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Cacao durable : 70% de la production nationale camerounaise désormais traçable (Fodecc)

Selon le Directeur général du Fonds de développement des filières cacao et café (Fodecc), à date la production camerounaise de cacao remplit déjà le critère de la traçabilité, une des exigences qu’impose le règlement sur la déforestation de l’Union européenne qui doit entrer en vigueur en 2025.

Publiée samedi 1 juin 2024 à 09:36:58Modifiée vendredi 10 janvier 2025 à 11:29:38Temps de lecture 4 minPar EcoMatin

Photo de famille du panel constitué pour la conférence de presse sur le Rdue

« Les derniers chiffres que j’ai aujourd’hui font étant de ce qu’au moins 70% de la production peut-être traçable. Celle-ci dispose de données qui nous permettent de remplir les exigences dont nous parlons… ». Tels sont les propos de Michael Ndoping, Directeur général du Fonds de développement des filières cacao et café lors d’une conférence de presse organisé le 31 mai 2024 dans l’optique de vulgariser  auprès des hommes de médias le règlement de l’Union européenne sur la déforestation qui doit entrer en vigueur dès le 1er janvier 2025. « Pour les 30% qui restes nous sommes en train de prendre les dispositions pour mettre en place ce que l’on appelle la traçabilité personnalisable. Pendant les ventes u  de produits, nous allons essayer de séparer le cacao conforme et non conforme et prendre les dispositions surplace pour identifier ces producteurs et géolocaliser leurs parcelles avant de mettre le cacao dans le circuit.», renchérit-il.

Si l’accent est mis sur le volet de la traçabilité, c’est tout simplement parce que cet aspect constitue l’un des piliers du règlement de l’Union européenne sur la déforestation (Rdue). En effet, trois critères principaux doivent être respectés par les exportateurs de la filière cacao vers l’UE. Il s’agit de premièrement de la traçabilité pour connaître quel est l’origine du cacao, s’il est géolocalisé etc. ici une déclaration de diligence raisonnée est exigée. Deuxièmement le cacao doit être zéro déforestation, c’est-à-dire qu’il provient des parcelles déboisés après le 31 décembre 2020. Enfin l’or brun doit être légal, en conformité avec les lois camerounaises. Au vu des données avancées par le DG de Fodecc on pourrait conclure que le Cameroun est sur la bonne voie dans son arrimage au Rdue. Cependant il convient d’indiquer que le caractère strict du Rdue sera plus appliqué chez les importateurs de cacao dans l’espace européen que sur les producteurs.

Mesures d’accompagnement

Pour atteindre ce quota de traçabilité et continuer à s’arrimer aux autres exigences du Rdue pour la filière cacao, le Cameroun a bénéficié de l’appui de l’UE. De concert avec les différents acteurs du secteur plusieurs mesures d’accompagnement ont été adoptées pour accompagner le pays dans cette démarche. Le gros de l’accompagnement s’effectuant sur le volet technique.  « Il n’y a pas d’accompagnement financier direct au niveau des producteurs, par contre nous avons mis en place des mécanismes qui pourront le faire. Dans le cadre d’une réforme budgétaire préalable, nous avons aidé le Fodecc à développer ce que l’on appelle les guichets producteurs, les guichets agro-écologie et bientôt peut-être les guichets collectivités. Il revient donc au Fodecc de développer les mécanismes de distribution de subventions aux jeunes producteurs», confie Philippe Mayaux ministre-conseiller, chef de département environnement, agriculture, changement climatique et de la coopération énergétique à la délégation de l’UE au Cameroun.

Ainsi dit parmi les actions concrètes menées sur le terrain on peut citer l’organisation de cocoa-talks entre l’UE, les différentes administrations concernés, le Fodecc, le Conseil interprofessionnel du cacao et du café, et tous les autres acteurs de la filière. Des concertations qui se sont tenus sur deux et qui ont aboutis à la validation d’une série d’actions  mettre en œuvre pour accompagner le Cameroun. A date, sur cette série, douze actions qui sont déjà déployées notamment « des actions sur la traçabilité du système qui sont déjà en cours et comment on peut valoriser le modèle agro-forestier qui est en vigueur au Cameroun puisque nous savons que le cacao est cultivé sous la forêt contrairement à ce qui se passe dans d’autre pays (…) on est en train de valoriser ce modèle au niveau international. C’est une action positive qui est faite entre le Cameroun et l’Union européenne », rajoute Philippe Mayaux.

C’est en juin 2023, que l’UE a adopté le règlement sur la déforestation. Celui-ci concerne 7 produits que sont le cacao, le soja, le café, le bœuf, l’huile de palme, le caoutchouc, le bois et certains de leurs produits dérivés. La promulgation de ce nouveau règlement s’inscrit dans les efforts de l’UE visant à promouvoir une consommation plus durable et à lutter contre les changements climatiques.

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