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Cacophonie: le Mindhu et le Minmap s’étripent sur un marché du C2D Capitales régionales

Malgré la décision d’Abba Sadou du 8 août 2018 annulant celle du Mindhu du 30 mai portant attribution du lot de Bertoua à SOGEA SATOM et de réattribuer le marché à CECO SA, le Minhdu refuserait toujours de s’exécuter.

Le ministre délégué à la présidence chargé des Marchés publics (Minmap) est une fois de plus sur la sellette. Alors que le dossier l’opposant au ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, sur l’attribution du marché des travaux de la 2ème phase de l’entrée Est de Douala, un axe devant desservir le complexe sportif de Japoma, qui va abriter les rencontres de football pour le compte de la CAN 2019, Abba Sadou fait une fois de plus les choux gras de la presse. Cette fois-ci, il est opposé au ministre du Développement Urbain et de l’Habitat (Mindhu), Jean Claude Mbwentchou. Ce dernier refuserait d’appliquer la décision du Minmap du 8 août 2018 annulant celle du Minhdu du 30 mai portant attribution du lot de Bertoua à SOGEA SATOM et de réattribuer le marché à CECO SA.

En effet, alors que le marché de construction et de réhabilitation des voiries urbaines de certaines capitales régionales du Cameroun avait été attribué au groupement CECO SA/SAMCRETE/CROISIEsRE BTP, moins disant des 4 entreprises pré-qualifiées, après un appel d’offre international restreint lancé par le Mindhu, le 5 avril 2018, ce groupement accuse le Mindhu de l’écarter du lot de Bertoua au profit de son concurrent SOGEA SATOM, au motif de ce que l’entreprise est au centre d’un litige au Togo. Malgré l’instruction du ministère des Marchés publics de rétablir CECO SA dans ses droits, Jean Claude Mbwentchou, d’après l’entreprise, persiste dans le dilatoire. Tout commence le 22 décembre 2017. Le Minmap autorise le Minhdu à lancer un marché de gré à gré. Le 27 décembre 2017, le Minhdu lance un avis de pré-qualification pour les travaux de construction et de réhabilitation des infrastructures de voirie et de drainage dans les villes de Bafoussam, Bertoua et Garoua. Le 27 mars 2018, le Minhdu rend public le résultat de l’avis de pré-qualification. 4 entreprises sont sélectionnées: groupement SOGEA SATOM/MAG SARL, groupement CECO SA/SAMCRETE/CROISIERE BTP, groupement RAZEL Cameroun/RAZEL Bec et Arab Contractor. Le 5 avril 2018, les 4 entreprises sont invitées à soumissionner. Le 3 mai 2018, à l’issue du dépouillement des offres, CECO SA/SAMCRETE/CROISIERE BTP, un groupement d’entreprises togolaise, égyptienne et camerounaise, est sélectionné pour les lots de Garoua et de Bertoua parce qu’il a été le moins disant des 4. Mais Le 15 mai 2018, CECO SA est invité par mail à s’expliquer sur certains litiges dont l’entreprise fait l’objet au Togo.

Deux jours plus tard, après avoir apporté des éclaircissements sur le sujet, les négociations entre le Minhdu et CECO SA pour un rabais commercial concernant le lot de Bertoua aboutissent à une conciliation. Le 22 mai 2018, le Minhdu entre en négociation avec SOGEA SATOM/MAG SARL, un concurrent de CECO SA en vue de rendre son offre moins disante après avoir modifié la nature des travaux. Le 30 mai 2018, le Minhdu  attribue le lot de Bertoua à SOGEA SATOM/MAG SARL, 2e entreprise la moins disante, sous le prétexte que CECO SA est en situation irrégulière au Togo. L’entreprise saisit le Minmap pour arbitrage. Après deux réunions tenues au Minmap les 20 et 30 juillet 2018, Abba Sadou décide par lettre N°005145/L/MINMAP/SG/CERD/ST/Pm du 8 août 2018 d’annuler la décision du MINHDU prise le 30 mai portant attribution du lot de Bertoua à SOGEA SATOM et de réattribuer le marché à CECO SA. Malgré cette décision du Minmap, le Minhdu refuserait toujours de s’exécuter.

D’un montant de 80 milliards de FCFA mis à disposition par la France à travers l’Agence Française de Développement (AFD), le projet Capitales régionales répond aux enjeux de développement économique des villes, d’amélioration des conditions de vie des populations et plus largement à celui d’un développement territorial plus équilibré. Il est  conçu autour de deux composantes principales : les programmes d’investissements prioritaires pour rattraper le déficit des trois villes en matière d’infrastructures de voirie, d’équipements marchands (marchés, abattoirs, gares routières), de services urbains de proximité (eau potable, éclairage public, assainissement d’espaces publics et parcs). Et, le renforcement des capacités des maîtrises d’ouvrage pour accompagner les communautés urbaines dans la mise en œuvre des programmes d’investissements prioritaires et par conséquent la gestion municipale des services.

La Rédaction EcoMatin

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