309 518 tonnes. C’est le volume global de fèves de cacao produit et commercialisé par les producteurs camerounais au cours de la campagne cacaoyère 2024-2025 selon le ministère du Commerce. Comparativement, ce volume représente une nette hausse de 42 808 tonnes (+13%) par rapport aux 266 710 tonnes enregistrées à la campagne précédente. « Cette campagne intervient dans un contexte marqué par des indicateurs au vert, signe de la vitalité retrouvée de la filière », exprime le communiqué publié par ce département ministériel en marge du lancement de la campagne 2025-2026.
Ce volume représente un record inédit depuis près de trois décennies. D’après l’Office national du cacao et du café (ONCC), le Cameroun avait atteint 301 100 tonnes en 1995-1996. Depuis, la production avait oscillé entre 130 500 et 265 000 tonnes, avec un pic de 295 164 tonnes atteint en 2022.
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La hausse de la production de la campagne écoulée est adossée à une relance des principaux bassins de production dans la région du Sud-Ouest (Meme et KupeMuanenguba). La crise sécuritaire et l’instabilité dans cette zone, causant l’arrêt d’exploitation des champs et la destruction des cultures, ont longtemps été un frein selon l’ONCC. Cette région et celle du Centre concentrent respectivement 43,4% et 36,8% de la production nationale de cacao du pays. Un autre facteur ayant contribué à l'augmentation de la production a été, selon le Mincommerce, la constance de la tendance haussière des prix bord champ. Après avoir atteint des niveaux records en 2024 (jusqu’à 6 000 FCFA/Kg), le prix d’achat des fèves auprès des producteurs s’est maintenu dans une fourchette oscillant entre 3 210 FCFA/Kg et 5 400 FCFA/Kg. Celle-ci reste au-dessus des prix pratiqués dans les premiers pays producteurs de cacao à l’échelle mondiale, notamment la Côte d’Ivoire (1 800FCFA/Kg et 2 200FCFAKg) et le Ghana (49,6 GHS/Kg, soit 2 667 FCFA/Kg).
Transformation locale
La campagne 2024-2025 a été prolifique pour l’ensemble des acteurs du secteur parmi lesquels les transformateurs locaux. Les données du département ministériel dirigé par Luc Magloire Mbarga Atangana indiquent que le volume de cacao transformé localement a cru de 27,7% à 109 431 tonnes, après une baisse de 4% enregistrée lors de la campagne précédente. Bien que le document exploité par EcoMatin ne justifie pas cette progression, celle-ci pourrait être adossée à l’ensemble des stratégies mises en œuvre par les industriels locaux pour doper leur capacité de transformation et leur régime d’approvisionnement. Il s’agit par exemple de Neo Industry, 4ème gros opérateur sur la base des capacités, qui a porté à 42 000 tonnes/an (+31,25%) sa capacité industrielle et doublé son volume d’achat à 75 000 tonnes auprès de son fournisseur à fin 2024.
Ainsi, le Cameroun est parvenu à transformer localement 35,3% de sa production, une première historique bien que ce taux demeure en deçà des objectifs gouvernementaux qui ciblaient 50% à l’horizon 2020 dans le cadre du plan de relance des filières cacao-café. Aussi faut-il le rappeler, la progression de la production camerounaise de cacao s’aligne aux projections de la BEAC qui prévoyait une production finale de 306 800 tonnes à la fin de la campagne 2024-2025.

