alios-cameroun-27-10-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
ConjonctureEecomembre

Café: la descente aux enfers de la production locale

Elle est passée de 130 000 tonnes dans les années 90 à 25 000 tonnes aujourd’hui. Une baisse drastique qui appelle à « agir maintenant pour le café » pour sauver cette filière. Thème retenu pour la 7ème édition de Festicoffee 2019, tenue du 16 au 17 avril dernier à Yaoundé.

Publiée mardi 23 avril 2019 à 16:55:06Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 09:34:09Temps de lecture 8 minPar EcoMatin

café grain
Fait partie du dossier: Décryptages et Analyses
Le café va mal au Cameroun et même très mal. Sa production est en chute libre. D’aucuns prédisent même une disparition de ce produit d’exportation, si la tendance baissière actuelle de la production ne s’interrompt pas. De 130 000 tonnes dans les années 90, elle est passée à 25 000 tonnes, voire 22 000 tonnes actuellement. Une dégringolade qui a également fait passer le Cameroun de 2ème producteur mondial de café à la 25ème place aujourd’hui. Une situation que Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce explique globalement par le manque de perspectives. En effet, suite à la chute du prix de ce produit d’exportation sur le marché international, les producteurs ont abandonné les plantations. On a même vu dans certains bassins de production, certains caféiculteurs couper tout simplement les plants de caféiers pour les remplacer par d’autres cultures. Cette mauvaise conjoncture de la filière café a été renforcée par le vieillissement de la force de production, tout comme celle du verger caféier. Les plantations de caféier étant pour la plus part tenues par de personnes âgées, ne disposant plus d’assez de force pour renouveler le verger.

>> Lire aussi - Cacao-café: une niche de métiers sous-explorée au Cameroun


Et pourtant, les atouts ne manquent pas pour une relance durable de la caféiculture au Cameroun : des terres fertiles et propices à la culture des deux variétés Arabica et Robusta, un climat idéal, une population jeune et motivée ; et par-dessus tout, une qualité intrinsèque très appréciée par le marché
Pourtant, une réalité est palpable dans la filière café au Cameroun, c’est le foisonnement de nouvelles marques de café moulu, toutes plus innovantes les unes que les autres, … jusqu’aux capsules ! Cette diversité de produits observable dans les rayons des magasins est le reflet d’une consommation de café qui augmente d’année en année. Toutefois, ce dynamisme du segment transformation dans la Filière café masque mal une autre réalité : le déclin constant de la production. Une baisse chronique, et une désaffection des planteurs, malgré les préconisations de tous les plans de relance. Et pourtant, les atouts ne manquent pas pour une relance durable de la caféiculture au Cameroun : des terres fertiles et propices à la culture des deux variétés Arabica et Robusta, un climat idéal, une population jeune et motivée ; et par-dessus tout, une qualité intrinsèque très appréciée par le marché. Sans oublier la disponibilité des plants améliorés, l’accès aux engrais et autres produits phytopharmaceutiques, de même que le rajeunissement de la force de production, avec notamment les retombées du programme New Generation implémenté depuis quelques années par le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC). Tout comme ne cesse de le rappeler le Mincommerce, les perspectives sont bonnes, en référence aux études de l’universitaire Jeffrey Sacks, qui stipulent qu’au regard des changements climatiques, le Cameroun sera à l’horizon 2025, l’un des principaux pôles de production du café au monde. Aussi, l’avènement de la zone de libre-échange continental en Afrique est une sérieuse opportunité à saisir pour la filière café, avec environ un marché d’environ 1,3 milliard de consommateurs à satisfaire. Face donc à ce qui est considéré comme une descente aux enfers de la production du café camerounais, il est de plus en plus urgent d’« Agir maintenant pour le café ». Cette déclinaison logique du thème de la 7ème édition de Festicoffee 2019, a été passée au crible, lors de la Tribune qui a réuni, du 16 au 17 avril dernier dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville de Yaoundé, des experts de haut vol et un demi-millier de planteurs de café venus de tous les bassins de production du Cameroun. Cette Tribune s’articulait autour de deux ateliers, le premier sur la disponibilité des plants et accès aux intrants et le second sur l’insertion des jeunes dans la caféiculture. Vers une relance ciblée Ce sera peut-être l’amorce d’une sortie de crise pour ce qui est de la production du café au Cameroun. Si du côté des pouvoirs publics, rien de précis n’est envisagé, avec de nombreux plans de relance qui dorment dans les tiroirs, cette atonie semble ne pas être du goût de l’interprofession. Le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC), a compris qu’il est de plus en plus urgent d’agir et « d’Agir maintenant pour le café », thème retenu pour la 7ème édition du festival international du café (Festicoffee) qui vient de s’achever à Yaoundé. Lors de la Tribune café organisée durant ces assises et qui a réuni des experts de haut vol et un demi-millier de planteurs de café venus de tous les bassins de production du Cameroun, tout comme la participation du CICC du Togo, qui a partagé l’expérience de son pays en la matière.
De manière précise, il est question entre autres, de réhabiliter ou de créer 100 hectares de café par an et par site ; renforcer les coopératives de producteurs, accompagner les jeunes avec les appuis divers dans le cadre du programme New Generation mis en œuvre par le CICC
Au sortir de cette Tribune qui  s’articulait autour de deux ateliers, le premier sur la disponibilité des plants et accès aux intrants et le second sur l’insertion des jeunes dans la caféiculture, il a été adopté un plan de relance ciblée pour le café. Un plan bien précis porté cette fois-ci par le CICC et qui, on l’espère bien ne subira pas le sort de ceux souvent annoncés par les pouvoirs publics. D’ailleurs au CICC, on annonce le début de la mise en œuvre de ce plan de relance ciblée de la caféiculture dès le mois de mai prochain par la zone de Bankim dans le Mayo-Banyo, un des bassins de production du café au Cameroun. Ce plan de relance ciblée, explique-t-on, vise globalement, l’insertion des jeunes dans la caféiculture et la réhabilitation des champs. De manière précise, il est question entre autres, de réhabiliter ou de créer 100 hectares de café par an et par site ; renforcer les coopératives de producteurs, accompagner les jeunes avec les appuis divers dans le cadre du programme New Generation mis en œuvre par le CICC. Mais également, mettre en place des parcs à bois ; former les producteurs à la conduite des parcs à bois ; former à la conduite du planting et aux opérations post-récoltes. Le CICC s’engage aussi à implanter des stations de lavage dans certains bassins de production, en fonction de la capacité qui aura été développée dans chaque site, etc.

>> Lire aussi - Sodecao: le projet « Biofabrique » aux oubliettes


Pour mettre en œuvre cet ambitieux plan de relance ciblée, le CICC mise sur un budget d’un montant de 2,6 milliards de FCFA pour l’exercice 2019. Un budget semblable à celui de 2018 qui a été adopté lors de la 27ème session ordinaire de l’Assemblée générale de cette interprofession, le 16 avril dernier à Yaoundé. Entre autres activités phares à mener au cours de cet exercice 2019, l’on cite l’identification des producteurs, dans le cadre de leur professionnalisation, la création de 04 nouveaux centres d’excellence, la structuration des collèges des transformateurs et des usiniers, la poursuite de la mise en œuvre optimale des autres programmes structurants, etc. La promesse non tenue du gouvernement Au regard des données actuelles de la production, Le Cameroun n’atteindra certainement pas l’objectif qu’il s’était fixé en 2014. Notamment, porter à 600 000 tonnes le volume de la production cacaoyère nationale et 160.000 tonnes pour le café d’ici 2020. Ce plan de relance s’articulait autour de l’accroissement du financement, de la recherche et du développement, de la production et de la distribution à grande échelle des plants produits à partir de semences améliorées, le traitement intégral du verger cacao-café dans le pays et la création de nouvelles et grandes plantations. Le tout pour un financement évalué à 600 milliards de FCFA.
Cet ambitieux plan de relance est en effet victime du manque de financement
Le président de la Cellule technique de coordination et de suivi des filières cacao et café des services du Premier ministre, Evariste Evane, expliquait en 2014 que le financement pour l’ensemble de ces actions découlerait « prioritairement de la filière elle-même, à travers l’optimisation du prélèvement à l’exportation du cacao et du café qui devra supporter les charges afférentes à la mise en œuvre de ce plan ». Trois ans après le lancement de l’initiative, le Cameroun peinait encore à franchir les 300 000 tonnes de cacao, pendant que la production du café ne fait que décroître, tournant désormais autour de 22 000 à 25 000 tonnes. Cet ambitieux plan de relance est en effet victime du manque de financement. Alors qu’il prévoyait de mobiliser 600 milliards de FCFA pour relancer la filière, des sources au sein de l’ONCC révélaient que ce budget n’était pas totalement disponible du fait de l’insuffisance des fonds propres du Fonds de Développement des filières cacao et café (FODECC), contributeur à 65%, et de la non implication massive des organes de financement externes dans le projet.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Décryptages et Analyses
  • Café: la descente aux enfers de la production locale
Luc Magloire Mbarga AtanganacaféMincommerceConseil interprofessionnel du cacao et du caféEvariste EvaneFesticoffee 2019Jeffrey SacksArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

BananaConjonctureCameroun : les exportations de bananes chutent de 15 % en octobre, à 24 628 tonnesCe repli, observé chez les trois principaux exportateurs, intervient après un bond de 70,7 % en septembre. Les volumes restent toutefois supérieur de 18,5 % de ceux d'octobre 2025.il y a 1 jourAmirConjonctureAFIS 2026 : Amir Ben Yahmed invite les banques africaines à saisir les opportunités de l'intelligence artificielleA l'AFIS à Luanda, Amir Ben Yahmed a exhorté les acteurs économiques à s’arrimer à révolution du numérique et de l'intelligence artificielle en citant le succès d’une banque brésilienne devenu un géant en moins de 15 ans.il y a 1 jourFonds JioConjonctureCameroun : William Jiofack Azebaze nommé directeur général du Fonds routierPrécédemment attaché au Secrétariat général de la Présidence de la République, il succède à Essaïe Aubin Moussa à la direction de cet établissement public.il y a 1 jourCHAD-SUDAN-CONFLICT-REFUGEEConjonctureTchad: au moins 61.000 réfugiés centrafricains souhaitent rentrer dans leur paysLes premières opérations pourraient commencer avant fin 2026, alors que le Tchad accueille plus de 1,5 million de réfugiés et demandeurs d'asile de plusieurs pays voisins.il y a 1 jourEpremiumSino-camConjonctureCameroun-Chine : le déficit commercial atteint 3,17 milliards de dollars en neuf moisLe Cameroun affiche le déficit commercial le plus important de la CEMAC avec la Chine. Le Congo, le Gabon, le Tchad et la Guinée équatoriale enregistrent à l’inverse des soldes excédentaires.il y a 1 jourhigh_1793863838ConjonctureGuinée équatoriale : la Chine s’engage à investir 439 milliards FCFA dans une méga centrale solaire_Face à un secteur sous tension et à de fortes disparités d’accès à l’électricité, Malabo mise sur le solaire pour inverser la tendance.il y a 2 jours

Articles similaires

PoissonsBusiness et EntreprisesCameroun : après l’alerte de Congelcam, le gouvernement veut redistribuer les quotas d’importation de poissonLes autorités camerounaises ont décidé de réaffecter les quotas d'importation de poisson inutilisés, après avoir constaté l'inactivité de 18 opérateurs agréés. La mesure pourrait modifier la répartition des autorisations sur un marché où Congelcam concentre déjà près des deux tiers des volumes accordés.​il y a 2 joursCacaoculteur ivoirienAgro-industrieCacao : le Cameroun mobilise 141 milliards FCFA pour doubler sa production à 600 000 tonnesApprouvé par le Fonds vert pour le climat, le projet RACINE doit notamment porter les rendements à 750 kg par hectare et réduire les pertes post-récolte.il y a 1 semaineMaïsPolitiques PubliquesCameroun : Yaoundé veut supprimer un prélèvement de 10 % sur le maïs local destiné aux élevagesFace au renchérissement des produits avicoles, le gouvernement prépare un allègement fiscal sur les matières premières utilisées par les éleveurs.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Congo : 83 milliards FCFA en espèces transportés par les voyageurs via les aéroports en trois moisil y a 3 jours2Groupe Castel : la fille du fondateur évincée des holdings qui contrôlent les activités brassicoles en Afriqueil y a 3 jours3Cameroun : Afriland First Bank porte son capital de 50 à 110 milliards FCFA, le plus élevé du secteur bancaireil y a 1 jour4La Russie ouvre des négociations avec le Cameroun et le Congo sur l’accès de ses navires de guerre à leurs portsil y a 4 jours5Hydrocarbures : qui est Alberto Nocerino, le nouveau DG d’ENI Congo ?il y a 5 jours6La Société Générale veut fermer 148 sites dont 40 agencesil y a 1 jour7Congo : le directeur général du Port autonome de Pointe-Noire suspendu pour "faute grave"il y a 4 jours8Congo : la suspension du patron du port de Pointe-Noire provoque un désaccord au sommet de l’Étatil y a 3 jours9Banque mondiale : le Camerounais Edwin Eselem prend la tête de la communication pour l'Afrique de l'Ouest et centraleil y a 3 jours10CEMAC : les investisseurs camerounais prêtent deux fois plus aux États voisins qu'à leur propre pays (BEAC)il y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.