A l’heure où les premiers producteurs de cacao d’Afrique (Côte d’Ivoire et Ghana), relèvent les cours d’achat producteurs et exportateurs, le Cameroun enregistre une nouvelle baisse. Après une chute de 43 % en juillet 2025, le prix minimum d’achat du cacao camerounais a de nouveau reculé, passant en dessous de la barre des 3 000 FCFA pour atteindre 2 639 FCFA/Kg à la date du 17 octobre, selon les données actualisées de l’Office national du cacao et du café (ONCC). Le prix à l’exportation (FOB) a lui aussi reculé pour tomber à 3 084 FCFA/kg, bien loin des 6 800 FCFA pratiqués à la même période un an plus tôt.
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Cependant, cette situation n’est pas propre au Cameroun mais plutôt alignée à une tendance mondiale. En effet, la valeur d’achat du cacao camerounais, majoritairement négociée sur la bourse ICE de Londres, dépend étroitement des fluctuations du marché international. De fait, le cacao étant une matière première spéculative, les investisseurs de la bourse londonienne ont revu à la baisse leur mise, impactant ainsi le cours mondial du cacao de tous bords. Passant des niveaux records supérieurs à 12 000 dollars la tonne à fin 2024 à 5 893 $ la tonne à mi-octobre.
Fin de l’ascension des cours du cacao
Cette contraction, la bourse l’adosse à une « amélioration des conditions météorologiques chez les principaux producteurs d’Afrique de l’Ouest, tels que la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui a apaisé les inquiétudes du marché » dans une analyse datée du 13 octobre dernier. Aussi, la demande reste timide contrairement aux attentes des opérateurs. Selon le Conseil cacao-café (CCC) de la Côte d’Ivoire, les sorties de ce produit dans les ports du pays, 1er producteur mondial, ont atteint 132 000 tonnes au 19 octobre 2025 depuis le début de la campagne 2025/2026, soit une baisse de 31,6 % par rapport à la même période l'an dernier.
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Une dynamique similaire au niveau de la production et de l’activité des chocolatiers (transformateurs finaux), affichant des ralentissements respectifs de 10% et 17,1%, contrairement aux prévisions optimistes du l'Organisation internationale du cacao (ICCO) qui projetait un redressement en 2025 après un déficit record en 2023/2024. Toute chose qui a contribué à enclencher, dès janvier 2025, une série de baisses des cours d’un mois à un autre, avec une moyenne de -4,7% selon la Bourse de Londres. « En 2024, nous avons eu des prix ridiculement hauts qui n’étaient pas durables à long terme. Cependant, depuis le début de l’année 2025, ils ont vraiment suivi une tendance baissière progressive », a exprimé Oran van Dort, analyste des matières premières chez Rabobank, réagissant dans l’analyse de boursière.
La filière reste optimiste
Toutefois, malgré la tournure actuelle des choses, l’ICCO s’attend à un excédent de production d'environ 325 000 tonnes pour la campagne 2025/2026, ce qui devrait contribuer à ramener les prix à l'équilibre. Le redressement devrait être impulsée par une reprise de la production ivoirienne et une croissance continue des performances équatoriennes et camerounaise. Le Cameroun nourrit cette ambition grâce à une production commercialisée record de 309 518 tonnes de fèves cacao lors de la saison 24/25 (+13%).
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