Après plusieurs mois de volatilité et de décrochage, le marché camerounais du cacao amorce un léger redressement. À la date du 21 avril 2026, les prix communiqués par l’Office national du cacao et du café (ONCC) indiquent un prix d’achat minimum de 1 400 FCFA le kilogramme de fèves dans les principaux bassins de production, en nette hausse par rapport aux 1 050 FCFA/kg pratiqués en janvier. Une embellie encore modeste, mais qui commence, cette fois, à se répercuter sur le terrain.
Cette reprise tranche avec un début d’année particulièrement difficile pour les producteurs, marqué par des prix oscillant autour de 900 FCFA/kg dans certaines zones. Désormais, sur les marchés intérieurs, les transactions se négocient entre 1 350 et 1 500 FCFA/kg, selon les témoignages recueillis dans les bassins du Centre et du Sud. Une progression notable, portée notamment par le retour d’acheteurs d’envergure venus relancer la dynamique des achats.
Lire aussi : Cacao : les cours mondiaux repartent à la hausse sans impact sur le revenu des producteurs camerounais
« Effectivement, depuis quelques jours, les échanges se font autour de 1 500 FCFA, car les gros acheteurs, venant d’Obala par exemple, relancent les enchères face aux coxeurs (intermédiaires, Ndlr) locaux qui nous imposaient moins de 1 000 FCFA/kg il y a peu. Aujourd’hui, ces mêmes coxeurs proposent environ 1 350 FCFA/kg », relate Gallius Tsala, producteur de cacao dans le village de Pongsolo, dans l’arrondissement d’Evodoula (à 60 km de Yaoundé).
Des producteurs contraints de vendre malgré l’attentisme
Dans ces régions, les cacaoculteurs observent avec prudence cette remontée des prix. Si certains avaient choisi de conserver leur production en attendant de meilleures conditions, beaucoup se voient aujourd’hui contraints de vendre, en raison de besoins urgents de trésorerie, notamment pour financer les intrants et préparer la prochaine grande campagne (2026/2027).
« Les coxeurs proposent déjà des prix avoisinant 1 500 FCFA le kilogramme. C’est une avancée, certes, mais elle reste marginale. Nous avons cependant des contraintes qui nous obligent à vendre dès maintenant pour préparer la campagne à venir », explique Gervais Ndi, cacaoculteur à Ngoulemekong, localité située à 54 km d’Ebolowa, dans la région du Sud.
Lire aussi : Le cacao devient le principal produit d’exportation du Cameroun devant le gaz et le pétrole
Malgré ces signaux de reprise, les producteurs restent dans l’expectative. Beaucoup espèrent une revalorisation significative du prix minimum garanti pour la prochaine campagne, attendue dès juillet, évoquant un seuil autour de 3 000 FCFA/kg. Une ambition qui marquerait une nette amélioration pour une filière fragilisée par la volatilité des cours et la faiblesse des revenus agricoles. La hausse actuelle, bien que limitée, redonne un peu d’oxygène aux producteurs sans pour autant dissiper toutes les incertitudes.
Pour rappel, le cacao camerounais est coté sur les marchés internationaux, notamment à Londres et sur Euronext, et reste fortement dépendant des dynamiques spéculatives. Les producteurs avaient largement profité de la flambée des prix en 2024, lorsque le cours avait atteint 12 000 dollars la tonne, générant une manne exceptionnelle estimée à près de 1 200 milliards FCFA sur une seule campagne.
Lire aussi : Cameroun : les exportations de cacao génèrent 810 milliards FCFA (+19%) en 2025

