L’entreprise américaine de négoce et transformation de cacao a récemment suspendu les activités de ses usines de transformations de fève de cacao en Côte d’Ivoire. L’agence de presse américaine Bloomberg, qui relaie l’information, indique que cette interruption temporaire est adossée à la « mauvaise qualité des fèves avec des niveaux inhabituellement élevés de déchets réduisant les rendements et pouvant endommager les machines ».
En effet, la production de cacao ivoirien a été affectée par des changements climatiques et des conditions de cultures défavorables, propices à la propagation des maladies abiotiques qui ont dégradé la qualité des fèves et entraîné des pertes considérables. Le Conseil national du cacao et du café a déclaré qu’environ 200 000 tonnes de cacao ont été perdues durant de la saison 2023-2024 en raison des piètres conditions météorologiques.
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Le pays qui produit environ 40 % de la production mondiale de cacao tous les ans a également vu le volume de cacao exporté et même transformé localement baisser. En août dernier, l’association des exportateurs GEPEX confiait à l’agence de presse britannique Reuters que la mouture du cacao ivoirien – une étape du processus de transformation des fèves de cacao en chocolat – s’est établi à 39 301 tonnes en juillet 2025, soit une chute de 31,2% en glissement annuel. « La mouture de juillet a chuté de façon spectaculaire cette année par rapport à l’année dernière, principalement en raison de la qualité des grains », rapportait Reuters.
Cette suspension intervient 10 mois après que l’opérateur américain a rompu son contrat avec son principal fournisseur de cacao camerounais, Telcar Cocoa. Contacté par Ecomatin, Cargill a également adossé cette décision à la qualité des fèves approvisionnés. L’entreprise qui avait annoncé sa volonté de se lancer dans la transformation locale au Cameroun entrevoit donc de réévaluer son empreinte en matière d’approvisionnement en cacao dans le pays. Toute chose qui s’est répercuté sur le volume d’achat de Cargill au Cameroun qui a chuté de 38% lors de la campagne 24/25, atteignant 46 095 tonnes, loin de son régime régulier moyen de 75 000 tonnes.
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A noter que, selon les sources susmentionnées, l’entreprise prévoit de reprendre le broyage en Côte d’Ivoire lorsque la nouvelle saison des cultures commencera dans l’espoir que la qualité se sera améliorée. L’usine de Cargill dans ce pays d’Afrique de l’Ouest est dotée d’une capacité annuelle de transformation de 160 000 tonnes de fèves en liqueur, beurre, tourteau et poudre de cacao pour l’usage national et l’exportation.

