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Cacao : Le Cameroun au Club d’élite de l’Accord international sur le cacao

Selon le directeur exécutif de l’OICC, c’est la qualité de certaines variétés très prisées sur le marché international qui lui vaut cette entrée dans ce club très sélect. Reste à savoir comment maximiser cela pour que les producteurs nationaux en tirent le plus grand profit.

Dans quelques semaines, le Cameroun va intégrer le Club d’élite de l’Accord international sur le cacao. C’est ce que l’on a appris au terme d’une audience accordée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, au directeur exécutif de l’Organisation internationale du cacao et du café (OICC), Dr. Jean Marc Anga. L’évènement est prévu pour septembre 2018, à Abidjan, lors de la réunion de l’Organisation qui devra peser pour l’intégration du Cameroun.

« Nous avons un regain d’optimisme en ce qui concerne l’avenir de la filière cacao… Nous sommes en train de remonter la pente, nous allons intégrer le Cameroun au Club d’élite au niveau de l’Accord international sur le Cacao », a en effet déclaré Dr. Jean Marc Anga.

L’entrée du Cameroun dans ce cercle très select des pays producteurs de cacao de qualité se justifie par les dispositions positives dont a fait montre le pays en matière de production et de promotion de la bonne qualité de la fève de cacao. La principale étant qu’il dispose de certaines variétés de cacao très prisées sur le marché mondial, et que l’on ne retrouve pas chez d’autres pays producteurs comme le Ghana ou la Côte d’Ivoire.

Il est reconnu que le cacao camerounais est unique au monde, en raison de sa couleur rouge et de la richesse de ses fèves en beurre. Par ailleurs, explique Omer Gatien Maledy, secrétaire exécutif du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) du Cameroun, ces spécificités font en sorte que les produits dérivés à base du cacao camerounais, comme le chocolat au lait, ont un goût unique, fruit de la fertilité des terres et du goût unique d’une terre volcanique.

Accentuer la notoriété du cacao camerounais

Signé pour la première fois en 1963 sous l’égide de l’ONU, l’Accord international sur le cacao regroupe les producteurs et les exportateurs de cette fève. Il a été revu plusieurs fois et vise la stabilisation des cours mondiaux de cette fève. Révisé en 2010, il contient 11 principaux objectifs parmi lesquels : promouvoir la coopération internationale au sein de l’économie cacaoyère mondiale ; fournir un cadre approprié pour la discussion de toutes les questions relatives au cacao entre les gouvernements, et avec le secteur privé ; s’efforcer d’obtenir des prix justes générant des recettes équitables pour les producteurs et les consommateurs au sein de la chaîne de valeur du cacao, et contribuer à un développement équilibré de l’économie cacaoyère mondiale, dans l’intérêt de tous les membres ; promouvoir et encourager la consommation de chocolat et de produits à base de cacao, afin d’accroître la demande de cacao ; encourager les membres à promouvoir la qualité du cacao et à développer des procédures de sécurité alimentaire appropriées dans le secteur du cacao, etc.

L’admission du Cameroun au Club d’élite de cet accord devrait lui permettre d’accentuer son influence au niveau décisionnel du marché mondial du cacao. Elle intervient en effet dans un contexte où les prix du cacao peinent quelque peu à remonter. Or, le Cameroun pourrait mieux rentabiliser sa production en intégrant ce cercle. Ce qui pourrait avoir un impact direct sur les producteurs nationaux : plus le cacao est jugé de bonne qualité, plus il vaut cher sur le marché.

La reconnaissance du cacao camerounais intervient dans un contexte difficile pour les producteurs. Les prix du cacao ayant lourdement chuté pendant la dernière campagne cacaoyère. Même si au niveau de l’OICC, on se veut rassurant. « Les prix ne sont certes pas au niveau où ils étaient en 2015 et début 2016, mais nous avons aujourd’hui un regain d’optimisme en ce qui concerne l’avenir de la filière cacao. Nous ne sommes pas encore au niveau souhaité…Mais ils sont en train de remonter », encourage Jean-Marc Anga. Il faudrait juste que les producteurs locaux continuent leurs efforts dans le processus d’amélioration de la qualité de cette fève.

Améliorer davantage la qualité

Depuis quelques années en effet, des actions diverses sont menées pour améliorer cette qualité. En plus de la mise en place des premiers centres d’excellence de traitement post-récolte, une prime à la qualité a été instituée au cours de la saison cacaoyère 2017-2018 en vue d’encourager les producteurs locaux qui respectent les normes. L’on peut également citer les actions menées par les grands exportateurs pour la production d’un cacao certifié. Sans oublier l’interprofession qui accompagne les cacaoculteurs dans l’application des bonnes pratiques. Sauf que les résultats escomptés se font quelque peu attendre. Au cours des trois dernières saisons, 90% des fèves de cacao ont été exportées en Grade II.

Notons enfin que l’annonce du directeur exécutif de l’OICC intervient au lendemain du lancement de la campagne cacaoyère 2018-2019 au Cameroun. Lors de la saison précédente, la production nationale est passée de 231 642 tonnes à 253 510 tonnes commercialisées entre les campagnes, soit une augmentation de 21 868 tonnes. L’on a observé une remontée de la qualité, les quantités de fèves exportées en Grade I ayant progressé, entre les campagnes 2016/2017 et 2017/2018, de 1 099 à 8 933 tonnes, soit une amélioration de 713%. Enfin, on aura également relevé une meilleure valorisation locale de la fève camerounaise, les volumes transformés par l’industrie locale étant passés de 33 023 à 53 403 tonnes entre les deux campagnes pour un potentiel à court/moyen termes d’au moins 130 000 tonnes.

Par Armand N. EBODE

La Rédaction EcoMatin

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