Le Congo a réalisé un solde budgétaire (différence entre les recettes et les dépenses du budget, Ndlr) de 267,4 milliards de Fcfa à fin juin 2024 selon les données contenues dans le compte rendu du Conseil des ministres du 7 octobre dernier. Cet excédent qui représente 49,8% des 536 milliards de Fcfa projetés pour l’exercice 2024, a été obtenu grâce à la mobilisation de 1 209 milliards de Fcfa (soit 46,4 de l’objectif fixé à 2 467,8 milliards de Fcfa) largement supérieur aux dépenses chiffrées à 941,6 milliards de Fcfa (45,5% des dépenses prévues à 2069,7 milliards de Fcfa) à fin juin 2024.
Le gouvernement congolais ne fait de précision sur la valeur monétaire captée par chaque poche de recettes du pays mais la loi de finances indique que les recettes seraient principalement tirées par le domaine pétro-gazier avec des prévisions de 1 491,4 milliards de Fcfa (57% des ressources budgétaires), 920,9 milliards de Fcfa de recettes fiscales (dont 734,9 milliards de Fcfa d’impôts et taxes et 186 milliards de Fcfa des droits et taxes de douanes) puis, 55,5 milliards de Fcfa de dons et fonds concours. Le budget de l’Etat lui-même a été voté à 2 605,7 milliards de Fcfa.
Pour les fiscalistes, la réalisation d’un excédent budgétaire peut dériver de plusieurs facteurs : soit par l’élargissement de l’assiette fiscale, une diminution des dépenses publiques en biens et services ou encore une réduction des paiements des transferts. Malgré cette embellie, le ministre congolais du Budget Ludovic Ngatsé a déploré la situation de la trésorerie et du financement au cours du premier semestre 2024. « La situation de la trésorerie est plutôt tendue, se caractérisant par une gestion complexe des arriérés intérieurs et extérieurs, notamment ceux liés à la dette de marché de titre de la Cemac », lit-on dans le communiqué.
A fin 2023, le Fonds monétaire international (FMI) place le Congo en situation de « surendettement » malgré la viabilité de sa dette publique évaluée à 14,1 milliards de dollars soit 8 508 milliards de Fcfa. En effet, l’encours de la dette a atteint 99% du PIB contre 92,5% du PIB en 2022 ; un ratio situé au-delà du seuil de 70% admis au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). L’institution de Breton Woods explique d’ailleurs cette augmentation du ratio dette-PIB par une forte hausse de la dette intérieure passée de 49,4% du PIB à 2022 à 59,6% du PIB à fin 2023. Ainsi, les arriérés de la dette intérieure s’élèvent à 1 733 milliards de Fcfa au 31 décembre 2023 contre 298 milliards de Fcfa d’arriérés extérieurs soit un total de 2 031 milliards de Fcfa ; arriérés audités et validés par la Caisse congolaise d’amortissement.
Pour rappel, le Congo a prévu pour 2024, une trésorerie négative de -1 174 milliards de Fcfa qui serait en partie financée par l’excédent budgétaire attendue à 536 milliards de Fcfa. Cette trésorerie négative résulterait d’un besoin de financement de 1 367 milliards de Fcfa pour des ressources de 192,5 milliards de Fcfa. Le pays devrait donc finalement combler un gap de 638 milliards de Fcfa par des financements internes ou externes.

