Chargement des breaking news...
Conjoncture

Cacao non tracé : le Cameroun prépare son mémoire de défense

Le gouvernement qui excipe l’exception de l’origine camerounaise en matière de cacaoculture, prépare un mémoire de défense pour démontrer à la partie européenne que les exploitations créées après 2020 se sont faites sans déforestation. Le nouveau règlement de l’Union européenne entre en vigueur dès le 1er janvier 2025.

Publiée mercredi 17 avril 2024 à 14:55:10Modifiée mercredi 17 avril 2024 à 14:55:17Temps de lecture 3 minPar Jean Omer Eyango

Un stock de cacao
Un stock de cacao

Le Cameroun prépare un mémoire de défense qu’il présentera en temps opportun pour éviter qu’une partie de son cacao soit black-listée sur le marché européen à partir du 1er janvier 2025. Cette date marque en effet l’entrée en vigueur du nouveau Règlement européen sur la déforestation (Rdue) adopté par le conseil de l’Union européenne en mai 2023. Ce texte interdit les importations dans l’espace européen du cacao issu de la déforestation, d’où qu’il vienne. Ces restrictions concernent les fèves provenant de plantations créées après décembre 2020 et dont le développement a nécessité la destruction du couvert forestier. L’entrée en vigueur de ce nouveau règlement qui prône la préservation de l’environnement constitue, au plan exogène, la menace majeure sur une filière cacao camerounaise promise à un bel avenir à moyen terme, encouragée notamment par un niveau de rémunération des producteurs jamais atteint dans le monde au cours de campagne de commercialisation 2023-2024 qui se poursuit dans les bassins de production.

Lire aussi : Commerce : le prix du cacao camerounais double en moins de trois mois

Depuis fin février dernier, le kilogramme de fèves se maintient au Cameroun au-dessus de 5000 Fcfa, prix bord champ. Si rien n’est fait, l’on pourrait assister à une campagne à deux vitesses marquée par le refoulement d’une partie de la production camerounaise du marché européen, principal débouché du cacao camerounais. Une perspective qui ne devrait pas être sans conséquences sur le prix de la fève malgré l’existence d’autres marchés et le développement de capacités de transformation au niveau local. Le gouvernement tente d’anticiper la crise, en excipant l’exception de l’origine camerounaise. « Nous avons un plaidoyer que nous portons auprès de Bruxelles. La culture du cacao au Cameroun ne procède pas par la déforestation ; nous ne détruisons pas la forêt. Le cacao au Cameroun est cultivé sous les arbres. Ce qui signifie que même le cacao provenant des  extensions intervenues après décembre 2020 devrait continuer à être écoulé sans restrictions, ni entraves, vers le marché européen », martèle le ministre du Commerce (Mincommerce), Luc Magloire Mbarga Atangana, qui lançait ce 16 avril, les opérations d’identification des producteurs de cacao bénéficiaires de la prime spécial du président de la République, dont le montant pour cette année est de 2 milliards Fcfa.

Lire aussi : Au Cameroun, le prix du kilogramme de cacao atteint un record de 2 520 F

Ce plaidoyer en cours de peaufinage pourrait porter auprès de la partie européenne, dans la mesure où l’actuel chef de délégation de l’Union européenne au Cameroun, Jean-Marc Chataigner, de passage dans la localité de Nguinda (région du Centre), en janvier dernier, a salué la spécificité de la culture du cacao dans cette localité. « Nous sommes engagés dans un règlement de lutte contre la déforestation. Et ici, dans cette belle commune, il y a un travail qui est fait sur l’agroforesterie. On ne fait pas disparaître la forêt comme on l’a fait ailleurs, mais on garde des arbres et on exploite des cacaoyers en dessous. On a une agroforesterie qui permet de protéger l’environnement, le couvert forestier, mais qui est en même temps une source de revenus pour les producteurs ». 

Au regard des enjeux liés à la mise en conformité urgente de la filière cacao du Cameroun avec le futur règlement européen contre la déforestation, a lancé un appel d’offres en vue du recrutement de cabinets pour identifier les producteurs (membres et non membres du Conseil interprofessionnel du cacao et du café), de préférence dans les zones à forte densité forestière, et géolocaliser les exploitations cacaoyères par lot pré-identifié.   

Articles similaires

Actuellement en kiosque

Les plus lus

1
2
3
4

Nos réseaux

Magazine
computer

Le meilleur de l’actualité économique africaine en un clic

Enquêtes, informations exclusives, analyses, interviews, reportages... Chaque jour, la rédaction d'EcoMatin met son expertise au service des lecteurs.

Informations fiables, newsletters exclusives : Abonnez-vous pour avoir un accès illimité à l'ensemble de notre offre éditoriale.

Abonnez-vous pour €99.9 par an

Nos offres vous proposent un accès illimité à tous nos articles, y compris les contenus exclusifs et premium.

S'abonner