Au Cameroun, la Société nationale des mines (Sonamines) a lancé le 20 novembre un appel d’offres pour recruter un consultant chargé de conduire une étude géophysique de précision sur deux blocs de 100 hectares du permis calcaire de Sikoum, dans la Sanaga-Maritime (région du littoral). L’entreprise publique indique que ses premiers travaux de reconnaissance menés depuis 2023 sur ce site ont produit des résultats contraires aux données géophysiques antérieures détenues par sa tutelle, le ministère des mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt), rendant impossible toute décision de forage ou d’estimation fiable des réserves. « Les résultats obtenus se sont révélés difficilement corrélables aux données géophysiques disponibles au vu des résultats de sondages carottés, d’où la nécessité de recourir à une étude géophysique de précision. », précise l’avis de sollicitation consulté.
Selon le document, le consultant recherché devra réaliser une campagne géophysique électrique de précision incluant la collecte, le traitement et l’interprétation des données, la cartographie 2D/3D du sous-sol et l’estimation des volumes théoriques de calcaire. L’appel s’adresse à des cabinets installés au Cameroun, disposant d’experts géophysiciens seniors et juniors, ainsi que d’un topographe, justifiant d’au moins deux études similaires au cours des dix dernières années.
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Cette nouvelle étape vise à résoudre un problème technique majeur : l’image du sous-sol obtenue lors des premiers levés ne reflète pas la réalité géologique observée dans les carottes et fosses d’exploration. Faute de correspondance entre les mesures en surface et les matériaux réellement présents dans le sous-sol, la Sonamines n’a pas pu engager la phase suivante du projet. En clair, l’étude demandée repose sur une technique consistant à envoyer un courant électrique dans le sol à l’aide d’électrodes pour mesurer la résistance des roches. Moins coûteuse qu’un forage profond selon des experts, cette méthode permet de cartographier la continuité, l’épaisseur et la qualité des formations calcaires en deuxième et troisième dimension, réduisant le risque d’engager des investissements sur des zones stériles. Le coût précis de cette opération n’a pas été rendu public.
Ce retard intervient alors que le Cameroun cherche à réduire sa forte dépendance aux importations de clinker, dont 2,5 millions de tonnes ont été achetées en 2024 pour près de 85 milliards FCFA, selon l’INS. Le développement du gisement de Sikoum est considéré comme stratégique pour sécuriser l’approvisionnement des cimenteries du Littoral, au moment où la production nationale actuelle de 8,4 millions de tonnes, est appelée à monter à 12,7 millions de tonnes avec l’activation de trois nouvelles unités autour d’Edéa. L’absence de données fiables freine donc un projet susceptible de renforcer l’intégration locale de la filière et, à terme, de contribuer à la stabilisation du prix du ciment, toujours élevé dans les grandes villes (entre 5 100 et 5 300 Fcfa à Douala et Yaoundé).
Attribué en juin 2023, le permis Sikoum a déjà fait l’objet d’une campagne de reconnaissance générale en mars 2025, qui a permis de circonscrire une zone d’intérêt de 6 km².
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