Le ministre ivoirien de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani, a exprimé jeudi la position de son gouvernement face à l’éventuelle entrée en vigueur de droits de douane américains de 21 % sur les importations de cacao ivoirien. Bien que la Maison Blanche ait annoncé un moratoire de 90 jours sur ces mesures, leur mise en œuvre reste une sérieuse préoccupation pour Abidjan.
« Si les États-Unis appliquent ces taxes, nous serons contraints d’ajuster nos prix à la hausse. Cette décision aura des répercussions directes sur le consommateur final », a prévenu le ministre lors d’une conférence de presse tenue à Abidjan, cité par Reuters.
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Le cacao étant coté sur les marchés internationaux, la Côte d’Ivoire ne dispose pas d’une marge de manœuvre pour fixer unilatéralement ses prix. Toutefois, le pays pourrait actionner d'autres leviers, notamment fiscaux, en relevant les droits de sortie sur les exportations de cacao. Une mesure qui, mécaniquement, renchérirait les coûts à l’importation pour les acheteurs américains.
En moyenne, les États-Unis importent entre 200 000 et 300 000 tonnes de cacao brut par an en provenance de Côte d’Ivoire, selon les chiffres du Conseil du Café-Cacao (CCC), l’organe public de régulation du secteur. Une part non négligeable des volumes mondiaux qui rend toute perturbation du flux sensible pour les acteurs de la chaîne de valeur, jusqu’au détaillant.
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Diversification des débouchés
En parallèle de cette posture défensive, le gouvernement ivoirien envisage un recentrage stratégique vers ses partenaires européens. « Si nos produits ne sont plus les bienvenus aux États-Unis, nous travaillerons à renforcer nos débouchés sur le marché européen », a ajouté Adjoumani.
Cette crise commerciale survient dans un contexte où les pays producteurs d’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire et le Ghana, tentent de mieux valoriser leur cacao face à des marchés volatils et à une forte dépendance vis-à-vis des grandes multinationales de l’agro-industrie.

