capital physique s’est amélioré avec la réalisation des grands projets d’infrastructure au cours de la dernière décennie. Ce qui a permis, entre autres, de porter la capacité énergétique de 933 MW en 2009 à environ à 1517 MW à fin juin 2019 ; renforcer la densité du réseau bitumé qui est passée de 0,27 km/1000 hbts à 0,32 km/1000 hbts et, améliorer le taux de pénétration d’internet a été porté à 30%. Ce qui reste bien en deçà des objectifs. Par exemple, il y a un gap de 1483 MW par rapport à l’objectif fixé de 3000 MW en 2020. En outre, 63,2% des ménages ont accès à l’électricité sur une cible de 70%.

Capital physique

Au niveau des infrastructures de transport, le port de Kribi est déjà opérationnel; le deuxième pont sur le Wouri est achevé aussi, en attendant la fin des travaux complémentaires, déjà exécutés à 70% ; l’autoroute Douala-Yaoundé est réalisée à 40%. Concernant le secteur rural et la protection de l’environnement, on note une augmentation de près de 50% de la croissance annuelle du PIB dans le secteur entre 2013 (5,3%) et 2016 (7,9%). Cependant, cette performance ne permet pas de résoudre entièrement la question de l’insécurité alimentaire. En effet, «16% des ménages au Cameroun souffrent encore d’insécurité alimentaire avec une accentuation du phénomène dans la partie septentrionale», reconnait le gouvernement.

Moins de pauvreté, plus d’inégalités

En matière d’emploi, il y aurait une tendance à la hausse du taux de sous-emploi global. Les jeunes étant les plus frappés par ce fléau qui alors que les régions de l’Extrême-Nord (86,7%), du Nord-ouest (84,2%), du Nord (83,6%) et de l’Ouest (82,6%) enregistre le taux de sous-emploi le plus élevé chez les jeunes. Si une légère baisse a été observée en matière de pauvre et d’inégalité entre 2007 et 2014 qui est passée de 39,9 à 37,5%. Mais cette baisse reste loin de l’objectif de 28,7% en 2020. Bien plus, on note une hausse de la pauvreté en milieu rural, une augmentation des inégalités qui se traduit par une hausse de 13% de l’indice de GINI. Pour ce qui est des infrastructures, seulement 14% des 17 000 logements sociaux prévus étaient achevés à fin 2018 soit 2800 appartements. En 2015, le taux d’accès des populations aux services urbains de base était de 35%. Et rien ne dit que l’objectif sera atteint d’ici la fin de l’année.

Insécurité sociale

En matière d’éducation, de recherche et d’innovation, les réformes entreprises dans le secteur ont globalement permis des améliorations. Le taux de préscolarisation a progressé en passant de 37,5% en 2015 à 39% un an plus tard. Entre 2004 et 2014, le taux net de fréquentation scolaire au niveau du primaire est passé de 78% à 85% tandis que le taux net de fréquentation au secondaire est passé de 33% à 53%. Le taux d’achèvement universel des six années du cycle primaire est passé de 73% en 2012-2013 à 74,2% en 2014-2015, puis 76% en 2016-2017 pour se situer à 76,7% en 2017-2018. Le nombre de personnes socialement vulnérables bénéficiaires d’appuis en ressources productives, d’assistance multiforme et insérées ou réinsérées et économiquement autonomes est passé de 275 100 en 2016 à 370 038 en 2018 soit une hausse de 34,5% ; pas loin de la cible de 500 000 en 2020. Par contre, le taux de couverture sociale de la population active (13,9%) soulève un certain irréalisme par rapport à la cible de 100% fixée en 2020. De même, 2000 ménages étaient en situation de pauvreté chronique bénéficiant de transferts sociaux en 2015. En cinq ans, il aurait fallu multiplier ce chiffre par 20 soit 40 000, pour atteindre la cible en dans quelques semaines en 2020.

Lire aussi : Calendrier budgétaire 2020 : le gouvernement hors délai

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Budget 2021 : Paul Biya demande des efforts titanesques au gouvernement
CamerouncroissancegouvernementPaul BiyaArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumLa Guinée éauqtoriale se tourne vers les compteurs prépayésPolitiques PubliquesCameroun : une fraude aux compteurs prépayés coûte 1,4 milliard FCFA à SocadelL'ARSEL révèle le démantèlement d'un réseau de fraude aux recharges électriques, impliquant plus de 4 300 clients. Le régulateur estime le manque à gagner à 1,4 milliard de FCFA et pointe plusieurs failles dans le système de facturation.​ il y a 4 heuresEpremiumDélestagePolitiques PubliquesCameroun/coupures d’électricité : 126 heures par client en 2025 selon l’ARSEL, 46 heures selon SOCADELLa mise en service complète du barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) n'a pas empêché une nouvelle dégradation de la qualité du service électrique au Cameroun. Selon l'ARSEL, la durée moyenne des coupures a augmenté de 29 % en 2025, alors que les volumes d'électricité injectés sur le réseau progressaient de 5,7 %.il y a 1 jourEpremiumeneoPolitiques PubliquesÉlectricité : le Cameroun prévoit 40 milliards FCFA par an jusqu'en 2029 pour restructurer la Socadel La Société camerounaise électricité devra se redresser avec 40 milliards dès 2027. Une enveloppe jugée « faible » par les conférences budgétaires, alors que son prédécesseur a laissé une dette de 850 milliards FCFA.il y a 1 jourEpremiumWhatsApp Image 2026-10-29 at 12.27.31Politiques PubliquesCameroun : l'État envisage de reprendre à sa charge la dette issue du contrat rompu avec TollcamPlus de deux ans après la suspension du partenariat avec Tollcam, le gouvernement camerounais cherche toujours à régler les conséquences financières de cette rupture. L’opérateur réclame 30 milliards FCFA à l’État.il y a 1 jourART - Orange Cmr1Politiques PubliquesCameroun : l’ART opère une mission d’inspection des investissements et réalisations d’Orange Cameroun à DoualaA l’issue d’un conclave tenu la semaine dernière dans la capitale économique, l’Agence de régulation attend des actions de l’opérateur et plusieurs décisions ont été prises.il y a 1 jourAlbert II de MonacoPolitiques PubliquesCameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreComme EcoMatin l’a annoncé en exclusivité en septembre dernier, l’arrivée du Souverain de Monaco au Cameroun, vingt-trois ans après, est une visite aux accents diplomatiques, alors que les échanges commerciaux entre les deux pays restent marginaux.il y a 2 jours

Articles similaires

Daniel DINDJI, Grand Prix Prestige Étoile d'Afrique du PADEV 2026, Kigali, 23 octobre 2026.ConjoncturePaiement électronique : le patron de CinetPay distingué trois fois à KigaliRéuni à Kigali les 22 et 23 octobre 2026, le Prix Africain de Développement (PADEV) a distingué à trois reprises Daniel DINDJI, fondateur et directeur général de CinetPay. Une reconnaissance qui vise autant l'entrepreneur que l'infrastructure de paiement qu'il a bâtie depuis Abidjan.il y a 50 minutesWhatsApp Image 2026-10-29 at 11.04.46 AMBusiness et EntreprisesBertrand Mbouck prend la tête de Dangote Oil & Gas Cameroon, nouvelle société du groupe Dangote dédiée aux hydrocarburesBasée à Douala, avec un centre opérationnel déclaré à Kribi, la nouvelle filiale camerounaise du groupe Dangote ambitionne d'intervenir dans le stockage, le raffinage et le transport d'hydrocarbures, mais aussi dans la très disputée distribution de carburants et de gaz domestique. Un marché où règnent déjà TotalEnergies, Tradex, MRS et Neptune Oil.il y a 1 jourEpremiumtuskerMines et énergiesCameroun : Tusker Minerals obtient un avis favorable pour 21 permis de recherche de rutileTusker Minerals a obtenu un avis favorable du Comité interministériel camerounais pour 21 permis de recherche, sur environ 9 152 km², dans le cadre de son projet Central Rutile. il y a 5 heuresEpremiumGuptaMines et énergiesMinim-Martap : le régulateur australien juge « inacceptables » l’offre de rachat de Canyon par A2MPCette posture est d’autant plus sensible qu’AFG Bank avait suspendu, le 24 août, les nouveaux décaissements du crédit, dans l’attente d’un examen du calendrier de développement, du modèle financier et d’une visite du site. Le décryptage de EcoMatinil y a 2 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 4 jours2Groupe Ecobank : une assemblée annulée, des administrateurs menacés de révocation et une gouvernance sous tensionil y a 2 jours3Pétrole : la SNH impose aux futurs opérateurs de six blocs un minimum de 250 000 USD/an pour former les Camerounaisil y a 5 jours4Cameroun : le Prince Albert II de Monaco attendu à Yaoundé ce 30 octobreil y a 2 jours5Bertrand Mbouck prend la tête de Dangote Oil & Gas Cameroon, nouvelle société du groupe Dangote dédiée aux hydrocarburesil y a 1 jour6Produits pétroliers : comment le Cameroun a négocié son approvisionnement en carburants avec Dangoteil y a 1 jour7Le parapétrolier français Stapem Offshore ouvre une nouvelle succursale au Congoil y a 4 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 1 semaine9Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 1 semaine10Cameroun : Elvis Berlin Mouafo élargit son empire commercial à la microfinanceil y a 4 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.